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LA TOUR d'AUVERGNE, Louis Charles de, Prince de Turenne

Ludovico magno theses ex universa philosophia dicat et consecrat

[Paris],1679, août

EXCEPTIONNEL MOMENT ARTISTIQUE OÙ S’UNISSENT DANS L’ORNEMENTATION D’UN LIVRE ART, RELIGION ET POLITIQUE.

LA PUBLICATION DE LA THÈSE EN SORBONNE DE LOUIS-CHARLES DE LA TOUR D’AUVERGNE VIT COLLABORER UN PEINTRE, UN GRAVEUR ET UN CALLIGRAPHE.

ÉDITION ORIGINALE

In-folio (500 x 338mm)

COLLATION : 10 feuillets, premier et dernier blanc

CONTENU : précédé d'une longue dédicace au roi, l'ouvrage comprend les chapitres suivants : De la nature et de l'objet de la logique, les trois opérations mentales ; De la nature et de la finalité de l'éthique, les données propres de celle-ci ; Des principes des causes et de l'action des corps naturels, leurs sites et leurs mouvements, leur nombre ; Du monde et du ciel ; De l'âme ; De la métaphysique et de son objet

ORNEMENTATION : texte gravé par René Michault, LE DESSIN DU LIVRE EST SIGNÉ PAR PIERRE-PAUL SEVIN et la gravure par L. Cossin

BROCHÉ, à couture ancienne

PROVENANCE : cachet armorié illisible au verso du dernier feuillet -- Librairie Pierre Berès (marque au crayon ; pas dans les ventes aux enchères)

Cette thèse de philosophie et de métaphysique a été soutenue en Sorbonne à Paris, au collège de Clermont, par Louis Charles de La Tour d’Auvergne (1665-1692), Grand Chambellan de France en survivance de son père, et neveu du Grand Turenne. Il était le fils aîné de Godefroy-Maurice de La Tour d’Auvergne (1640-1701), duc de Bouillon et de Marie-Anne Mancini, nièce de Mazarin. Louis-Charles de La Tour d’Auvergne mourut à la bataille de Steinkerke en 1692. Il n’avait que quatorze ans lorsqu’il présenta cet exercice de rhétorique. Ces propositions, dont la désignation est due à Aristote, auteur de la langue de la logique, sont énoncées et défendues par le disciple. L'usage de telles thèses remonte aux sources originelles de l'Université ancienne. Il peut être suivi jusqu'au début du quatorzième siècle. Leur format de présentation a été successivement ramené du grand in-folio auquel elles étaient soumises naguère, à une présentation in-quarto qui deviendra la norme au début du XVIIIe siècle. Cette fameuse thèse La Tour d’Auvergne est célèbre pour le luxe et l’apparat qui ont présidé à sa conception. Dans les très rares exemplaires conservés de ces thèses, la publication, tirée au petit nombre limité des familiers du candidat, comportait parfois une riche ornementation en encadrement autour du texte.

Ici, l’ornementation a été poussée à son comble. La page de titre montre une large draperie fleurdelisée accompagnée d'un cartel et ornée de figures allégoriques qui soutiennent les emblèmes royaux et le portrait en médaillon du roi ; elle est signée à gauche, pour le dessin, par Sevin et, pour la gravure, par Louis Cossin (1627-1704) ; à droite, signature du calligraphe R. Michault. Au verso, la longue dédicace au roi, gravée, est encadrée. À la suite, le frontispice comporte un portrait de Louis XIV dans une vaste composition allégorique, signé à droite de Cossin. Suivent douze planches avec encadrements autour du texte gravé composés de cartouches, devises et éléments mythologiques ainsi que de nombreux motifs de médaillons soutenus dans le bas par des personnages symboliques, et comportant, dans le haut, des scènes historiques horizontales. La dernière planche porte, en bas à gauche, la signature de P. Sevin comme dessinateur et graveur.

Guilmard attribue ces quatorze planches à Cossin (Les ornemanistes français, I, 87). L'Inventaire du Fonds français XVIIe les mentionne également sous le nom de ce graveur (III, p. 172, 98-111). Celui-ci s'est sans doute contenté de reproduire des compositions dont l'invention doit être restituée à Pierre-Paul Sevin (1646-1710) qui a signé la première planche. Ce peintre, fils d’un autre peintre : François Sevin, s'illustra par de nombreuses compositions représentant des faits remarquables du règne de Louis XIV, par des portraits et par plusieurs séries d'emblèmes dont on retrouve le symbolisme et l'esprit dans les petites scènes des illustrations de cette thèse. Sevin avait séjourné à Rome où il avait reçu la protection d’Emmanuel-Théodose de la Tour d’Auvergne, cardinal, Grand Aumônier du roi et futur Doyen du Sacré Collège. Quant au buriniste René Michault, qui a signé la calligraphie du titre et que Benezit signale comme auteur, en 1679, d'une allégorie sur Louis XIV, on peut en ajouter le nom à ceux des meilleurs émules de Jarry.

BIBLIOGRAPHIE : 

Guilmard, Les ornemanistes français, I, 87 -- Inventaire du Fonds français XVIIe, III, p. 172, 98-111 -- V. Meyer, L’Illustration des thèses à Paris dans la seconde moitié du XVIIe siècle. Peintres, graveurs, éditeurs, Paris, 2002 -- D. Chantereinne, Pierre Paul Sevin, illustrateur et créateur de décors de fêtes et de cérémonies sous Louis XIV, thèse, Paris, Sorbonne, 2012