À la Recherche du Temps perdu
ENVOI DE PROUST À ANDRÉ BEAUNIER, L'UN DES PREMIERS À AVOIR COMPRIS SON OEUVRE ET À L'AVOIR DÉFENDUE.
AVEC DEUX MERVEILLEUSES LETTRES PORTANT SUR L'ARCHITECTURE ET LE CHOIX DES TITRES DE LA RECHERCHE :
1. LETTRE AUTOGRAPHE DE PROUST À BEAUNIER. ELLE COMPTE PARMI LES PLUS IMPORTANTES CONCERNANT L’ORGANISATION DE LA RECHERCHE EN VOLUMES ET PARTIES.
2. LA RÉPONSE DE BEAUNIER À LA LETTRE PRÉCÉDENTE DE PROUST. DANS CETTE LETTRE INCONNUE DE KOLB, BEAUNIER RÉPOND DE FAÇON LAPIDAIRE À LA DEMANDE DE PROUST, EN COMPOSANT LA PAGE D’ANNONCE DE LA PARUTION DES FUTURS VOLUMES DE LA RECHERCHE
ÉDITION ORIGINALE, y compris Du Côté de chez Swann, édité par Grasset en 1913, avec la faute “GrassIet”
13 volumes in-8 (188 x 125m) et in-12 (185 x 114mm)
TIRAGE : tous les volumes sont imprimés sur vélin pur fil Lafuma-Navarre, hormis Du Côté de chez Swann et À l’ombre des jeunes filles en fleurs imprimés sur papier ordinaire
ENVOI (inédit, sur À l’ombre des jeunes filles en fleurs) :
À André Beaunier.
Souvenir d’un ami que la maladie seule a écarté de lui
et qui se souvient affectueusement, admirativement.
Marcel Proust
PIÈCES JOINTES :
1. lettre autographe signée de Marcel Proust à André Beaunier, après le 15 octobre 1913. 4 pages in-8 :
Cher ami,
Est-ce que vous seriez assez gentil pour me renseigner sur un point de grammaire, et c'est fort urgent. L'ouvrage que je fais paraître s'appelle : "Du côté de chez Swann". Mais il y a un titre général : "A la Recherche du Temps Perdu". Et ce même titre figurera en tête des 2 volumes qui paraîtront plus tard et qui s'appelleront (c'est au moins leur titre provisoire) : Le Côté de Guermantes ; et le Temps Retrouvé.
A la fin de "Du Côté de chez Swann", je veux annoncer qu'il y aura encore 2 volumes. J'avais mis "A la Recherche du Temps perdu comprendra encore deux volumes qui paraîtront etc". Mais je trouve que cela donne à "Du Côté de chez Swann" trop l'air de n'être qu'un premier volume alors que je veux lui donner l'air (un peu) d'être un tout, tout en étant une partie. Il me semble que ce seret [sic] mieux marqué, si je disais : "Du Côté de chez Swann aura une suite (au lieu de A la Recherche du Temps perdu comprendra encore 2 volumes) aura une suite qui… et c'est ici que je voudrais que vous me disiez "composée de 2 volumes qui paraîtront en 1914, le Temps retrouvé etc." Mais quel est le mot, ce n'est pas composé qu'il faut dire. Quel terme employer ? De plus comment marquer qu'ils paraîtront séparément ? Cher ami, que vous seriez gentil de me dire cela avant que je renvoie mes épreuves, c'est-à-dire… tout de suite ! Votre reconnaissant Marcel Proust P. S. Je ne vous parle pas du merveilleux livre que vous m'avez envoyé pour ne pas mêler les choses intéressées aux beautés durables"
2. lettre autographe signée d’André Beaunier à Marcel Proust, datée du 23 octobre 1913. Une page in-12, papier à en-tête du Figaro :
Cher ami,
en grande hâte, alors ; et, si vite, avec peu de réflexion.
Je mettrais :
Pour paraître en 1914 :
- À la recherche du temps perdu, - Le coté de…
- À la recherche du temps perdu, - Le temps retrouvé…
Il me semble que je crois bien que je suis sûr que je mettrais cela. Mais aurais-je raison ?…
Ou bien :
Pour paraître en 1914 :
À la recherche du temps perdu
Le côté de…
et
Le temps retrouvé
Sinon affectueusement. Mais quand vous reverrai-je ?
