Naufrage de la frégate La Méduse, faisant partie de l’expédition du Sénégal en 1816
L’EXEMPLAIRE PERSONNEL D’ALEXANDRE CORRÉARD :
LE RESCAPÉ QUI RACONTA LES HORREURS DE LA MÉDUSE AU MONDE COMME À THÉODORE GÉRICAULT.
EN RELIURE DE L’ÉPOQUE
In-8 (208 x 120 mm). Troisième édition, dédiée à Jacques Laffitte
COLLATION ET ILLUSTRATION : 507 pp., et 9 gravures sur métal, dont 1 portrait du roi Zaïde imprimé en bistre et rehaussé à l’aquarelle, 4 planches gravées par Champion, Monfort et Corréard, 4 planches lithographiées par Géricault d’après ses propres aquarelles, figurant notamment Corréard visité à l’hôpital Saint-Louis par des officiers anglais.
RELIURE DE L’ÉPOQUE. Demi-basane verte, dos lisse orné, chiffre doré, et nom « Corréard » inscrit en pied, tranches jonquille
Le naufrage de La Méduse en 1816 déclencha l’un des plus grands procès de la marine française. En premier lieu, le capitaine Hugues Duroy de Chaumareys (1763-1841) fut attaqué pour sa totale impéritie. Il ne prit que des demi-mesures et précipita le désastre et la mort de près de 150 marins. Puis, l’affaire judiciaire fut portée devant les tribunaux militaires de Rochefort et devint un scandale d’État. La presse libérale couvrit l’événement avec passion. L’opprobre couvrit tous les ultras : le secret de l’instruction fut éventé par le ministre de la police Élie Decazes (1780-1860). Il relâcha volontairement la censure en laissant être publié dans la presse le rapport de Jean-Baptiste Savigny (1793-1843) afin de discréditer le ministre de la Marine François Joseph de Gratet (1749-1821).
Sur le tableau de La Méduse, Théodore Géricault (1791-1824) a choisi de peindre le moment précis où les survivants aperçoivent au loin le point minuscule de L'Argus. Alexandre Corréard est représenté sur la toile. Il s'agit de l'homme debout au pied du mât, le bras tendu, pointant l'horizon pour montrer le navire salvateur à ses compagnons d'infortune. Jean-Baptiste Savigny demeure juste à gauche. Les deux survivants aidèrent par leur récit, mais aussi par de nombreuses séances de reconstruction d’une maquette fidèle du radeau pour le peintre. Après cette tragédie, Corréard devint libraire et éditeur à Paris sous l'enseigne symbolique "Au naufragé de La Méduse", continuant de militer pour ses idées libérales au prix de plusieurs séjours en prison sous la censure royale. D’où cette édition de 1821 dédiée à Jacques Laffitte (1767-1844), héraut du libéralisme français sous Louis XVIII.
Gay, n° 2919 et 2750 -- Norbert-Bertrand Barbe, Les Thèmes du Radeau de la Méduse de Théodore Géricault étudiés à travers leur récurrence dans l’œuvre du peintre, et dans l’art et la littérature du XIXe siècle, 2001, pp. 187-191


