








Acheter
Estimation d'un livre ou d'un manuscrit
Prospetto, pianta, ed elevazione dei portici che dalla città di Bologna conducono al Monte della guardia dove si venera la sacratissima immagine di Maria Vergine dipinta da San Luca
UN LIVRE DÉMESURÉ.
APPAREMMENT L’UNIQUE EXEMPLAIRE APPARU SUR LE MARCHÉ DEPUIS 1997 DE L’UNE DES ŒUVRES LES PLUS MONUMENTALES DU CHIAROSCURO.
SUPERBES GRAVURES EN DEUX COULEURS REPRÉSENTANT L’UNE DES MERVEILLES ARCHITECTURALES DE BOLOGNE ET DE L’ITALIE, ENCORE VISIBLE AUJOURD’HUI : LE PORTICO DI SAN LUCA.
MIS BOUT À BOUT CE PANORAMA DE GRAVURES EN DEUX COULEURS SERAIT LONG DE 56 MÈTRES.
EXEMPLAIRE DE CARLO ALBERTO CHIESA PUIS DE GIANNALISA FELTRINELLI
ÉDITION ORIGINALE
In-folio (407 x 300mm)
COLLATION : frontispice, 2 ff. de titre et de dédicace au lecteur, 2 ff., Catalogo dei Devoti, ceux qui ont contribué au financement de la colonnade dont les armoiries figurent sur les gravures, 112 pp., 1 f.
ILLUSTRATION : un frontispice gravé imprimé en deux couleurs et 113 planches gravées sur bois et imprimées en deux tons, dont 3 repliées et 110 à double page. Cinq des planches comportent des pièces de rapport imprimées, décrivant les circonstances et l’état d’avancement des constructions représentées, toutes les gravures portent des inscriptions manuscrites à leur pied
RELIURE DE L’ÉPOQUE. Parchemin ivoire, dos à nerfs, titre manuscrit à l’encre noire sur le dos et cote “A 164” en queue du dos. Boîte
PROVENANCE : Carlo Alberto Chiesa (fichier Berès, $12.500 en 1973 et vendu à :) -- Giannalisa Feltrinelli (1903-1981 ; ex-libris ; Londres, 3 décembre 1997, n° 252)
Cet ouvrage, unique dans son genre, illustre la longue voie à portiques de Bologne, de près de 3,8 kilomètres, allant de la porte de Saragosse au mont de la Garde, où se trouve le sanctuaire de la Madone de saint Luc contenant une peinture de la Vierge que saint Luc, patron des peintres, aurait composée lui-même.. Ce portique comporte entre 658 et 666 arches peintes en rouge - la couleur de la ville de Bologne - d’où le ton bistre des gravures. Mises bout à bout et sorties du livre, celles-ci formeraient une sorte de panorama complet sur près de cinquante-six mètres, l’un des plus longs existant au monde. Il représente tous les portiques qui comportent chacun un écu destiné à recevoir les armes des personnages ayant contribué à la construction de cette voie. C’est la représentation d’une des plus grandes beautés d’architecture monumentale de Bologne.
Les portiques qui jalonnent cette voie furent construits par souscription des habitants de Bologne, de toute classe sociale, et chaque arc fut offert par une confrérie, une famille ou un noble. Commencée en 1646, la construction ne fut définitivement terminée qu’en 1793. Un premier projet, élaboré par Camillo Saccenti en 1655, est abandonné pour des raisons économiques, mais repris en 1673 par un groupe de citoyens de Bologne. Un comité est créé pour recueillir les fonds nécessaires à la construction, qui s'étale entre 1674 à 1721 sous la direction de l'architecte Giovanni Giacomo Monti (1620-1692). À sa mort en 1692, les travaux sont achevés par Francesco Monti Bendini et Carlo Francesco Dotti, qui conçoit l'Arco del Meloncello en 1721. On peut donc penser que ce merveilleux ouvrage devait servir de prospectus destiné à recueillir les fonds nécessaires à la réalisation et à l’embellissement de ces portiques.
Le sanctuaire de la Madone de saint Luc se dresse au mont dit de la Garde, où jadis se tenait un des postes de garde de la ville. À l’endroit où s’élève l’église, les deux filles d’un certain Rambertino de’Guenzi, Azzolina et Béatrice, firent bâtir un petit monument contenant une image peinte de la Vierge à l’Enfant, qui, transférée à Byzance lors de l’invasion sarrasine, fut ramenée, selon la tradition, à Bologne en l’an 1160 par un pèlerin. En 1198, Angelica Bonfantini fit ériger une église, restaurée en 1306 et 1481, et la chapelle majeure en 1706.
