Vendu
Vendu
Rechercher / Vendre ce livre
Estimation d'un livre ou d'un manuscrit
RÉCAMIER, Juliette

[Carnet intime]

Albano, 1813, septembre

FORMIDABLE CARNET INTIME ET MÉLANCOLIQUE DE JULIETTE RÉCAMIER : PETIT JOURNAL PERSONNEL, AUTOGRAPHE, ÉCRIT DURANT SON EXIL ROMAIN DEPUIS ALBANO OÙ CANOVA FIT SON CÉLÈBRE PORTRAIT SCULPTÉ

12 pages manuscrites et autographes, encre brune (145 x 95mm)

“France, où j’ai commencé de respirer le jour

France, mon cher pays et mon premier amour

Albano septembre 1813

Me voici à Albano, entourée de souvenirs et de poésie, je ne puis m’empêcher de rapporter mes pensées vers cette France que j’ai peut-être quittée sans retour (...) vers cette terre où tant d’affection m’entouraient et d’où me bannit la volonté d’un homme (...) le passé seul peut remplir mon âme, me le retracer est un besoin, je me croirai peut-être encore au milieu de tout ce que j’aime, en cherchant à retracer chaque époque de ma vie”...

RELIURE STRICTEMENT DE L’ÉPOQUE SIGNÉE DE OU VENDUE PAR TERZUOLO (étiquette). Maroquin rouge à grain long, encadrement d’un double filet estampé à froid, dos lisse, doublure et gardes de soie verte, tranches dorées
PROVENANCE : Édouard Herriot (1872-1957)

Juliette Récamier et son mari vivaient rue du Mont-Blanc (ancien nom de la rue de la Chaussée-d'Antin), dans leur luxueux et célèbre hôtel particulier. Le Papetier Terzuolo écrit dans l’étiquette collée au contreplat qu’il exerce “rue du Mont-Blanc au coin de celle neuve des Mathurins”, soit à deux pas.

Durant l'hiver de 1802-1803, le salon de Mme Récamier est au sommet de sa gloire ; elle reçoit le lundi chez elle. Le luxueux mobilier de sa chambre est conservé au Louvre. Bonaparte, ulcéré par un organe de pouvoir tout féminin, décida de fermer ce salon contestataire en 1811.

Évoquant le séjour romain de Juliette Récamier et le fameux pêcheur d’Albano, Chateaubriand se souvient du sien à l’époque de la mort de Pauline de Beaumont, il écrit :

“Mon souvenir vague, à peine ébauché dans les pensées de madame Récamier, lui apparaissait-il au milieu des steppes du Tibre et de l’Anio ? J’avais déjà passé à travers ces solitudes mélancoliques ; j’y avais laissé une tombe honorée des larmes des amis de Juliette. Lorsque la fille de M. de Montmorin (madame de Beaumont) mourut en 1803, madame de Staël et M. Necker m’écrivaient des lettres de regrets ; on a vu ces lettres. Ainsi je recevais à Rome, avant presque d’avoir connu madame Récamier, des lettres datées de Coppet ; c’est le premier indice d’une affinité de destinée. Madame Récamier m’a dit aussi que ma lettre de 1804 à M. de Fontanes lui servait de guide en 1814, et qu’elle relisait assez souvent ce passage :

“Quiconque n’a plus de lien dans la vie doit venir demeurer à Rome. Là, il trouvera pour société une terre qui nourrira ses réflexions et occupera son cœur, et des promenades qui lui diront toujours quelque chose.” (MOT)