Vendu
GASPARIN, Agénor, comte de

Esclavage et traite

Paris, Joubert, 1838

BEL ENVOI DU COMTE DE GASPARIN À JOSEPH HENRI DE DAUNANT, FILS DU GRAND AMI DE FRANÇOIS GUIZOT, ET COUSIN DE L’AUTEUR.

LE PROTESTANTISME DANS LA LUTTE ABOLITIONNISTE : UN MOMENT DANS L’HISTOIRE LITTÉRAIRE DE L’ESCLAVAGE EN FRANCE

Reliés à la suite : (II) : Agénor de GASPARIN, De l'affranchissement des esclaves et de ses rapports avec la politique actuelle. Paris, Joubert, 1839 ; (III) : Agénor de GASPARIN, De l'affranchissement des esclaves et de ses rapports avec la politique actuelle. Paris, Joubert, 1839

ÉDITIONS ORIGINALES pour les deux premiers ouvrages, second état de l’édition originale pour le troisième

3 ouvrages en un volume in-8 (209 x 127mm)
COLLATION : (I) : xvi pp., 261 pp., [1] f. de table ; (II) : [2] ff., 84 pp. ; (III) : [2] ff., 74 pp., soit le second tirage expurgé d'une partie des pp. 50 à 65 du premier tirage (le texte modifié se place entre les pp. 50 et 55 du second). Ce texte expurgé par l’auteur lui-même était une diatribe contre certaines positions diplomatiques du gouvernement d’alors

ENVOI autographe signé sur le premier faux-titre :

À M. Henri de Daunant
son cousin dévoué
A. de Gasparin

RELIURE STRICTEMENT DE L’ÉPOQUE. Dos lisse de veau bleu nuit, orné et doré, tranches mouchetées
PROVENANCE : Joseph Henri de Daunant (1820-1848 ; envoi et carte de visite ex-libris collée au contreplat)
RARETÉ : ni le deuxième ni le troisième ouvrage ne figurent à la Bibliothèque du Congrès. Harvard, Yale et la John Carter Brown ne possèdent pas le premier état non censuré en 84 pages du second ouvrage mais la seule version en 74 pages. La BnF possède ce texte dans ses deux états. L’exemplaire du roi Louis-Philippe d’Esclavage et traite (1838), soit un seul des trois ouvrages de ce volume, fut vendu dans la collection Guerrand-Hermès (Paris, 18 décembre 2023, lot 739, €5.080)

Reliure légèrement frottée

Agénor de Gasparin (1810-1871) fut l’un des grands partisans de l’abolition de l’esclavage. Issu d’une famille protestante originaire du sud de la France, il joua un rôle de premier plan dans de nombreux événements politiques de la Monarchie de Juillet et fut chef de Cabinet de son père au Ministère de l’Agriculture :

“écrivain, laïc réformé de la tendance revivaliste (…) Auditeur puis Maître des requêtes au Conseil d’État en 1837, député conservateur, orléaniste, élu de Bastia de 1842 à 1846, il fut très actif, avec son frère Paul, en faveur de l’abolition de l’esclavage (…) La conviction d'Agenor de Gasparin différait de celle de ses prédécesseurs britanniques : l'interdiction de la traite ne mènerait pas selon lui à l'extinction de l'esclavage. Il publia sur le sujet deux ouvrages principaux, Esclavage et Traite en 1838, et De l'Affranchissement des esclaves en 1839. Un processus inverse devait selon lui être déclenché : “Nous achèverons de fermer nos colonies à la traite, estimait-il, le jour même où nous aurons posé les bases de leur “mancipation graduelle'" (N. Schmidt, Abolitionnistes de l'esclavage et réformateurs des colonies 1820-1851, p. 1087 et 175).

Ces deux ouvrages de Gasparin sont essentiels pour comprendre la politique abolitionniste française. Ils sont rédigés par l'un des auteurs de la réforme qui décréta, le 27 avril 1848, l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises. Dans Esclavage et traite, Gasparin se prononce en faveur des mesures les plus favorables aux Noirs et attaque l'esclavage dans son principe. Élu député en 1842, il plaide pour l'émancipation des Noirs et pour la liberté religieuse. Gasparin suscita de vives oppositions mais acquit aussi l'estime de ses collègues des divers côtés de la Chambre. Son indépendance et ses convictions protestantes lui coûtèrent son siège. Sa candidature à Bastia échoua en 1846. Il se retira à Pregny près de Genève pour les vingt-trois dernières années de sa vie.

Agénor de Gasparin était le petit-fils de Thomas-Augustin de Gasparin (1754-1793). Ce général de la Révolution, et conventionnel régicide, mit le pied à l’étrier à Bonaparte lors du siège de Toulon. Le père d’Agénor, Adrien de Gasparin (1783-1862), servit l’Empereur, fut député du Vaucluse, plusieurs fois ministre de la Monarchie de Juillet. Il épousa Rosalie Adèle de Daunant, sœur d’Achille Henri de Daunant (1786-1867), lui-même député du Gard de 1827 à 1831 et pair de France en 1837. Achille Henri de Daunant, oncle d’Agénor de Gasparin, fut aussi le grand ami de François Guizot, “pendant plus de soixante ans”, l’un de ses plus intimes correspondants, et l’un des familiers de Guizot au Val-Richer, propriété normande du ministre du roi Louis-Philippe. Son fils Joseph Henri de Daunant (1820-1848), jeune cousin germain de l’auteur et destinataire de cet exemplaire, appartient donc à cette galaxie protestante du Midi qui se tourna vers la lutte politique et littéraire contre l’esclavage et la traite.

BIBLIOGRAPHIE : 

(I) : Sabin 26727 -- Nelly Schmidt, Abolitionnistes de l'esclavage et réformateurs des colonies 1820-185. Analyse et documents, 2021
WEBOGRAPHIE : https://www.guizot.com/fr/amities/achille-de-daunant/

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