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CHATEAUBRIAND, François-René de

Congrès de Vérone. Guerre d’Espagne. Négociations. Colonies espagnoles

Paris, Delloye, Leipzig, Brockhaus et Avenarius,1838

TRÈS REMARQUABLE ET CÉLÈBRE EXEMPLAIRE AVEC ENVOI FAMILIAL, INTIME, À UNE COUSINE GERMAINE DE CHATEAUBRIAND, CITÉE DÈS LA PREMIÈRE PAGE DE LA VIE DE RANCÉ : MADEMOISELLE C. D’ACOSTA.

PROVENANCES FORMIDABLES : MAURICE GOUDEKET, MAURICE CHALVET PUIS BERNARD MALLE

ÉDITION ORIGINALE.

2 volumes in-8 (212 x 130mm)
COLLATION : (vol. 1) : π4 1-308 314, soit (2) ff., IV pp., 488 pp. ; (vol. 2) : π2 1-308, soit (2) ff., 476 pp., (2) ff. (catalogue de l’éditeur)
ENVOI autographe signé sur le feuillet de faux-titre du tome I, à l’encre brune :

Hommage à Mademoiselle C

d’Acosta

Chateaubriand 

RELIURES DE L'ÉPOQUE. Dos longs ornés en veau bleu, plats de papier marbré, tranches mouchetées
PROVENANCE : C. d’Acosta -- exemplaire Duchemin (Bernard Malle, note) -- Maurice Goudeket (cat. 1961, n° 119) -- Maurice Chalvet (étiquette) -- Bernard Malle

Quelques éclats aux dos. Quelques rousseurs

Le Congrès de Vérone offrait au lecteur un avant-goût de ce que seraient les Mémoires d’outre-tombe. Mais ses lecteurs furent rares. Ce livre relate les événements politiques de 1822 à 1824, période pendant laquelle Chateaubriand était ministre des Affaires étrangères. On trouve, parmi les passages remarquables, les portraits de Louis XVIII, du tsar Alexandre, la visite de Chateaubriand à Charles X, ainsi que des pages célèbres sur Waterloo.

“Le Congrès de Vérone est une œuvre oubliée de Chateaubriand. Plaidoyer paru en 1838 en faveur de son action comme ministre des Affaires étrangères au moment de la guerre d’Espagne de 1823, et plus largement en faveur de la Restauration, l’ouvrage n’eut aucun succès. Objet des critiques de la Gauche, qui lui reprochait d’avoir mené en Espagne une guerre visant à renverser un régime constitutionnel, et de la Droite qui l’accusait d’avoir, par son hostilité à Villèle, affaibli la monarchie, Chateaubriand n’a pas convaincu ses contemporains. Le lecteur est aujourd’hui en face d’un chef-d’œuvre, véritable morceau des Mémoires d’Outre-tombe. On y retrouve le style éblouissant de l’écrivain, la verve du polémiste, l’imagination du poète. L’ouvrage contient de nombreux passages des Mémoires, Chateaubriand ayant hésité longtemps à réintégrer ce texte dans son œuvre majeure.” (Jacques-Alain de Sédouy)

On connaît ces lignes de la première page de l’Avertissement de la Vie de Rancé :

“Lorsque j'allois voir, il y a plus de vingt ans, Mlles d'Acosta (cousines de Mme de Chateaubriand, alors au nombre de quatre, et qui ne sont plus que deux), je rencontrais, rue du Petit-Bourbon, un prêtre vêtu d'une soutane relevée dans ses poches ; une calotte noire à l’italienne lui relevait la tête ; il s’appuyait sur une canne, et allait en marmottant son bréviaire”…

La confession de René à l’abbé Séguin, cette “proie des pauvres” au fameux “chat jaune” célébré par Roland Barthes, allait engendrer l’écriture de l’un ses chefs-d’œuvre : la Vie de Rancé. Sur le chemin de Mlles d’Acosta, Chateaubriand croisa l’abbé Séguin. Ces quatre sœurs évoquent aussi un monde disparu. Les ressources généalogiques d’internet offrent peu de secours. On connaît au moins le prénom de l’une d’elles, Bonne, puisque Chateaubriand lui écrivit plusieurs lettres. Lorsqu’il est nommé ambassadeur à Rome en juin 1828. Bonne d’Acosta prend en main l’Infirmerie Marie-Thérèse fondé par la vicomtesse de Chateaubriand.

Céleste Buisson de La Vigne (1775-1847) fut en effet la courageuse femme de François-René, tous deux mariés dans la cathédrale de Saint-Malo le 19 mars 1792. Elle était fille d’Alexis Jacques Buisson de la Vigne (1740-1780) et d’Anne-Céleste Rapion de La Placelière (1752-1777). Le père de sa mère, Thomas Auguste Rapion de La Placelière (1713-1755), capitaine de la Compagnie des Indes et originaire de Lorient, avait eu deux autres sœurs dont l’une, Jeanne-Françoise, épousa un autre noble breton, Pierre Jacques d’Acosta, dont on ne sait pas grand chose, si ce n’est qu’il fut père des quatre sœurs d’Acosta. Ces sœurs étaient donc les cousines germaines de Mme de Chateaubriand. Il s’agit ainsi d’un envoi familial, intime, bien rare chez Chateaubriand.

BIBLIOGRAPHIE : 

L. Carteret, Le Trésor du bibliophile, I, p. 163 -- Clouzot, Guide du bibliophile français, p. 66 : "Texte dont l'importance a fini par apparaître. C'est en effet une partie, et non négligeable, des Mémoires d'outre-tombe" -- Jacques-Alain de Sédouy, “Le Congrès de Vérone de Chateaubriand”, Revue des Deux Mondes, juil.-août 2014, pp. 101-109 -- l’œuvre a été republiée en 2014 par les éditions Champion avec une préface de Béatrice Didier -- Jacques-Alain de Sédouy, Madame de Chateaubriand, Paris, Perrin, 1996, p. 160