Monumenta Epigraphica Pompeiana ad fidem archetyporum expressa
IMPRESSIONNANT TÉMOIGNAGE LITHOGRAPHIÉ D’UNE LANGUE PERDUE DE POMPÉI : L’OSQUE, LANGUE DU PROLÉTARIAT URBAIN.
BEL EXEMPLAIRE D’UN OUVRAGE RARE PUBLIÉ PAR L’UN DES PLUS GRANDS ARCHÉOLOGUES DU SITE : GIUSEPPE FIORELLI.
L’ART CONTEMPORAIN DANS UN LIVRE MONUMENTAL : PUISSANTES LITHOGRAPHIES EN COULEURS REPRÉSENTANT UNE LANGUE À LA FOIS FAMILIÈRE ET ININTELLIGIBLE
ÉDITION ORIGINALE
In-folio grand éléphant (900 x 600mm).
Vignette lithographiée imprimée en noir sur la page de titre
COLLATION : (1)-12 pp dont titre, préface (2 p.), explication des planches
TIRAGE unique à 100 exemplaires, celui-ci numéroté LXII
ILLUSTRATION : 10 immenses planches lithographiées imprimées en couleurs par Richter et représentant 29 inscriptions EN LANGUE OSQUE
RELIURE DE L’ÉPOQUE. Grand cartonnage de l’éditeur avec un cartouche en papier porcelaine violet et titraison en lettres dorées
Les immenses planches lithographiées en plusieurs couleurs de ce livre sont saisissantes. Elles présentent des inscriptions murales dans un ordre inconnu qui les apparentent aujourd’hui à l’œuvre d’un artiste comme Jean-Michel Basquiat. Il s’agit d’inscriptions écrites dans la langue osque, l’une des langues indo-européennes les plus anciennes de l’Italie, comme l’étrusque.
Elle était parlée dans les régions inférieures de l’Italie centrale et méridionale, et non sur les côtes, du VIe siècle au Ier siècle avant J.-C. Proche de l’étrusque, l’alphabet osque comportait vingt-et-un signes et s’écrivait de droite à gauche. Cette langue était encore utilisée dans les couches populaires de la société lors de l’éruption du Vésuve. Une riche collection d'inscriptions osques est conservée par la section épigraphie au Musée archéologique national de Naples. Ce livre spectaculaire est, à notre connaissance, le seul à offrir un témoignage de grande ampleur sur l’une des langues perdues de Pompéi. Le grand découvreur de la langue osque fut, avec Giuseppe Fiorelli (1823-1896), le grand linguiste Théodore Mommsen (1817-1903), prix Nobel de Littérature en 1902, et fameux auteur du Corpus Inscriptionum Latinarum. Fiorelli et Mommsen se rencontrèrent en 1845 et travaillèrent de concert. En quelques années après 1850, la langue osque est définie, traduite et publiée.
Fiorelli est à cette époque l’un des plus fameux archéologues de cette ville, connu principalement pour ses méthodes de fouilles et ses publications remarquables. Il est l'auteur d'une division, toujours en usage, du site de Pompéi en neuf arrondissements. En 1861, il entreprit le projet d'une maquette demeurée inachevée. Alors que sous les Bourbons, la permission de visiter le site était réservée à des hôtes de marque et dépendait du souverain, Fiorelli l’ouvrit au public, moyennant le paiement d'un droit d'entrée. En 1866, il fonda l'École archéologique de Pompéi.
Dès 1844, il commence à travailler pour le Musée archéologique de Naples. Il devient peu après Inspecteur des Fouilles de Pompéi. Mais en 1849, accusé d'entretenir des opinions libérales, il connut une période d'emprisonnement. En 1860, à la suite de la réunion du Royaume des Deux-Siciles à l'Italie, il revient en grâce et est nommé professeur d'archéologie à l'Université de Naples. Il redevient alors Inspecteur des Fouilles et succède à Domenico Spinelli, Prince de San Giorgio, à la tête de la Surintendance des Fouilles, fonction qu'il assume jusqu'en 1875.
Surtout, il transforma la gestion du site et les méthodes de recherche. Plutôt que de fouiller d'abord les rues et de pénétrer dans les maisons par le bas, au risque certain d'écroulement, Fiorelli dégageait les maisons par le haut. Avant lui, on laissait les déblais autour des bâtiments fouillés. Avec lui, on améliora l'aspect du site en les faisant enlever. Pour Fiorelli, le but des fouilles n'est pas seulement de mettre au jour des œuvres d'art, mais de récupérer et d'analyser tous les vestiges : préserver plutôt que piller. C'est dans cette optique qu'il faut inscrire l'invention d'une technique qui le rendit célèbre. Elle consistait à réaliser un moulage des victimes, en versant du plâtre dans la cavité laissée par la décomposition du corps emprisonné dans la gangue de dépôts volcaniques, puis à retirer et enfin exposer le moulage obtenu. Dans les années 1860, Fiorelli devint sénateur du nouveau royaume d’Italie. À partir de 1875, il occupa la direction générale des Antiquités et des Beaux-Arts du nouveau royaume.
Le présent ouvrage de Fiorelli, sa Monumenta Epigraphica Pompeiana, est son premier livre. Seule cette première partie fut publiée. Le texte fut peu de temps après réédité en une seconde édition sans les planches, au format in-4 (Naples, 1856) sans doute pour mieux marquer l’abandon du projet initial.
Census
Cette édition de 1854 est d’une grande rareté. Aucun exemplaire dans les grandes bibliothèques des États-Unis selon Vialibri : pas d’exemplaire à la Bibliothèque du Congrès, ni à la NYPL, ni à Princeton, ni à Yale. Harvard ne présente sur son site que la réédition de 1856. Worldcat ne recense aujourd’hui que six exemplaires complets en Europe auxquels s’ajoutent trois exemplaires dans les bibliothèques italiennes selon OPAC SBN : Biblioteca Universitaria (Gênes), Biblioteca del Museo Archeologico Nazionale (Naples), Biblioteca del Parco archeologico di Pompei (Naples). Celui de la BnF est incomplet d’une planche (Rés. J-1022).
Sur tous les répertoires informatisés de prix depuis 1977, un seul exemplaire est passé en vente aux enchères, celui vendu par nos soins à Antonio Bonchristiano pour sa bibliothèque pompéienne. Il a atteint le prix de £ 139.700 (163.000 €) chez Christie’s à Londres le 8 juillet 2006 : https://www.christies.com/en/lot/lot-6594884. Aucun exemplaire mentionné dans le fichier Berès.
F. Fürcheim, Bibliographica di Pompei Ercolano e Stabia, 1972, p. 31
WEBOGRAPHIE : B. Robert, “Patrimoine antique et émotion révolutionnaire : la construction des nations italienne et allemande en 1848 au miroir de l’Antiquité”, Cultures et Musées, 2006, n° 8, pp. 27-43 : https://www.persee.fr/doc/pumus_1766-2923_2006_num_8_1_1403 -- E. Dupraz, Langue et épigraphie osques, CycleEcrituresAnciennes | ILARA : https://www.youtube.com/watch?v=eBRmuqy5D1c -- sur les graffitis de Pompéi, cf. http://www.arkadias.fr/graffipomp.html






