Le Bestiaire ou Cortège d'Oprhée
FORMIDABLE EXEMPLAIRE BROCHÉ DU BESTIAIRE : DANS SA RARE CONDITION D’ORIGINE, LE VÉLIN SOUPLE VOULU PAR LE POETE.
AVEC LE SUPPLÉMENT DE 1931 DES DEUX PLANCHES REFUSÉES, LE PRÉCIEUX BULLETIN DE SOUSCRIPTION ET NEUF GRAVURES SUPPLÉMENTAIRES.
APOLLINAIRE ÉTAIT “LE LYRISME EN PERSONNE. IL TRAÎNAIT SUR SES PAS LE CORTÈGE D’ORPHÉE” (ANDRÉ BRETON)
ÉDITION ORIGINALE et ILLUSTRÉE. Elle est dédiée à Élémir Bourges et constituée de 30 poèmes de 4 ou 5 vers chacun dont 15 avaient été publiés dans La Phalange en 1908
In-4 (332x252mm). Titre imprimé en deux couleurs de rouge et de noir avec vignette gravée à la licorne au centre de la page de titre
TIRAGE limité à 120 exemplaires dont 29 sur japon et 91 sur hollande, celui-ci imprimé sur hollande, numéroté 100, et signé à la plume par Guillaume Apollinaire et Raoul Dufy à la justification
ILLUSTRATION : 39 gravures originales sur bois de Raoul Dufy dont 4 imprimées à pleine page, 26 à trois quarts de page, 4 vignettes et 5 lettrines
CONTENU : un “Orphée” répété 4 fois mais à chaque fois différent ouvre 4 groupes d’animaux formant, à chaque fois, ce Bestiaire vu comme un cortège suivant Orphée. Les poèmes animaliers d’Apollinaire illustrés par Raoul Dufy sont donc répartis en quatre groupes :
1. Les mammifères et reptiles, au nombre de 11 : tortue, cheval, chèvre, serpent, chat, lion, lièvre, lapin, dromadaire, souris et éléphant
2. Les insectes, au nombre de 4 : chenille, mouche, puce et sauterelle
3. Les animaux marins, au nombre de 4 : dauphin, poulpe, méduse et carpe
4. Les oiseaux, au nombre de 6 : sirènes, colombe, paon, hibou, ibis et bœuf ailé
BROCHÉ, sous sa reliure muette d’origine en parchemin ivoire et souple
ENVOI autographe signé au crayon de Raoul Dufy sur le faux-titre
à Monsieur Robert Hottot
en toute cordialité
Raoul Dufy
PROVENANCE : Robert Hottot, anthropologue et explorateur (1884-1939 ; envoi ; ex-libris dessiné par André Rouveyre)
PIÈCES JOINTES :
1. Guillaume APOLLINAIRE, Le Bestiaire ou Cortège d’Orphée. Supplément. Les deux poèmes refusés... Illustrations de Gravures sur bois par Raoul Dufy. Paris, Aux dépens d’un amateur. 1931. In-4. Titre imprimé en en deux couleurs de rouge et de noir. Vignette gravée sur bois imprimée au centre de la page de titre. TIRAGE UNIQUE À 29 EXEMPLAIRES, tous sur japon, celui-ci numéroté 8 et signé par Raould Dufy. ILLUSTRATION : 2 gravures originales sur bois représentant “Le Morpion” et “Le Condor”. BROCHÉ sous sa chemise à rabats de tissu gris avec lacets et étiquette de titre imprimée en rouge et noir numérotée “8”
2. [APOLLINAIRE, Guillaume]. [Bon de souscription du Bestiaire]. Le Bestiaire ou Le Cortège d’Orphée... Paris, Deplanche, [1910]. In-4. Titre imprimé en en deux couleurs de rouge et de noir. Vignette de la licorne gravée sur bois et imprimée au centre de la page de titre. 4 ff. de prospectus sur papier vélin et le f. volant de la souscription elle-même sur papier vergé
3. RÉUNION DE 9 GRAVURES SUR BOIS ORIGINALES DE RAOUL DUFY :
3.1 : Orphée, sur vergé, état avant le monogramme situé en bas à gauche de la planche du livre
3.2 : Le Bœuf ailé, sur chine, dernière gravure de l’ouvrage, une note au crayon la dit en “4e état”. C’est l’une des gravures qui connut le plus grand nombre d’états différents
3.3 : Le Lièvre, sur papier vergé, planche refusée
3.4 : Le Serpent, sur chine
3.5 : La Tortue, sur chine
3.6 : La Souris, sur japon
3.7 : Le Lièvre, superbe état sur chine, à grandes marges
3.8 : La Colombe, superbe état sur chine, à grandes marges
3.9 : Orphée, superbe état sur chine, à grandes marges
SOIT, EN TOUT : 11 gravures additionnelles dont les deux du Supplément de 1931, ET AVEC LE PRÉCIEUX BON DE SOUSCRIPTION DONT UNE GRANDE PARTIE DU TEXTE EST DUE À GUILLAUME APOLLINAIRE LUI-MÊME
Le tout placé dans un étui-chemise à dos de maroquin rouge
Le Bestiaire ou Cortège d’Orphée est certainement l’un des plus beaux livres illustrés imprimés. Apollinaire connaît les grandes traditions bibliophiliques des livres d’emblèmes des XVIe et XVIIe siècles ou des bestiaires médiévaux. Le poète se réclame de cette grande filiationn humaniste dans le précieux Bulletin de souscription joint à cet exemplaire ; il écrira en 1911 dans son article de L’Intransigeant : “ces bois admirables qui font de mon Bestiaire un ouvrage digne des hautes époques de la typographie”. La couverture d’origine en parchemin, forme de couvrure choisie par Apollinaire lui-même, est là pour rappeler la transformation lyrique du passé des langues et images en imaginaire poétique moderne. Aussi : relier ce livre est, du point de vue de la poésie pure, une forme d’hérésie. Le Bestiaire doit se présenter sous sa forme de reliure en parchemin souple. Là est le mystère qu’il conserve encore.
“C’est probablement en 1906 dans l’atelier de son ami Picasso, qui gravait des animaux sur bois, qu’Apollinaire a eu l’idée de créer un bestiaire illustré (...) Apollinaire n’a pas hésité à donner des consignes à Dufy, d’abord dans sa lettre du 29 août 1910, ensuite lors de leurs réunions hebdomadaires chez le poète”. A. Saint-Léger Lucas, Dictionnaire Apollinaire.
Le 11 mars 1911, l’ouvrage parut. Le succès escompté tarda à venir. Ne parvenant à vendre qu’une vingtaine d’exemplaires, Deplanche céda le restant au libraire antiquaire Chevrel. Sensible à cette suite d’images, Paul Poiret suggéra au peintre de transposer les motifs du Bestiaire pour des décors de tissus et de tentures.
C. Debon, “Relire et revoir Le Bestiaire ou Cortège d’Orphée d’Apollinaire”, Que vlo-ve ?, 1998, janv-mars, pp. 1-32 -- A. Coron, De Goya à Manet, n° 29 -- Chapon, Le Livre et le peintre, p. 131-134 et 287 -- From Manet to Hockney, n° 27, pp. 124-125





