[CHASSE]. MARTINEZ DE ESPINAR, Alonso

Arte de ballesteria y monteria

Madrid, En la Imprenta Real, 1644

BEL ET RARE EXEMPLAIRE DE L’UN DES PRINCIPAUX LIVRES DE CHASSE ESPAGNOLS.

QUAND LA CHASSE PASSE DE L’ARC AU MOUSQUET

ÉDITION ORIGINALE

In-4 (192 x 140mm). Texte dans un encadrement gravé, initiales et fleurons gravés
COLLATION : a A-Z 2A-H82I4 §8, soit 8 ff.n.ch., 252 ff.ch., 8 ff.n.ch.
ILLUSTRATION : un titre-frontispice avec les figures de Diane et d'Adonis et les armes des rois d'Espagne, un portrait de Balthasar Carlos, fils de Philippe IV et dédicataire de l'ouvrage, un autre de l'auteur à l'âge de cinquante ans, et 5 planches, le tout gravé sur cuivre par Johannes Van Noordt, artiste flamand résidant alors à Madrid
RELIURE ESPAGNOLE DU XVIIIe s. Basane marbrée, dos long orné, tranches bleues

Quelques cahiers brunis, restaurations anciennes à la reliure

Alonso Martinez de Espinar (1588-1682) servit plus de quarante ans les rois d’Espagne Philippe III et Philippe IV en tant qu’arbalétrier (« ballestero ») et arquebusier. Son père, originaire de Baza, dans la région de Grenade, occupait déjà ces fonctions au service des deux précédents rois, Philippe II et Philippe III. Martínez de Espinar mourut à Madrid, à l’âge de quatre-vingt-quatorze ans. Son ami Velázquez (1599-1660) le représenta dans son tableau La Leçon d’équitation ou Le prince Baltasar Carlos au manège sous les traits d’un homme de profil donnant une lance au comte-duc d’Olivares.

 

L'Arte de ballestería y montería est l'un des principaux ouvrages espagnols consacrés à la chasse. La préface constitue en elle-même une “pièce” de littérature puisqu’elle fut rédigée par le grand écrivain baroque Francisco de Quevedo (1580-1645), auteur du célèbre roman picaresque d’El Buscón. Le livre est dédié au fils du roi Philippe IV, Baltasar Carlos (1629-1646), alors âgé de quinze ans au moment de sa publication, et mort prématurément.

 

L’ouvrage est divisé en trois parties. La première traite des différentes manières de chasser, des armes et de leur entretien, des munitions, des chevaux, des limiers, etc. La deuxième partie explique les comportements des animaux, les techniques de chasse, l’importance du vent. La troisième et dernière partie est entièrement consacrée au gibier à plume. Quinze chapitres notamment décrivent les différentes espèces de faucons. Malgré son titre, qui signifie « l’art du tir à l’arbalète et de la chasse », le livre aborde également la question des appâts et des pièges.

 

“The first edition of a rare classic on Spanish hunting which was written at the period when the crossbow was giving way to the musket. The work is of interest to falconers and the last of the three books into which it is divided contains fifteen chapters on falcons. On l. 204 is printed a list of names of former writers on this sport, some of which according to Harting  (p.128) are rarely quoted” (Schwerdt).

 

Les cinq gravures dans le corps du livre présentent des scènes de chasse au mousquet, à la pique et au filet : cerfs, sangliers, lièvres, canards, perdrix, etc. La dernière planche, particulièrement curieuse, montre des chasseurs s’abritant derrière un bœuf dont la tête sert d’appui au mousquet.

 

L'Arte de ballestería y montería fut réédité deux fois au milieu du XVIIIe siècle : en 1739 à Naples, ville alors sous domination espagnole ; la seconde fois à Madrid, en 1761.

 

“These extracts will serve to show the hawks known to falconers in Spain, and the Spanish names for them. Many of these names introduced by the Moors into Spain, and thence carried into France, are derived from the Arabic” (Harting). 

 

BIBLIOGRAPHIE : 

Schwerdt II, p. 16 -- Souhart col. 319-320 -- Jeanson I, n°399 -- Frank, II, p.126-127

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