André Beaunier
RELIURES VERS 1930-1950 : dos et coins de maroquin brun, dos à nerfs, filets dorés en encadrement, plats de papier marbré, tranches supérieures dorées, non rognés, couvertures et dos conservés, quatre ff. publicitaires pour Swann et deux ff. d'errata pour Guermantes I
PROVENANCE : pour les livres : librairie Pierre Berès (cat. 56, n° 462) -- Sotheby’s (Paris, 15 mai 2012, n° 178) ; pour les manuscrits : Galerie F. Castaing et Sotheby's
André Beaunier (1869-1925), écrivain et critique dramatique, soutint dès 1903 les entreprises littéraires du jeune Marcel Proust. Il fit paraître trois articles élogieux dans Le Figaro pour saluer les "belles traductions" que Proust avait faites de Ruskin. Beaunier comparait notamment la lecture de Ruskin par Proust à celle de Plutarque par Montaigne. A partir de 1909, Proust entre dans l’ébauche d'A la Recherche du temps perdu. Ses échanges épistolaires avec Beaunier et leur admiration réciproque s’intensifient. Proust alla jusqu’à prêter ses fameux "Cahiers" dits de Combray à Beaunier, afin que ce "juge sévère se rendît compte si cela pouvait paraître" (lettre du 27 avril 1910). Proust confie à Beaunier, grand connaisseur de la Grèce antique : "vos voyages et vos livres sont une consolation pour ma solitude" (20 décembre 1912).
Certaines lettres de leur correspondance concernent directement l’élaboration du grand roman de Proust. Notamment cette remarquable lettre du 15 octobre 1913 que Proust envoya à Beaunier, moins d’un mois avant la parution de Du Côté de chez Swann (voir pièce jointe). Elle fut écrite durant la période de gestation, de travail intense et de corrections du dernier jeu d'épreuves du premier volume d’À la Recherche du temps perdu (Swann paraîtra en novembre). Avec une extraordinaire concision, Proust confie à André Beaunier sa préoccupation du choix des titres, et, à travers elle, celle de la construction architecturale de son oeuvre. Cette œuvre contient La Recherche en condensé. Elle est en quelque sorte l’aboutissement de quinze années de réflexion et le coup d’envoi d’une des plus grandes entreprises littéraires du XXe siècle. La réponse d’André Beaunier est encore plus concise que celle de Proust. Elle était restée jusqu’alors inconnue. Proust évoquait bien cette réponse de Beaunier : “je vous ai infiniment de reconnaissance pour le bon conseil que vous m’avez donné et que je vais suivre immédiatement. Je mettrai ce que vous me dîtes, exactement” (Kolb, XII, 126). Kolb soupçonnait donc l’existence d’une telle lettre sans la connaître comme il l’indique dans une note de bas de page : “Beaunier a du répondre à la lettre précédente du même au même en conseillant à Proust de décrire son oeuvre comme une trilogie”. (ibid.). Cette réponse retrouvée de Beaunier à Proust se situe donc entre la lettre Kolb XII,125 (cf. la première jointe à cet exemplaire) et la Kolb XII,126
En décembre 1913, un mois après la parution de Du Côté de chez Swann, Proust révélera à Beaunier : "J’ai refait tout le début de mon premier volume (tout ce que vous aviez lu en cahiers) pour tenir compte d’une critique de vous. Je me sens disposé à faire de même pour les autres volumes (vous voyez que je ne paraîtrai pas avant dix ans)" (lettre du 9 décembre 1913). Il avoue à Beaunier qu’il a "mis beaucoup de temps à refaire, sur [ses] indications, [son] livre" (ibid.).
