[APOLLINAIRE, Guillaume]

Portrait photographique d’Angelica (dite Olga) de Kostrowitzky avec son petit chien

Paris, [1912]

LA MÈRE DE GUILLAUME APOLLINAIRE.

EXEMPLAIRE D’APOLLINAIRE

Photographie originale (66 x 39mm photo seule, soit 80 x 43mm avec les marges), tirage au citrate par Chamberlain

LÉGENDE imprimée, au recto et au verso : “Chamberlin. Paris. 63, Bould. Rochechouart”

ANNOTATION autographe de Jacqueline Apollinaire, au verso, à l’encre rouge : “la mère de Guillaume”

PROVENANCE : archives de Guillaume Apollinaire -- puis sa femme, Jacqueline Apollinaire (1891-1967 ; annotation autographe de Jacqueline Apollinaire), qui les conserva jusqu’à sa mort dans leur appartement au 6e étage du 202 boulevard Saint-Germain (Paris, 13 décembre 2011, lot 43)

Angelica (dite Olga) de Kostrowitzky (1858-1919), à l’époque où fut prise cette photographie, vit depuis plusieurs années au Vésinet. Elle fascine autant qu’elle intimide les amis d’Apollinaire. Paul Léautaud la décrira dans son Journal, à la date du 20 janvier 1919, deux mois avant sa mort :

“Il était six heures moins dix. J’allais partir du Mercure...] Je vois entrer une dame assez grande, élégante, d’une allure un peu à part. Grande ressemblance de visage avec Apollinaire, ou plutôt d’Apollinaire avec elle, le nez, un peu les yeux, surtout la bouche et les expressions de la bouche dans le rire et dans le sourire. Elle me paraît fort originale. Exubérante. Une de ces femmes dont on dit qu’elles sont un peu « hors cadre ». En une demi-heure, elle me raconte sa vie : russe, jamais mariée, nombreux voyages, toute l’Europe ou presque. (Apollinaire m’apparaît soudain ayant hérité en imagination de ce vagabondage). Apollinaire né à Rome. Elle ne me dit rien du père. Elle me parle de l’homme avec lequel elle vit depuis vingt-cinq ans, son ami, un Alsacien, grand joueur, tantôt plein d’argent, tantôt sans un sou. Elle ne manque de rien. Dîners chez Paillard, Prunier, Café de la Paix, etc. Elle me dit qu’elle a plusieurs fois “installé” Apollinaire, l’avoir comblé d’argent. En parlant de lui, elle dit toujours : Wilhelm.”

En 1912, Apollinaire commence à connaître la gloire. Ses articles et poèmes sont publiés en revue. Il connaît en même temps certains revers de fortune. L’année précédente, a eu lieu le vol de la Joconde, et la fin de son histoire avec Marie Laurencin l’affecte profondément.  Un tirage de cette même photographie est conservé dans le fonds Pierre-Marcel Adéma, à la Bibliothèque historique de la ville de Paris.

BIBLIOGRAPHIE : 

Album Apollinaire, Paris, bibliothèque de la Pléiade, 1971, p. 300, reproduit à pleine page

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