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Déclaration sur le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie
UN MOMENT-CLÉ : LE MANIFESTE DES 121
ÉDITION ORIGINALE, premier état sans mention dactylographiée ajoutée à la fin
4 pp. in-4 (268 x 210mm), sur papier crème avec au verso du 2e f. les noms des 121 signataires dont : Arthur Adamov, Robert Anthelme, Simone de Beauvoir, Robert Benayoun, Maurice Blanchot, Pierre Boulez, André Breton, Marguerite Duras, Aube Elléouët, André Frénaud, Édouard Glissant, Claude Lanzmann, Gérard Legrand, Michel Leiris, Jérôme Lindon, François Maspéro, Marie Moscovici, Maurice Nadeau, Alain Resnais, Alain Robbe-Grillet, Nathalie Sarraute, Jean-Paul Sartre, Claude Sautet, Jean Schuster, Claude Simon, Vercors, Jean-Pierre Vernant, Pierre Vidal-Naquet et d’autres... Le catalogue de la BnF le donne comme “imprimé clandestinement par Dionys Mascolo et diffusé le 1er septembre 1960"
Formulé d’abord dans l’entourage de Dyonis Mascolo et de Marguerite Duras, le Manifeste des 121 trouvera son titre grâce à Maurice Blanchot qui substituera, lors des différentes corrections, le “droit à l’insoumission” au précédent “devoir d’insoumission”. Ce Manifeste est surtout un acte de pensée collectif formulé par 121 intellectuels, et non un quelconque ralliement à un nouveau nationalisme, comme l’écrit Maurice Blanchot dans un texte inédit conservé à l’IMEC :
“La dernière guerre, et l’après-guerre de Nuremberg, ont montré que l’obéissance, la soumission aux ordres peuvent être criminelles. Le principe qui recommandait de servir la patrie, juste ou injuste, a été enterré dans les camps d’extermination, avec les victimes de ceux qui ne surent pas préférer à l’obéissance dans la folie la désobéissance dans la raison […] Aujourd’hui, […] il convient à tous les hommes de réflexion, à quelque pays qu’ils appartiennent, d’accueillir et de renouveler [l’]acte de pensée [qu’est le Manifeste], parce qu’il a une valeur universelle. Par [lui] en effet, et pour la première fois, une parole s’élève de l’intimité d’un peuple pour revendiquer le droit de ne pas opprimer, avec la même force qui a porté jusqu’ici les peuples à revendiquer le droit de n’être pas opprimés. [Ainsi] s’affirme que la […] violence oppressive par laquelle l’on cherche à briser l’indépendance d’un peuple se retourne bientôt contre l’oppresseur en une violence qui brisera sa propre volonté politique” (cité par C. Brun)
À ce manifeste s’opposera celui d’intellectuels plutôt positionnés à droite tels que Roger Nimier et Antoine Blondin qui, partisans, eux, de l’Algérie française, publieront “Le Manifeste des intellectuels français”.
José Pierre, Tracts surréalistes et Déclarations collectives (1922-1969), Paris, 1980-1982, t. II, p. 205
WEBOGRAPHIE : C. Brun : https://histoirecoloniale.net/le-manifeste-des-121-un-texte-fondamental-dont-catherine-brun-eclaire-la-genese/#easy-footnote-7-7819