MÉMOIRES. Structures portantes d'Asger Jorn.
TRÈS RARE EXEMPLAIRE AVEC UN ENVOI AUTOGRAPHE SIGNÉ DE GUY DEBORD À UN AUTRE SITUATIONNISTE, SON AMI ANDRÉ MRUGALSKI, LE CHEF OPÉRATEUR DE SES FILMS.
LES ENVOIS DE GUY DEBORD SONT DÉJÀ PAR EUX-MÊMES TRÈS RARES. CELUI-CI, ADRESSÉ À UN PROCHE, EST BIEN AMICALEMENT SIGNÉ DU SIMPLE PRÉNOM DE L’AUTEUR : “GUY”.
“OUVRAGE ENTIÈREMENT COMPOSÉ D’ÉLÉMENTS PRÉFABRIQUÉS ” : REPENSER LE LIVRE D’ARTISTE.
“CETTE VIEILLE CANAILLE D’EUROPE”
ÉDITION ORIGINALE du second livre publié par Debord et Jorn, après Fin de Copenhague. "Cet ouvrage est entièrement composé d’éléments préfabriqués”
In-4 (275 x 210 mm)
COLLATION ET ILLUSTRATIONS : 32 ff., nombreuses illustrations reproduites en couleurs et dans le texte. Asger Jorn a éclaboussé de couleurs vives des feuilles couvertes par Guy Debord de coupures de presse, photographies, publicités et bulles de bandes dessinées
ENVOI AUTOGRAPHE SIGNÉ :
Pour André Mrugalski
en souvenir d’une entreprise
de même genre dans le cinéma
bien amicalement
Guy
BROCHÉ, sous couverture muette de papier de verre à rabats
PROVENANCE : André Mrugalski (1936-2007)
Mémoires est un livre où “chaque page se lit en tout sens, et où les rapports réciproques des phrases sont toujours inachevés" (L'Internationale situationniste, n° 3).
André Mrugalski a été le chef opérateur de talent de Guy Debord pour trois des cinq de ses célèbres films, entre autres pour Sur le passage de quelques personnes à travers une assez courte unité de temps tourné en 1959, année même où Mémoires est publié. Mrugalski a plus tard travaillé également pour François Truffaut, Jacques Rivette (Paris nous appartient) et Claude Chabrol. La formule de l’envoi “entreprise du même genre” évoque donc l’un des deux autres films de Debord auquel le destinataire de l’envoi collabora : 1961 ou 1978.
André Mrugalski est à la direction photo du troisième film de Guy Debord, Critique de la séparation. Dans ce court-métrage de dix-sept minutes réalisé en 1961, les détournements d’images, de coupures de presse ou de films accompagnent un commentaire cinglant sur la transformation de Paris, lu par Debord et porté par sa rage de vivre. Ces détournements se rapprochent selon nous de l’usage du collage dans Mémoires. Structures portantes d’Asger Jorn. Mrugalski filma aussi en 1978, toujours avec Guy Debord, le très beau In girum imus nocte et consumimur igni sorti en salles en 1981. Ce fameux vers palindromatique, auquel il faut ajouter ecce en son centre, faussement attribué à Virgile (“nous tournoyons dans la nuit, et nous voilà consumés par le feu”), est plus probablement une locution latine tardive. Il sert de titre au film comme au livre de Debord publié en 1982 chez Lebovici puis réédité par Gallimard (In girum imus nocte et consumimur igni..., 1999). Pris au sens du situationnisme, ce titre résume un film déployant des “vues” sur cette société contemporaine où l’homme se brûle à la flamme fascinatoire de la consommation et de ses “pacotilles désolantes”.
Nous penchons donc pour une datation de l’envoi dans l’année 1961, In girum n’étant pas une “entreprise du même genre” mais d’un autre ton.
BIBLIOGRAPHIE : Antoine Coron, 50 livres illustrés depuis 1947, BNF, 1988, n° 19 : "intéressant et novateur"
WEBOGRAPHIE et FILMOGRAPHIE : Sur le passage de quelques personnes à travers une assez courte unité de temps : https://www.youtube.com/watch?v=mHLrzhk745c -- pour la bande annonce de In girum imus nocte et consumimur igni, cf. : https://mubi.com/fr/ae/films/we-go-round-and-round-in-the-night-and-are-consumed-by-fire -- pour Critique de la séparation : https://www.youtube.com/watch?v=bDkLPyHp0Q0


