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Office de Sainte Geneviève
EXEMPLAIRE RELIÉ AU CHIFFRE DE CHATEAUBRIAND : UN DES DEUX SEULS EXEMPLAIRES AUJOURD’HUI CONNU PORTANT SA MARQUE D’APPARTENANCE FRAPPÉE SUR LES PLATS.
L’EXEMPLAIRE FUT CONSERVÉ PAR LES DESCENDANTS DE CHATEAUBRIAND. IL APPARTINT À MAURICE CHALVET ET À BERNARD MALLE
[Relié à la suite :] Office de Sainte Geneviève du miracle des ardents, Paris, imprimerie de Mad. Jeunehomme-Crémière, 1822
Texte alternativement en latin et en français
In-8 (168 x 95mm)
COLLATION : π2 A-B12 (Office), soit (2) ff., 48 pp. ; 12 1*4 22 2*4 36 42 4*4 53 (Le 3 janvier), soit 54 pp. ; A12 B6 (L’Office du dimanche), soit 36 pp. ; 15 pp. non signées (Office de Sainte Geneviève..., 1822)
NOTE DE MAURICE CHALVET, à l’encre bleue, sur un feuillet libre : “Cet Office de Sainte Geneviève offert à Chateaubriand et relié à son chiffre, appartenait en dernier lieu au colonel Louis de Chateaubriand, son arrière petit neveu. Sur cette filiation, voir l’édition de la Pléiade des MOT p. 1246. L’ex-libris de Parcieu est celui du château de ce nom, dans l’Ain, où le colonel Louis s’était retiré, et où il est mort en novembre 1964. MC”
RELIURE DE L’ÉPOQUE. Maroquin rouge à grain long, décor doré, chiffre “C” couronné au centre du plat supérieur et “SG” au centre du plat inférieur, encadrement d’une roulette de fleurs de lys et de filets, dos long orné d’une même décor, tranches dorées
PROVENANCE : colonel Louis de Chateaubriand (1871-1964), arrière petit neveu de Chateaubriand (ex-libris du château de Parcieu ; note de Maurice Chalvet) -- Maurice Chalvet (L. Coulet, B. Forgeot, A. Nicolas, Chateaubriand. Livres et manuscrits, 1996, n° 164) -- Bernard Malle
En 1817, Chateaubriand fut contraint de vendre la Vallée-aux-Loups et sa bibliothèque de plus de 1.700 volumes, après avoir été rayé de la liste des Ministres d’État par Louis XVIII, et réduit pour vivre à son traitement de Pair de France. Chateaubriand reforma une bibliothèque rue d’Enfer, au premier étage de la maison qu’il acheta en 1825, à côté de l’Infirmerie Marie-Thérèse qu’avait fondée Madame de Chateaubriand six ans plus tôt. Les murs de l’appartement de le rue d’Enfer étaient recouverts de livres. En 1838, les Chateaubriand déménagèrent une troisième fois, dans un petit appartement de la rue du Bac :
“le nouvel appartement, plus petit, oblige à resserrer l’espace dévolu aux livres et c’est dans le couloir qui conduit à sa chambre/cabinet de travail que l’écrivain fait installer les éditions qu’il veut conserver. Dans la chambre elle-même, les textes sont épars sur la commode, sur la table, sur une petite étagère, nichée entre les deux fenêtres.” (Dictionnaire Chateaubriand).
Chateaubriand ne pouvait pas conserver tous ses livres glanés au cours de ses pérégrinations en France et dans ses ambassades à Berlin, Rome et Vérone. La tendance de ses bibliothèques suivit celle de ses habitats successifs : elles s’amenuisèrent. À l’inverse, le volume de son œuvre personnelle augmentait. Chateaubriand acquiert des ouvrages qui servent à documenter son travail puis s’en sépare : “sa bibliothèque ne répondait pas à une passion de collectionneur, mais à l’une des nécessités premières dans sa vie d’écrivain” (ibid). À la fin de sa vie, Chateaubriand, rédigeant ses Mémoires rue du Bac, se flattait même de ne plus posséder de livres, toute la matière du grand œuvre en cours se trouvant en lui-même. Le témoignage de ses amis dit toutefois le contraire.
Chateaubriand ne prit pas la peine de les faire relier à ses armes : “car c’est bien là le caractère essentiel de la “librairie” de Chateaubriand : elle est avant tout un instrument de travail [...] et ses volumes généralement reliés en veau fauve” (Marcel Duchemin). Chateaubriand n’avait pas non plus coutume d’apposer une signature ou un ex-libris en tête de ses exemplaires. Il est donc aujourd’hui impossible de les identifier.
Deux ouvrages, aujourd’hui connus, échappèrent cependant à cet anonymat : un Redouté frappé à ses armes, et cet Office orné de son chiffre. Ces deux exemplaires, que nous présentons ici, lui furent sans doute offerts tels quels, reliés à ses armes et chiffre. Il est certain que Chateaubriand les conserva avec lui au gré de ses déménagements. Cet Office de Sainte Geneviève, édité en 1823, trouva successivement place sur les rayonnages de la rue d’Enfer et de la rue du Bac. Il parvint à l’un de ses descendants.
En 1823, la vie de Chateaubriand est partagée entre le ministère des Affaires étrangères (fin 1822-août 1824), et une folle passion pour Cordélia de Castellane qui se poursuivra jusqu’au printemps 1824. On peut imaginer que cet exemplaire lui fut offert par une femme - hélas, non identifiée -, étant donné la finesse du décor et le choix des chiffres “C” et “SG” frappés sur chacun des plats.
Dictionnaire Chateaubriand, II, p. 61 -- Marcel Duchemin, “La Bibliothèque de Chateaubriand”, in Chateaubriand, Paris, 1938, pp. 385 et suiv.