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Les Grimaces
MIRBEAU PAMPHLÉTAIRE.
ANTE-ANTIDREYFUSISME.
ENSEMBLE COMPLET DU GRAND JOURNAL CONTESTATAIRE DIRIGÉ PAR OCTAVE MIRBEAU
ÉDITION PRÉ-ORIGINALE
26 numéros reliés en deux volumes in-8 (170 x 105mm). Papier journal. Nombreux fleurons, publicités imprimées en verso des couvertures
RELIURES SIGNÉES DE PIERRE-LUCIEN MARTIN. Dos à nerfs et coins de maroquin noir, plats de papier marbré, toutes les couvertures oranges illustrées conservées
Les Grimaces est un journal hebdomadaire de petit format et à couverture de feu, qui a paru du 21 juillet 1883 au 12 janvier 1884. Le rédacteur en chef en était Octave Mirbeau, qui disposait de trois collaborateurs : Paul Hervieu, Étienne Grosclaude et Alfred Capus. Les fonds du journal étaient fournis par Edmond Joubert, vice-président de la Banque de Paris et des Pays-Bas, et par les frères de Mourgues, imprimeurs. Les Grimaces se veut tout d’abord un organe de combat contre le pouvoir, que Mirbeau accuse d’être entre les mains d’“une bande de joyeux escarpes” cachés derrière des “grimaces” de respectabilité. Dans son article liminaire, Ode au choléra, Mirbeau en appelle au choléra vengeur, “notre dernier sauveur”, à défaut de “l’émeute libératrice”, pour débarrasser le pays de “la horde de bandits qui déshonorent la France”. La dérision, l’emphase et les effets rhétoriques servent ces écrits pamphlétaires.
L’affiche de lancement des Grimaces, placardée au cours du mois de juillet 1883, est très claire sur ses objectifs d’émancipation intellectuelle d’un public “dupé” et “perverti” :
“Si tu veux t’affranchir de cette servitude, à travers ces pages, tu verras grimacer tout ce faux monde de faiseurs effrontés, de politiciens traîtres, d’agioteurs, de cabotins et de filles, toutes ces cupidités féroces, qui te volent non seulement tes écus, mais jusqu’à ta virilité, jusqu’à ta nationalité, jusqu’à ton amour de la Patrie. L’heure est sombre. Il faut lutter - ou tomber. Les Grimaces paraissent pour donner le signal du branle-bas !”
Ce travail de démystification des mensonges sur lesquels repose l’ordre bourgeois, Mirbeau le poursuivra dans toute son œuvre à venir.
Les Grimaces touche un très large public - aussi bien des lecteurs d’extrême gauche que des monarchistes. Il célèbre quelques écrivains parfois de bords opposés : Jules Vallès, Barbey d’Aurevilly, Maupassant, Tourgueniev, et Paul Bourget. Mais il est sans pitié pour Alphonse Daudet.
Malheureusement Les Grimaces comportent aussi un certain nombre d’articles antisémites. Les uns sont anonymes, ou signés de correspondants réels ou fictifs, en France ou à l’étranger, les autres sont signés de Mirbeau. Ces pamphlets reprennent les stéréotypes racistes, popularisés peu de temps après par Édouard Drumont dans La France juive (1886). Ils dénoncent une prétendue “invasion” (15 septembre 1883), le monde de la finance et la cosmopolitisation de la France.
Octabe Mirbeau fera un premier et modeste mea culpa un an plus tard, le 14 janvier 1885, dans Les Monach et les Juifs, et un deuxième, le 15 novembre 1898, au cours de l’affaire Dreyfus, dans Palinodies !
Dictionnaire Octabe Mirbeau : http://mirbeau.asso.fr/dicomirbeau/index.php ?option=com_glossary&id=296