L’ouvrage montre l’église telle qu’elle était à la fin du XVIIe siècle. Par la suite, le sanctuaire fut entièrement refait par Carlo Francesco Dotti d’après les dessins de G.B. Sacchi. Ferreri, peintre et surtout sculpteur (1673-1744), fut l’élève à Bologne de Giuseppe Zuzzi mais travailla ensuite à Ferrare. Le graveur sur bois bolonais Giuseppe Maria Moretti (1659-1746) travailla également à Venise.
Ce livre est resté inconnu à tous les bibliographes, y compris même au monumental ouvrage d’Anton Reichel (Die Clair-Obscur-Schnitte des XVI., XVII. und XVIII. Jahrhunderts, 1926). La technique de la gravure en deux couleurs, ou chiaroscuro, était connue et pratiquée dès le XVIe siècle en Allemagne et en Italie. Mais c’est surtout à Venise à partir de 1720 dans l’entourage du collectionneur érudit Anton Maria Zanetti que cette technique magnifique connut son principal usage. L’ouvrage d’Andrea Ferreri et Giuseppe Maria Moretti serait donc le précurseur immédiat et méconnu de ce nouveau développement.
L’ouvrage est absent de la monumentale exposition du Museo Civico de Bologne (septembre-novembre 1979) intitulée Architettura, scenografia. Pittura di paesaggio. Lors d’une autre exposition, tenue à Bologne en 2016 et intitulée La Madonna Grassa nel Portico di San Luca. Andrea Ferreri scultore / architetto, l’ouvrage de Ferreri n’était représenté que par l’exemplaire en feuilles conservé à l’Archivio del Santuario della Beata Vergine di San Luca.
Aucun exemplaire n’apparaît sur le catalogue informatisé des quatre cents bibliothèques italiennes (ICCU-OPAC SBN). Aucun exemplaire n’apparaît sur vialibri tant dans les grandes bibliothèques nationales (ni à la Bibliothèque nationale, ni à la British Library, ni à la Library of Congress, ni, chose curieuse, à la Bibliothèque Vaticane) que dans celles des grandes universités américaines. Cet ouvrage manque également au Getty. Depuis la vente Feltrinelli (1997), aucun exemplaire n’est apparu sur le marché des ventes aux enchères. La seule référence du fichier Berès est celle de Carlo Alberto Chiesa en 1973 ($12.500, cité supra). Nous ne résistons pas au plaisir de citer la fiche de Carlo Alberto Chiesa telle que conservée dans le fichier Berès et plus sûre dans ses sources que les sites internet d’aujourd’hui :
“Edizione originale rarissima di questa preziosa opera stampata in chiaro scuro apparentemente sconosciuta ai bibliografi : manca a Brunet, a Graesse, a Cigognara, a Vinet, all’Ornamentstichsammlung der Berlin, al Lozzi, allo Schlosser, al Wittkover, al Thieme-Becker, (e a tutti i riferimenti bibliografici che cita), al Benezit, al Bartsch, al Passavant ecc. ecc. Non et noto alcun esemplare nelle principali Bibliotheche Pubbliche di Milano, Torino, Venezia, Bologna, Firenze, Roma e Napoli. A Bologna in particolare abbiamo consultato le seguenti Biblioteche : a) Biblioteca di Belle Arti ; b) Biblioteca Universitaria ; c) Biblioteca della Curia Provinciale dei Frati Minori Conventuali ; d) Biblioteca del Seminario Regionale Benedetto XV ; e) Biblioteca del Collegio di Spagna ; f) Biblioteca dell’Archiginnasio ; g) Biblioteca della Cassa di Risparmio ; h) Biblioteca del Convento dell’Osservanza di S. Paolo in Monte ; i) Biblioteca del Collegio di S. Luigi dei Barnabiti ; j) Biblioteca del Frati Minori Capuccini.”
On ne peut mieux éloquemment souligner l’extrême rareté de cet exemplaire remarquable dans l’histoire du livre illustré et du livre imprimé en couleurs, comme dans celle de l’architecture et des arts décoratifs européens.
https://www.archibo.it/sites/default/files/Catalogo%20MG_ISBN.pdf