Du triomphe inévitable et prochain des principes constitutionnels en Prusse, d’après un ouvrage imprimé, traduit de l’allemand de M. Koreff, conseiller intime de régence, par M*** avec un avant-propos et des notes de M. Benjamin Constant, député de la Sarthe
BEL ET RARE ENVOI DE BENJAMIN CONSTANT À SA FILLE NATURELLE ALBERTINE DE STAËL, DUCHESSE DE BROGLIE EN 1816 ET ISSUE DE SA LONGUE LIAISON AVEC MADAME DE STAËL.
LE FAMEUX AVANT-PROPOS MARQUE UNE ÉTAPE IMPORTANTE DANS LA THÉORISATION DE LA NOTION DE MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE PAR BENJAMIN CONSTANT : LE ROI RÈGNE SANS GOUVERNER
ÉDITION ORIGINALE
In-8 (218 x 140mm)
COLLATION : xvi, 86 pp.
ENVOI autographe de Benjamin Constant :
Madame la Duchesse
de Broglie de la part
de l'auteur
DEUX CORRECTIONS AUTOGRAPHES DE BENJAMIN CONSTANT : p. vii et p. 20, à chaque fois un seul petit mot est corrigé
BROCHÉ sous sa couverture muette d’origine en papier bleu
PROVENANCE : Albertine de Staël (1797-1838), duchesse de Broglie par son mariage avec Victor de Broglie (1785-1870) -- vente (Paris, 15 octobre 2025, n° 51)
En avril 1821, Benjamin Constant publie Du triomphe inévitable et prochain des principes constitutionnels en Prusse. L’auteur n’en est pas Johann Friedrich Benzenberg mais bien son ami le médecin David Ferdinand Koreff (1783-1851). Ce court texte et l’Avant-propos de Benjamin Constant se placent dans la lignée de deux publications, celle de 1814 intitulée Réflexions sur les constitutions, la distribution des pouvoirs et les garanties dans une monarchie constitutionnelle, et celle du Cours de politique constitutionnelle en 1818-1820. Il y fait allusion dans sa note du présent ouvrage qui définit la notion de monarchie constitutionnelle :
“Quand [il : Le Cours de politique] parut (...) on ne manqua pas de s'écrier que јe voulais faire de la royauté une abstraction, et du roi constitutionnel un vain fantôme. Comme c'est l'unique objection qui puisse séduire les esprits de bonne foi, je crois devoir rappeler ici les raisonnements qui la réfutent. Il y a dans le pouvoir monarchique deux pouvoirs, le pouvoir ministériel et le pouvoir royal. Le premier agit, l'autre maintient, conserve et en cas de besoin, il départage. Ainsi, la législation réside dans les assemblées représentatives, avec la sanction du roi. L'action réside dans les ministres, le pouvoir judiciaire dans les tribunaux. Le pouvoir royal est au-dessus, autorité neutre, qui modère les frottements et rétablit l'équilibre (...) Le pouvoir royal n'intervient que pour mettre fin à toute lutte dangereuse et pour préserver l'harmonie menacée. L'action du pouvoir ministériel est-elle dangereuse, le roi destitue les ministres ; l'action du pouvoir représentatif devient-elle funeste, le roi ajourne ou dissout les assemblées”. (Note de Constant aux pp. 39-42).
L’auteur de ce livre, le médecin David Ferdinand Koreff, est l’une des figures sympathiques de l’Europe du premier romantisme. Il contribua à établir un lien entre la Prusse de Hegel et la France du jeune Delacroix. Il était proche ami d’E. T. A. Hoffmann, des frères Humboldt et des principaux écrivains, philosophes et poètes du romantisme allemand. Plus ou moins chassé de l'entourage immédiat du chancelier Hardenberg, il arriva à Paris en 1822 où il se lia avec Delacroix, Victor Cousin, Stendhal, Mérimée, Musset, Hugo et Heinrich Heine.
Pasquale Pasquino, “Sur la théorie de la monarchie constitutionnelle de la monarchie de Juillet” : https://www.guizot.com/wp-content/uploads/1970/04/col87-Pasquino.pdf



