-10% pour tout achat sur le site
300 - 500 €
Acheter
Estimation d'un livre ou d'un manuscrit
MITTERRAND, François

Lettre autographe signée à Marie-Louise Terrasse, dite Catherine Langeais

03 October 2022

“LA GUERRE RISQUE DE S’AGGRAVER DANS LES SEMAINES QUI VONT VENIR”

“J’AI LONGTEMPS PENSÉ QU’IL ÉTAIT FOU DE SE MARIER EN TEMPS DE GUERRE”

LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE

2 pp. in-8 (197 x 134mm), encre bleue

CONTENU : 

Le 9 mars 1940

Mon Zou chéri, je n’ai envie de te dire qu’une chose : je t’adore. Ce soir, si j’étais à Jarnac, je ne pourrais que te répéter cela sans cesse. Serais-tu ennuyée ? Tu me sourirais sans doute et comme ton sourire est merveilleux, je ne pourrais m’empêcher de te dire encore que tu es adorable.

Cet après-midi, je me suis promené aux alentours du village. Un beau soleil donnait aux collines une apparence accueillante qui a légèrement adouci ma peine. Car j’éprouve toujours une sensation immense de vide. Tu n’es plus là. Je ne peux plus te parler d’amour. Je souffre de ma solitude intérieure. Sans doute, je sais que tu m’aimes, que tu penses à moi, et cela aura raison de ma tristesse, mais comme ta présence me manque ! Je n’aurai pas de lettre de toi d’ici un ou deux jours. Déjà je sens mon impatience grandir : ma première joie viendra maintenant du premier mot d’amour que je recevrai de toi. Je ne vis que de toi. Cela doit te paraître drôle que je me repose ainsi sur toi, ma toute petite fille ; mais j’ai une telle foi en toi, une telle tendresse. Je ferai de notre vie un bonheur incomparable car je t’aime plus que tout. Mais, chérie, pour être fort j’ai besoin de ton amour, de ton appui.

Je pense beaucoup à notre mariage. Cela doit être notre prochain but. Il n’est pas trop tôt de planter les premiers jalons. La guerre risque d’ailleurs de s’aggraver dans les semaines qui vont venir. Elle peut précipiter beaucoup de choses. Sitôt que je serai en mesure de te faire vivre, il faudra que nous réalisions notre vœu. Puisque maintenant tu es ma fiancée, un grand pas est fait ; il faut que notre grand désir se réalise enfin. Sans doute, j’ai longtemps pensé qu’il était fou de se marier en temps de guerre. Dans quelle mesure pourrons-nous palier aux risques inhérents du bouleversement qui se prépare ? Ayons confiance dans la Providence. J’ai beaucoup de foi dans notre étoile. Ma petite fiancée bien-aimée, comment notre amour ne forcerait-il pas les difficultés de la vie ? Je t’aime tant. Je rêve tant du jour où tu deviendras ma femme, où je vivrai avec toi.

Mon amour chéri, bonsoir. Reçois mes plus douces caresses. Je t’adore et te dis ma tendresse infinie. À demain matin. Je m’endormirai en rêvant à ta merveilleuse présence, à ton amour qui me pénètre de douceur et de joie.

François