S'ensuit le mistere de la Passion de nostre Seigneur Jésuchrist
BEL EXEMPLAIRE DES « MYSTÈRES DE LA PASSION », L’UNE DES PLUS GRANDES PIÈCES DU THÉÂTRE MÉDIÉVAL
In-8 (180 x 127mm)
Titre imprimé en rouge et noir. Initiales gravées
conforme à Bechtel : a8, b-d4, e8, f-i4, k8, l-t4, v8, x-z4, &4, ç4, A-D4, E8, F-N4, O8, P-X4, AA4, BB8, CC-II4, KK6 : 254 feuillets
ILLUSTRATION : douze figures gravées sur bois : une sur le titre [Christ en croix], une au verso [saint Jean l'Evangéliste], neuf dans le texte et la douzième au verso du dernier feuillet [armes royales]. Les neuf bois dans le texte sont les suivants : ff. - a2 [saint Jean prêchant], - c4 [tentation de Jésus], - i2 [Jaïrus et sa fille], - i3v [le Christ et la Samaritaine], - l1v [la décollation de saint Jean], - x2 [l'aveugle-né], - A4v [Jésus sur l'âne], - EE4v [la Crucifixion] et - HH4v [la descente aux enfers].
RELIURE : daim gris-vert, dos à nerfs, tranches rouges
Maurice Desjardins (ex-libris)
Le Mystère de la Passion d’Arnoul et Simon Gréban est considéré comme l’œuvre maîtresse du théâtre religieux du XVe siècle. On connaît peu de choses des frères Gréban, sinon qu’ils sont originaires du Mans, et qu’Arnoul (né avant 1420, mort vers 1485) fut un temps organiste de la Cathédrale Notre-Dame de Paris. Clément Marot a pu écrire : « Les deux Gresban ont le Mans honoré. » (Epigramme 223)
Le Mystère de la Passion fut écrit à la demande des échevins d’Abbeville et joué pour la première fois à Paris, vers 1450. Dans son état originel, il comptait près de 35.000 vers et se divisait en un prologue et quatre journées embrassant « le Commencement et la Création du monde, la Nativité, la Passion et la Résurrection de nostre sauveur Jésus-Christ »
L’œuvre des frères Gréban fut augmentée par Jehan Michel, docteur en médecine angevin (mort en 1493). Il composa sa propre Passion en y incorporant les vers de Gréban. La longueur du drame doubla et atteignit 65.000 vers divisés en dix journées. Cette nouvelle Passion présente des aspects plus plaisants que l’œuvre originale des Gréban, et même des passages profanes assez curieux comme les amours de Judas et la vie mondaine de Madeleine. Dans son état avancé, l’œuvre de Gréban-Michel finit par comprendre trois mystères qui ont été publiés ensemble ou séparément : le Mystère de la Conception, le Mystère de la Passion et le Mystère de la Résurrection. Tous trois connurent diverses éditions principalement imprimées par Jean Trepperel, Jean Jehannot, Antoine Vérard, le Petit Laurens et Alain Lotrian. Les divers Mystères de Gréban, devenus en quelque sorte la Vulgate de la Passion connurent de nombreux remaniements, ajouts et adaptations.
Bechtel ne cite que deux exemplaires de cette édition : celui conservé à la BnF (cote Rés. Yf-1602(2), et un incomplet (Paris, 14 juin 1996, n° 84)
G. Bechtel, Catalogue des gothiques français, G-209 – J.-C. Brunet, Manuel du Libraire, III, 1974


