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UZANNE, Octave

La Femme à Paris. Nos contemporaines. Notes successives sur les parisiennes de ce Temps, dans leur divers Milieux, États et Conditions.

Paris, Ancienne Maison Quentin, 1894

UN LUXE BIBLIOPHILIQUE ÉPATANT ET DÉCADENT : OCTAVE UZANNE ET PIERRE VIDAL RELIÉS PAR MARIUS MICHEL.

BELLE RELIURE FLORALE MOSAÏQUÉE

ÉDITION ORIGINALE

Grand in-4 (290 x 186mm). Titre imprimé en rouge et noir
TIRAGE UNIQUE à 110 exemplaires sur japon, celui-ci numéroté LXVIII
ILLUSTRATION : 320 illustrations de Pierre Vidal imprimées en noir ou en couleurs, en gros une par page
ILLUSTRATION AJOUTÉE : pour le tirage de luxe des 110 exemplaires sur japon, les 20 planches hors texte de Pierre Vidal dont le frontispice imprimés en noir à pleine page avec remarques et en second état avec les gravures coloriées par Frédéric Massé
ILLUSTRATION ORIGINALE AJOUTÉE : grande aquarelle sur le faux-titre signée par Pierre Vidal et datée 1897 représentant deux élégantes en promenade sur l’avenue du Bois
PIÈCE JOINTE : bulletin de souscription en double état
RELIURE MOSAÏQUÉE SIGNÉE DE MARIUS MICHEL. Maroquin bleu nuit, grand décor floral, listel dans les tons bleus et mauves représentant des lys se prologeant d’un trait mosaïqué sur le dos, dos à nerfs, doublure et garde moirée de soie rose à motif végétal, bordées de maroquin bleu à décor d’encadrement de filets dorés, SUPERBE COUVERTURE DE LÉON RUDNICKI conservée à la fin du volume, tranches dorées sur témoins. Chemise à rabats contenant en portefeuille la couverture de l’étui en soie brochée multicolore et imprimée d’une image photographique sur son plat supérieur, étui avec le dos de la couverture conservé
PROVENANCE : Antoine Vautier (ex-libris ; sa vente, 12 mai 1977, n° 376) -- Marcel Lecomte (Paris, 28 novembre 2008, lot 118)

Le rabat inférieur de la chemise a été rogné

Ce très bel ouvrage sur la parisienne de la Belle Époque cumule le luxe bibliophilique puisqu’il réunit Octave Uzanne, Pierre Vidal, Léon Rudnicki et Marius Michel. La représentation de la femme, sans doute datée, n’en propose pas moins une source de références sociologiques importantes allant d’une énumération des salaires des ouvrières jusqu’à la description précise des tenues à la mode, que ce soit pour se promener sur l’avenue du Bois ou pour chasser.

Comme dans pour ainsi dire tous les ouvrages d'Uzanne, on trouve dans celui-ci un mélange de naïveté et de mauvais goût, de vive intelligence et de surprenant discernement critique, un peu du pire et beaucoup du meilleur. Le bibliophile écrivain et raconteur y donne libre cours à sa curiosité, son intelligence, sa perspicacité. On y trouve donc des perles parmi les faiblesses inhérentes au goût bibelotier de l’auteur, issu en partie de sa manie bibliophilique dans laquelle, malgré tant d’honnêteté, de soin et de côtés séduisants, voire remarquables, et pas mal de discrimination, il ne parvient pas à séparer la bimbeloterie, le bricolage, le voyeurisme et parfois même les fausses valeurs. Dans l’un de ses ouvrages, Uzanne décrira la Parisienne moderne comme :

“la seule femme qui sache se déshabiller aussi coquettement qu'elle sait se vêtir ; la seule qui possède cette si délicate façon de se mettre au lit comme il faut… Cela est ravissant à observer… Il y a cette bravoure qui distingue en tout cette raffinée et qui fait que lorsqu'elle délace son corset, les Grâces et les amours semblent lui venir en aide.”

C’est ce ton que l’on retrouve ici au gré de cet ouvrage d’un autre temps, moment important de la bibliophilie fin de siècle.