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MITTERRAND, François

Carte autographe signée à Marie-Louise Terrasse, dite Catherine Langeais

02 October 2022

“C’EST LE MOMENT D’ABORDER LA VIE AVEC DES CONCEPTIONS PRÉCISES, FONDAMENTALES, DE FAIRE DES CHOIX.”

LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE

2 pp. in-8 (150 x 100mm), encre bleue, carte postale militaire, cachet de la poste

CONTENU : 

[Suscription :] Mademoiselle Marie-Louise Terrasse. 22, rue Abel Guy, 22. Jarnac. (Charente). Sergent-chef Mitterrand. Camp de prisonniers de guerre français. Quartier Beaulieu. 5e Cie. Lunéville (Meurthe-et-Moselle)

[Verso :]
Le 30 juillet 1940,
Mon petit Zou bien aimé, hier j’ai reçu ton petit mot du 18. Cela a éclairé toute ma journée et voici ma patience regonflée pour un bon moment ! Tes lettres sont tellement pareilles à celles que j’attendais, que j’en arrive à me demander si tu ne devines pas mieux que moi ce que je désire… Excellent présage ma chérie ! Je continue de croire que ma vie sera merveilleuse puisqu’elle sera fondée sur toi.

Les jours passent sans changement. Je me porte bien. Le temps a été très mauvais, maintenant le soleil paraît timidement. Je lis et réfléchis le plus possible. C’est le moment d’aborder la vie avec des conceptions précises, fondamentales, de faire un choix. Pour moi, tout est axé autour de toi ; je n’imagine aucune activité, aucune réussite, aucun effort sans toi puisque tu en seras l’âme. Je crois que notre tristesse d’aujourd’hui nous vaudra en compensation un bonheur magnifique.

J’ai écrit à papa, Colette, Nénette et à toi très souvent. J’ai reçu tes deux lettres du 18, une lettre de papa, une des Thirion. Vous pouvez m’écrire aussi souvent que vous le désirez. Toi surtout, mon aimée, tu le sais. Je te dis à peine que je t’adore, mais lis-le sous chaque mot. Tu es ma joie et je te le répète, si je sais (et je le sais) que tu m’attends, rien n’ébranlera ma force.

Chérie chérie, j’espère bien quand même ne pas trop tarder à te retrouver, je pense très très souvent à nos soirées des 4, 5, 6 mars ! N’avons-nous pas connu là des heures sans prix ? Et à tout ce qui fut notre bonheur de ces dix jours véritablement hors du temps.

Ne te fatigue pas à l’hôpital, mon amour chéri. Ne t’ennuie pas non plus. Il m’arrive bien d’être triste, mais il me suffit de songer à ce qui m’attend à mon retour pour comprendre que ma tristesse sera payée de beaucoup de joies. Raconte-moi ta vie, mon grand amour. Dis aux tiens et aux miens mon affection. Envoyez-moi mandat et colis dès que possible ! Mais surtout, j’attends ma chère nourriture : tes lettres, mon aimée. Je t’aime et je t’embrasse comme autrefois mon Zou chéri.

François