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Mémoires, lettres et pièces authentiques touchant la vie et la mort
RELIURE DE DEUIL AUX ARMES DE LA DUCHESSE DE BERRY QUI L’OFFRIT À EMMANUEL, COMTE DE BRISSAC ET PRINCE DE ROBECH (1793-1870), SUCCESSIVEMENT AIDE DE CAMP DU DUC DE BERRY ET DU COMTE DE CHAMBORD
In-8 (200 x 120mm)
TIRAGE : exemplaire sur hollande
RELIURE DE DEUIL DE L’ÉPOQUE. Maroquin noir, décor estampé, armes de la duchesse de Berry frappées à froid au centres des plats, roulettes à froid en encadrement, dos à nerfs, tranches dorées, doublures et gardes de soie avec ex-dono frappé en lettres dorées
PIÈCE JOINTE : lettre autographe de Chateaubriand à Madame de Pisieux. Berlin, le 27 février [1821]. 3 feuillets montés sur onglet en tête de volume. Papier un peu jauni.
"Je me hâte de vous écrire pour reprendre une partie de ce que je vous ai dit dans ma dernière lettre. Je me proposais de faire faire un grand service à M. le duc de Berry le jour anniversaire des obsèques. J’avais fait mon calcul à mille écus. Il se trouve que les frais passeroient six mille francs ; cela est beaucoup au-delà de mes moyens. Mille écus me ruinoient déjà (car il faut que vous sachiez que ces sortes de dépenses sont au compte de l’ambassadeur et non du ministère) mais enfin j’aurois volontiers fait cette dépense pour honorer la mémoire d’un tel prince et pour montrer ma reconnaissance envers l’auguste […] mais je ne puis aller jusqu’à deux mille écus sans faire mourir de faim la légation ; et peut-être même qu’à Paris on eût trouvé ma pompe trop remarquable. Je me contenterai donc d’une humble messe et de pleurer en secret. Ne faites aucun bruit de ceci, que votre charmante sœur explique seulement les choses, en cas qu’elle ait déjà parlé de mon premier plan ; mais j’espère qu’elle n’aura encore rien dit quand cette lettre vous arrivera. Je suis obligé de vous quitter pour mes dépêches. Guérissez-vous ; pensez à moi ; embrassez Laure [la fille de Madame de Pisieux] pour moi. Berlin, ce 27 février".
PROVENANCE : comte de Cossé-Brissac (1793-1870 ; ex-dono frappé en en lettres dorées sur la doublure) -- Hubert Heilbronn (ex-libris ; Paris, 11 mai 2021, lot 79)
La lettre jointe à l’exemplaire fut écrite par Chateaubriand alors qu’il était ambassadeur de France en Prusse. Il évoque son projet de faire célébrer une messe à Berlin en l’honneur de l’anniversaire des obsèques du duc de Berry, assassiné l’année précédente. La lettre est adressée à la baronne de Pisieux, née Alexandrine de Montboissier, sœur de Madame de Colbert et fille de Charles marquis de Montboissier (1730-1802). Chateaubriand fit un long séjour chez elle, au château de Montgraham, dans le Perche, à l'époque de sa disgrâce, et au plus fort de ses embarras financiers, durant l’été 1817.
Chateaubriand, Correspondance générale, Paris, 1983, IV, n° 1247