Carte postale signée “Auguste” adressée à “Willem” [Apollinaire]
APOLLINAIRE À STAVELOT.
UNE DES PLUS ANCIENNES LETTRES AUJOURD’HUI CONNUES DE LA CORRESPONDANCE D’APOLLINAIRE.
AVEC UNE PHOTOGRAPHIE ORIGINALE REPRÉSENTANT APOLLINAIRE ET SON PREMIER AMOUR, MARIE DUBOIS DITE MAREYE.
EXEMPLAIRE D’APOLLINAIRE
Carte postale signée (90 x 138mm). Deux cachets postaux : Liège 31 août ; Stavelot 1er sept. 1899
TRANSCRIPTION :
Cher Willem
Je viens renouveler mon invitation. Je vous attends pour dimanche 3 septembre à l’arrivée du train de 6h14. Je te remercie ainsi que tous pour les bons souhaits que vous m’avez envoyés. Je comptais aller à Stavelot cette semaine mais c’est impossible. Donc en attendant, fais des compliments à tous.
Je reste ton ami
Auguste
Très pressé
ADRESSE inscrite au verso : À Monsieur Constan. Pour M. Willem. Rue Neuve. StavelotILLUSTRATION à mi-page au recto de la carte-postale : reproduction d’une photographie représentant les ruines du vieux château de Stavelot
PIÈCE JOINTE : photographie originale (23 x 34mm) représentant Guillaume Apollinaire et Marie Dubois
PROVENANCE : archives de Guillaume Apollinaire -- puis sa femme, Jacqueline Apollinaire (1891-1967), qui les conserva jusqu’à sa mort dans leur appartement au 6e étage du 202 boulevard Saint-Germain (Paris, 31 mars 2011, lot 45)
Les documents conservés de ce séjour à Stavelot, au sud-est de Liège, de juillet à octobre 1899, sont particulièrement rares. Apollinaire s’éprit d’une jeune femme nommée Marie Dubois (ou Mareye en flamand), fille de tenanciers, âgée de dix-huit ans, et qui lui inspira des poèmes d’amour considérés comme sa naissance véritable à la poésie. La petite photographie contrecollée sur la carte postale montre côte à côte Apollinaire et son premier amour. On connaît d’autres photographies de Mareye puisqu’elle avait servi de modèle, avec sa sœur, pour des cartes postales illustrant des costumes folkloriques locaux. Elle fut l’inspiratrice d’au moins huit poèmes du jeune Apollinaire qui laissent déjà percevoir les traits du mal-aimé et sa si singulière maîtrise du verbe :
“S'en est allée l'amante
Au village voisin malgré la pluie
Sans son amant s'en est allée l'amante
Pour danser avec un autre que lui
Les femmes mentent mentent”
(Le Guetteur mélancolique)
Victor Martin-Schmets, Apollinaire. Correspondance générale.Lettres reçues, I, Paris, 2018, p. 98 -- Dictionnaire Apollinaire, Paris, 2020, p. 314
