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FAUCHET, Claude

Les Antiquitez gauloises et françoises.

Paris, Jérémie Perier, 1559

BEL EXEMPLAIRE, RELIÉ À L'ÉPOQUE POUR BARTHÉLÉMY CENAMI. IMPORTANT OUVRAGE DE CLAUDE FAUCHET

In-8 (167 x 98mm).

Fleuron gravé sur la page de titre, bandeaux, initiales et culs-de-lampe, armes et devise gravées de Claude Fauchet, marque typographique au recto du dernier feuillet

COLLATION : a e i8 o2 A-Z Aa-Ee8 F4 Aaa-Yyy8 Z4 Aaaa2

RELIURE PARISIENNE DE L'ÉPOQUE POUR BARTHÉLÉMY CENAMI. Maroquin brun, décor doré, couronne de feuillage au centre des plats avec la pièce d'armes de Cenami, double encadrement de filets avec fleurette aux angles, dos long avec titraison horizontale et nom de l'auteur, pièce d'armes et fleurette, tranches dorées

PROVENANCE : Barthélemy Cenami (1566-1611), dont la famille était originaire de Lucques, avec la mention habituelle sur le premier feuillet de garde : "Delle Studio de Casa Cenami" -- ex-libris manuscrit non identifé au verso de la marque typographique -- Bernardino Baroni (1695-1781), historien lui-même originaire de Lucques, avec la mention : "Ce livre est à moy Bernardin Baroni" -- abbé Giorgi, ex-libris gravé (et volant) de la fin du XVIIIe siècle d'un certain Giorgi dataire du Saint Siège (cf. Poncelin de La Roche-Tilhac, Etats des cours de l'Europe et des Provinces de France, 1784, p. 270 qui cite cet abbé Giorgi comme dataire dans la liste des "Ministres du Saint Siège à Avignon" -- Seguin, libraire, éditeur et imprimeur d'Avignon pendant tout le XIXe siècle, avec une bande d'envoi postal sans doute d'un feuillet de catalogue daté Avignon, 11 juin 1846, à un certain Ville, curé de Crillon, puis de Bédoin près de Carpentras

Petit accroc à une coiffe

Claude Fauchet (1530-1602) est l'un des premiers historiens des antiquités nationales comme de la littérature française. Il avait suivi le cardinal de Tournon en Italie en 1554, devint Président de la Cour des monnaies et fut nommé par Henri IV historiographe du roi. Henri III l'avait annobli en 1586 pour service rendu, pour sa "fidélité et sa bonne diligence", comme pour ses "louables estudes" et la publication de "plusieurs oeuvres imprimez", soit : le Recueil des Antiquités gauloises et françoises en 1579, et le Recueil de l'origine de la langue et poésie françoise, en 1581. Fauchet augmentera considérablement et republiera plusieurs fois ses Antiquitez gauloises, comme c'est le cas ici. Il dût quitter Paris pendant la Ligue, et sa bibliothèque fut pillée. Car, catholique, il ne quitta pas le parti des rois pour l'extrémisme des ligueurs, et fit allégeance à Henri IV auquel il dédie la présente édition.

Cet exemplaire a été relié pour Barthélemy Cenami (1566-1611), à ses armes. Il porte l’inscription que l’on trouve sur quelques-uns de ses livres qui ont été identifiés : Dello studio di Casa Cenami. Il était l'héritier d’une illustre famille de Lucques où on peut encore voir leur imposant palais. Les Cenami, aux armes d’or au lion de gueules, ont en effet formé l'une des plus grandes dynasties banquaires en France, de Henri III à la Fronde. Comme d'autres italiens en France - Mazarin, Particelli d'Hémery, Sébastien Zamet -, ils passèrent par Lyon avant d'investir la finance parisienne. Barthélemy Cenami était l'un des principaux bailleurs de Henri III. Ce grand personnage au luxe opulent habitait un hôtel à Paris, rue du Grand Chantier. Comme l'écrit Jean Balsamo, qui identifia en 1991 ce "nouveau" collectionneur : "il fit construire une demeure de plaisance, l’actuelle mairie de Charenton, où il recevait Gabrielle d’Estrées, la marquise de Verneuil et le Dauphin. Financier de haute volée, surnommé “seigneur, baron, comte, marquis d’un million d’or”, Barthélemy Cenami, dont les fils poursuivirent moins heureusement la même activité au service de Mazarin, fut également lié aux écrivains de son temps. Malherbe, dans l'été 1609, lui transmit les lettres de Peiresc et Montaigne lui-même reçut des marques d’amitié de sa famille" (cf. Montaigne, Journal de voyage, 1983, p. 366).

S'il reçut avec faste les maîtresses royales et par deux fois le Dauphin futur Louis XIII, c'est bien parce que le pouvoir entendait flatter l'un de ses grands créanciers. L'article de Jean Balsamo cite cinq ouvrage ayant appartenu à Barthélemy Cenami. D'autres sont apparus depuis, comme le Desportes de la vente de la Librairie Pierre Berès (2e vente, n° 70). Car Cenami, comme Fauchet, était proche des poètes. On sait aussi qu'il posséda un Du Bellay (Œuvres, 1597) et un Ronsard (Œuvres, 1597, 10 tomes en 5 volumes), tous deux passés entre les mains de Pierre Berès.

BIBLIOGRAPHIE : 

Jean Balsamo, "Les reliures d'un Italien de la Cour de Henri IV", Bulletin du Bibliophile, 1991, n° 2, pp. 413-416 -- E. Picot, Les Italiens en France, Bulletin italien, II, 1902, pp. 136-137 -- L. Mirot, Études lucquoises, Paris, 1930, pp. 172-212 -- Claude Dulong, Mazarin et l'argent, banquiers et prêtes-noms, Paris, Ecole des Chartes, Droz, 2002, qui consacre un long chapitre aux relations de Mazarin avec les Cenami