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MITTERRAND, François

Lettre autographe signée à Marie-Louise Terrasse, dite Catherine Langeais

04 July 2022

PREMIÈRE LETTRE DE CATHERINE LANGEAIS REÇUE AU STALAG PAR FRANÇOIS MITTERRAND.

TROISIÈME LETTRE CODÉE : “UNE LETTRE DE FATOUNE M’ANNONCE QU’IL A L’INTENTION DE QUITTER SON PATRON CE PROCHAIN TRIMESTRE”

LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE

2 pp. in-12 (277 x 178 mm), crayon, lettre à en-tête du “Kriegsgefangenenpost”, cachet du Stalag, cachet de la poste

CONTENU : 

[Suscription :] Mademoiselle Marie-Louise Terrasse, Paris, 5 avenue d’Orléans 5, XIV arrt, France. [Expéditeur :] Mitterrand François, 21716, 1515

[Verso :] N’ai reçu qu’une lettre de toi, du 5 novembre. Mais tu le sais mon amour, je vis tout de même avec toi sans cesse. Comme je t’aime ! Rien de toute ma vie n’a été, n’est plus beau, plus merveilleux que toi. Ce bonheur que tu me promets, je te le rendrai, ma chérie. Pour te rendre heureux, j’y mettrai toutes mes forces. Tu penses bien que ces jours de Noël me ramènent à chaque instant à nos souvenirs. Ainsi, ce soir, je ne pourrai m’endormir sans parcourir à nouveau l’itinéraire de notre fameuse nuit de l’an dernier. J’étais et suis toujours si fou de toi. Notre séparation m’est si cruelle. Il s’en est fallu de si peu que maintenant nous fêtions Noël, le Premier de l’An ensemble, chez nous, ma petite femme tant chérie. Nous serions sortis beaucoup, évidemment, mais quels moments splendides nous aurions vécus tous les deux, seuls. Avec toi, je suis si parfaitement heureux. Je ne désespère pas pourtant mon Zou chéri. Il n’est pas possible que tu ne m’appartiennes pas, pour toujours. Dieu ne nous abandonne pas. J’ai reçu ton colis de novembre. Merci ma chérie. Dans le prochain, je compte sur des photos de toi, un livre que tu choisiras, et seulement des choses de toi, à toi, comme si par elles je pouvais te sentir, te toucher, t’embrasser. Ainsi, je me souviens de ce petit mouchoir que tu m’avais envoyé en avril (je l’ai toujours) et qui m’apportait tant de toi. J’ai reçu le colis de 5 Kilogr. de décembre mais pas le premier, des colis réguliers de Robert, un de Mme Jeanne Arond. Dis-le leur sans faute : je ne dispose pas d’accusés de réception. Aussi quelques lettres de Jarnac. Qu’ils envoient des chaussures très bonnes, bien ferrées. Une lettre de Fatoune m’annonce qu’il a l’intention de quitter son patron ce prochain trimestre. J’espère qu’il ira te voir. Va voir 25 rue de Civry Paris XVI, la femme d’un de mes camarades d’ici : Madame Pierre Jarrigeon. Vous vous donnerez mutuellement des nouvelles. As-tu lu La Pêche miraculeuse de G. de Pourtalès ? Sinon, n’hésite pas, c’est très bien. Tu me diras ce que tu en penses. Il fait froid. Je suis avec de bons camarades mais rien ne peut m’éloigner de ma peine profonde : ne pouvoir t’aimer, te combler de mon amour. Je recrée chacune de nos caresses, je t’adore ma merveilleuse chérie. Dis aux tiens, aux miens, mon affection. Prie bien pour nous deux. Crois en moi, et moi, je ne rêve qu’à mon bien le plus précieux, ma toute petite fille que j’embrasse.

François.

[D’une autre main :] Écrivez en grands caractères