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[APOLLINAIRE, Guillaume]. Max JACOB

Menu. Déjeuner Guillaume Apollinaire

Paris, Palais d'Orléans, 1916, 30 décembre

PRÉCIEUX MENU POÉTIQUE DU DÉJEUNER APOLLINAIRE, COMPOSÉ COMME UNE FANTAISIE CULINAIRE PAR MAX JACOB, POUR CÉLÉBRER LA PUBLICATION DU POÈTE ASSASSINÉ.

CET EXEMPLAIRE PROVIENT DIRECTEMENT DES ARCHIVES DE GUILLAUME APOLLINAIRE

In-12 (175 x 85mm). En-tête gravé

Le texte composé par Max Jacob reprend les titres des livres et poèmes d’Apollinaire, qui corrigea lui-même les formules

                                       Hors d’œuvre cubistes, orphistes, futuristes [...]

                                       Zone de contrefilet [...]

                                       Arétin de Chapon à l’Hérésiarque [...]

                                       Méditations esthétiques en salade [...]

                                       Fromages de Cortège d’Orphée [...]

                                       Vin blanc de l’Enchanteur,

                                       Vin rouge de la Case d’armons [...]

                                       Café des Soirées de Paris,

                                                                    Alcools

PROVENANCE : Jacqueline Apollinaire et archives du poète -- vente Magnin-Vedry

Pour fêter la publication du Poète assassiné, qui venait de paraître à la Bibliothèque des Curieux, les amis d’Apollinaire décidèrent de lui organiser, au Palais d’Orléans, le 31 décembre 1916, un banquet d’hommage. Le comité d’organisation de ce déjeuner comprenait Paul Dermée, Henri Matisse, Pablo Picasso, Georges Braque, Juan Gris, Max Jacob, Blaise Cendrars et Pierre Reverdy. On organisa en parallèle un comité d’honneur où se joignirent maints artistes tels Félix Fénéon, Cocteau, Gide, Salmon, Vlaminck, Hayden, Metzinger, Kubin, Zborowski, Rachilde, Georges Auric, Satie et bien d’autres encore. Apollinaire, agacé par la tournure mondaine que prenait ce déjeuner, demanda à son ami Gris d’annuler le déjeuner ou au moins de supprimer ce comité d’honneur. Il était trop tard. Une centaine de personnes y participa, parmi lesquelles les Vallette, les Zetlin, Dufy, Salmon, Dumur, Bakst. Le banquet eut lieu au Palais d’Orléans, 200 avenue du Maine. Le déjeuner commença à 12 h 30 et dégénéra au dessert en bruyant chahut où “cubistes”, “futuristes” et “orphistes” se déchaînèrent. Aucun des orateurs prévus ne put se faire entendre. C’est Max Jacob qui composa sous forme de fantaisie le présent menu qu’on aimerait bien goûter un jour.

Apollinaire avait été blessé dans les tranchées le 17 mars 1916 par un éclat d’obus à la tempe alors qu’il lisait le Mercure de France. Il combattait dans l'Aisne, au bois des Buttes, près de La Ville-aux-Bois et avait obtenu la nationalité française quelques jours avant, le 9 mars 1916. Le poète assassiné sera trépané le 9 ou 10 mai au Val-de-Grâce.

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