TOURGUENIEFF, Ivan

Mémoires d'un seigneur russe ou Tableau de la situation actuelle des nobles et des paysans dans les provinces russes

Paris,Hachette, 1854

LA CHASSE ET L’ABOLITION DU SERVAGE.

EXEMPLAIRE DE LA TSARINE MARIA-ALEXANDROVNA, ÉPOUSE D’ALEXANDRE II LE LIBÉRATEUR.

PREMIÈRE TRADUCTION FRANÇAISE

In-12 (167 x 105 mm). Traduction d’Ernest Charrière
COLLATION : 2 ff., XII, 404 pp., 1 f. n. ch.
RELIURE DE L’ÉPOQUE. Chagrin vert, filets dorés et à froid sur les plats, riche encadrement et chiffre couronné dorés au centre, dos très orné de filets et de fleurons dorés 
PROVENANCE : Tsarine Maria Alexandrovna (1824-1880 ; chiffre sur la reliure) -- Fernand Vanderem (1864-1939 ; Paris, 1921, n° 1041) -- Docteur Armand Ripault (ex-libris, Paris, 1924, n° 251) -- Paul Voûte (1882-1955 ; ex-libris ; Paris, 1938, n° 539) -- Pierre Bergé (1930-2017 ; sa vente, Paris, 11 décembre 2015, n° 81, 21 000 € marteau) -- Hubert Lebaudy (ex-libris)

Très légère marque sur le plat supérieur

Les Mémoires d’un seigneur russe ont paru sous forme de nouvelles en revues entre 1847 et 1874, dans Le Contemporain notamment. La plupart des récits ont été composés alors qu’Ivan Tourguenieff (1818-1883) résidait en France, soit avant 1850, date à laquelle le Tsar Nicolas Ier exigea le retour de tous les Russes dans l’Empire. Auprès de George Sand, l’auteur comprit “que la chasse demeurait un bon moyen d’explorer l’imaginaire collectif commun à tous les peuples, d’en ressaisir le fonds de légendes et de croyances.”

Mais surtout, les Mémoires d’un seigneur russe apparaissent comme le début de toute une littérature dont l’objet est le peuple et ses besoins. Tourguenieff fit par exemple dialoguer les serfs dans leurs dialectes locaux. L’année de parution, 1854, correspond à la débâcle russe en Crimée. La réforme devint indispensable. Et la traduction d’Ernest Charrière insiste sur l’aspect social du texte, au-delà même de ce que l’auteur souhaitait. La traduction développe un réel réquisitoire en faveur de l’émancipation des serfs. Avec la défaite russe, les institutions du passé cessèrent à jamais de se refléter dans le présent, d’où cette idée de Mémoires plutôt que de Récits. Maria Alexandrovna (1824-1880) et son mari, le futur Alexandre II le Libérateur (1818-1881), comprirent l’obligation de réformes agraires à partir du renouveau des jeunes nobles comme Tourguenieff, qui depuis les décembristes de 1825 avaient été délaissés.

BIBLIOGRAPHIE : 

Fabienne Bergerol, La Chasse et ses drames sous la plume des romancières du début du XIXe siècle, 2021, p. 49 -- L. Carteret, Le Trésor du bibliophile, II, p. 402 -- Boutchix, Bibliographie des œuvres littéraires russes traduites en français, 1931, n° 20

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