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CHATEAUBRIAND, François-René de

De la Monarchie selon la Charte

Paris, Le Normant, 1816

LA RUPTURE AVEC LOUIS XVIII.

“CETTE PUBLICATION A ÉTÉ UNE DES GRANDES ÉPOQUES DE MA VIE POLITIQUE... LE ROI RÈGNE ET NE GOUVERNE PAS” (MÉMOIRES D’OUTRE-TOMBE).

EXEMPLAIRE TRÈS JOLIMENT RELIÉ À L’ÉPOQUE, AYANT APPARTENU À L’UNE DES GRANDES BIBLIOPHILES ET PHILANTHROPES AMÉRICAINES, GRACE WHITNEY HOFF

ÉDITION ORIGINALE

In-8 (188 x 120mm). Page de titre avec la mention “Ministre d’État”, qui fut supprimée par la suite
COLLATION : vi pp., (1) f., 304 pp.
RELIURE ANGLAISE DE L’ÉPOQUE. Maroquin vert, large encadrement floral doré sur les plats, dos long, orné et doré, tranches dorées
PROVENANCE : Grace Whitney Hoff (1862-1938 ; ex-libris armorié à la devise “Magnanimiter crucem sustine”) -- Maurice Chalvet (note au crayon sur une garde) -- Michel Bolloré (1922-1997 ; ex-libris)

Le Roi ayant décidé de maintenir un gouvernement du centre, Chateaubriand se trouva assez vite rejeté dans l’opposition. Il se rapprocha alors de la droite ultra qui venait de gagner les élections à la Chambre des députés et devint l’un des principaux porte-parole de ce parti. La rupture définitive intervint en septembre 1816 lorsqu’il publia De la Monarchie selon la Charte, ouvrage dans lequel il exposait ses positions favorables à une monarchie constitutionnelle. Ce pamphlet fut interdit le 18 septembre 1816, saisi et détruit par la police. Chateaubriand fut déchu de son poste de ministre d’État. Il perdit la plus grande part de ses revenus et se vit contraint, en 1818, de vendre la Vallée-aux-Loups, qui fut acquise par Mathieu de Montmorency.

“Mes travaux ne se bornaient pas à la tribune, si nouvelle pour moi. Épouvanté des systèmes que l’on embrassait et de l’ignorance de la France sur les principes du gouvernement représentatif, j’écrivais et je faisais imprimer La Monarchie selon la Charte. Cette publication a été une des grandes époques de ma vie politique : elle me fit prendre rang parmi les publicistes ; elle servit à fixer l’opinion sur la nature de notre gouvernement [...] La Monarchie selon la Charte est un catéchisme constitutionnel : c’est là que l’on a puisé la plupart des propositions que l’on avance comme nouvelles aujourd’hui. Ainsi ce principe, que le roi règne et ne gouverne pas, se trouve tout entier dans les chapitres IV, V, VI et VII sur la prérogative royale” (Mémoires d’outre-tombe, livre XXV).

Grace Whitney Hoff (1862-1938), née à Détroit, consacra sa fortune à des œuvres philanthropiques. En 1893, elle fut la première présidente de la Young Women’s Christian Association, œuvrant pour le droit et l’autonomie des femmes. En 1900, après son second mariage avec John Jacob Hoff, associé de la compagnie pétrolière Standard Oil, elle vécut à Paris. La France devint sa terre d’adoption. En 1906, elle fonda boulevard Saint-Michel, à Paris, le Student Hostel, ancêtre du Foyer international des étudiantes. En 1910, elle fonda la Women International Art Union, qui réunit des femmes artistes de diverses nationalités européennes. Après la guerre, elle transforma le château de Peyrieu (Ain), acheté en 1909, en une maison de retraite pour veuves de guerre. Elle réunit durant sa vie une importante collection de livres et de manuscrits, dont le catalogue, rédigé par Amédée Boinet, fut publié par Léon Gruel en 1933.

BIBLIOGRAPHIE : 

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, Paris, 1998, éd. J.-C. Berchet, t. III, livre XXV, chap. 3, pp. 27-28 -- Clouzot, Guide du bibliophile français, p. 63 -- pas dans Carteret ni dans Vicaire -- C. Patch, La Vie rayonnante et humanitaire de Grace Whitney Hoff, Argenteuil, 1934