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CHATEAUBRIAND, François-René de

Atala, ou les amours de deux sauvages dans le désert

Paris, Migneret, An IX (1801)

EXEMPLAIRE RELIÉ EN MAROQUIN CITRON DE L’ÉPOQUE AU CHIFFRE D’AGLAÉ DE MESNARD, FILLE DU PLUS FIDÈLE AMI DU DUC DE BERRY.

“LES EXEMPLAIRES D’ATALA AYANT UNE PARTICULARITÉ DE RELIURE OU DE PROVENANCE SONT RARES. CELUI-CI EST LE PLUS CHARMANT QUI SOIT” (MAURICE CHALVET).

“Troisième édition, revue et corrigée”

In-12 (126 x 79mm)
COLLATION : XXIV pp., 207 pp.
TIRAGE : exemplaire sur papier vélin
NOTE AUTOGRAPHE DE MAURICE CHALVET, à l’encre bleue, sur un feuillet volant : “Atala. Troisième éd. Exemplaire d’Aglaé de Mesnard fille de Louis-Charles, comte de Mesnard, premier écuyer de la duchesse de Berry. Elle avait neuf ans quand ce volume lui fut offert, étant née le 7 août 1807. Mariée le 27 juin 1825 à Louis Ludovic Le Peletier, comte puis marquis de Rosanbo. Morte en 1836. L’exemplaire est en papier vélin. Le joli décor de la reliure composé de roses avec papillons aux angles, est poussé à l’or blanc. Les exemplaires d’Atala ayant une particularité de reliure ou de provenance sont rares. Celui-ci est le plus charmant qui soit. MC”
EX-DONO, à l’encre brune sur la garde : “donné à Aglaé par Ernestine, le 31 janvier 1816. Paris”
RELIURE DE L’ÉPOQUE. Maroquin citron, décor doré, chiffre sur le plat supérieur, encadrement de filets et d’une roulette à motif de roses et de papillons, dos long orné, tranches dorées
PROVENANCE : Aglaé de Mesnard (chiffre sur le plat supérieur ; ex-dono sur la garde ; fragment de papier sur lequel est écrit, par une main contemporaine : “Aglae [sic] de Mesnard”) -- Bernard Malle (cachet)

Le relieur a inversé deux feuillets de la préface

Chateaubriand précise dans l’Avis ouvrant cette édition : “J’apprends dans le moment qu’on vient de découvrir à Paris une contrefaçon des deux premières éditions d’Atala, et qu’il s’en fait plusieurs autres à Nancy et à Strasbourg. J’espère que le public voudra bien n’acheter ce petit ouvrage, que chez Migneret et à l’ancienne Librairie de Dupont.

Charles de Mesnard (1769-1842) fut l’un des plus fervents soutiens du duc et de la duchesse de Berry. Il servit l’armée des Princes lors de la Révolution, et se retira à Londres, auprès du duc de Berry, pendant le premier empire. Il accueillit la duchesse de Berry en 1816, à son arrivée en France, à Marseille, et devint son Premier écuyer. Il se trouvait aux côtés du duc de Berry au moment de son assassinat, dans la nuit du 13 février 1820. L’épisode est rapporté par Chateaubriand dans les Mémoires d’outre-tombe :

“Poussé par l’assassin sur M. le comte de Mesnard, le Prince porta la main sur le côté où il n’avait cru recevoir qu’une contusion, et tout à coup il dit : “Je suis assassiné ! Cet homme m’a tué !”. “Seriez-vous blessé, monseigneur ?” s’écrie le comte de Mesnard. Et le prince répliqua d’une voix forte: “Je suis mort, je suis mort, je tiens le poignard!” [...] Le Prince avait retiré le couteau de son sein et l’avait donné à M. de Mesnard, l’ami de son exil”.

Le comte de Mesnard fut par la suite nommé aide de camp du jeune duc de Bordeaux et gouverneur de Rosny. Il suivit la duchesse de Berry lors de son exil en Angleterre, avant d'être arrêté lors de la tentative d'insurrection du camp légitimiste en 1832, et incarcéré avec elle à Blaye.

BIBLIOGRAPHIE : 

L. Coulet, B. Forgeot, A. Nicolas, Chateaubriand. Livres et manuscrits... de la collection Maurice Chalvet, Paris 1996, n° 4