Voici un aperçu des treize lettres et envois aujourd'hui connus de Marcel Proust à André Beaunier
La première lettre de leur correspondance aujourd'hui connue date de 1905 (il y en eut probablement avant), et la dernière de 1919. La lettre jointe à cet exemplaire et sa réponse (que nous numérotons Lettres 4 et 4 bis), ainsi que l’envoi sur A l’ombre des jeunes filles en fleurs (Lettre 12, inédit) forment le cœur de leur correspondance aujourd’hui connue, et certainement de leur relation amicale et intellectuelle. Marcel Proust adressa sans aucun doute, à André Beaunier, tous les volumes parus de son vivant d’A la recherche du temps perdu. Un seul a été à ce jour retrouvé.
André Beaunier comprend tout de suite, et mieux qu’aucun autre, la force singulière du style de Proust quand il découvre ses traductions, mêlant fidélité et inventivité. C’est pourquoi Gaston Calmette, directeur du Figaro et futur dédicataire de Du côté de chez Swann - le sollicite pour publier une série d’articles (il y en aruar trois) en première page de son journal. Le 5 juin 1906 est publié le premier article dithyrambique de Beaunier sur Proust :
« M. Marcel Proust.
L’un de nos écrivains les plus délicats, les plus fins. Prosateur et poète. Esprit subtil, inquiet, parce qu’il a le juste souci d’une pensée tout à fait choisie et des mots les meilleurs pour revêtir exactement ce fragile objet d’art qu’est une idée excellente. Marcel Proust a le goût de la perfection : cela ne rend pas la vie commode.
Il a entrepris de traduire et de commenter John Ruskin. On connaît sa Bible d’Amiens. Il vient de donner Sésame et les Lys. Ses traductions sont très fidèles et d’une telle qualité qu’elles ajoutent à la belle œuvre ruskinienne une belle œuvre française. Le commentaire est une merveille d’érudition sûre, attentive, méticuleuse, allègre cependant, libre, charmant et que ne charge pas son abondance incomparable. Un érudit qui, en même temps, sait être un essayiste, quoi de plus rare, de plus précieux ? » (Kolb VI, 62, n.2)
(lettre 1) Marcel Proust à André Beaunier, 6 juin 1905 (Kolb VI, 63, Coll. Université de Chicago). Marcel Proust remercie André Beaunier pour cet article : « Cher ami que peut-on faire pour remercier de choses pareilles ? »
Le 14 juin, André Beaunier publie un nouvel et long article sur Proust, sur deux colonnes, en première page du Figaro :
« Attentif au moindre détail de la phrase, et comme à son accent, et, pour ainsi dire, à son impulsion première ainsi qu’à ses détours, il est fidèle et il réussit à écrire, en français excellent, du Ruskin. C’est le modèle d’une traduction bien faite, un chef d’œuvre d’intelligente docilité, une étonnante réussite […] Il lit Ruskin un peu comme Montaigne lisait Plutarque : il « essaye », au contact d’une autre pensée, sa pensée » (voir Kolb VI, 69, n.2)
Marcel Proust confie à Robert Dreyfus qu’il est gêné que Gaston Calmette ait à nouveau sollicité Beaunier : « Tant de choses sur une traduction ! J’ai peur que Beaunier ne me prenne en grippe et je l’aime tant que cela me ferait énormément de peine » (20 juin 1906, voir Kolb VI, 76, coll. BnF).
1er juillet 1907 : Proust donne son fameux premier dîner à l’hôtel du Ritz. Parmi les quelques bourgeois siégeant au milieu des aristocrates, se trouvent Gaston Calmette et André Beaunier. La liste des invités est connue par un fragment de lettres de Marcel Proust à Reynaldo Hahn, datant du 3 juillet 1907.
Novembre-décembre1909 : Proust travaille d’arrache-pied pour achever la première partie de son roman qu’il a promise au Figaro. Il calcule que l’œuvre fera trois volumes. Dans les premiers jours de décembre, il fait porter les trois cahiers manuscrits autographes de Combray au journal Le Figaro : non pas à Gaston Calmette mais à André Beaunier dont il souhaite avoir l’avis. Beaunier a donc la primeur de lire, sur le manuscrit même de Proust, le volume de ce qui deviendra A la recherche du temps perdu. Beaunier conseille à Proust de retravailler le début de son roman. La lettre de Beaunier n’a pas été retrouvée mais nous l’apprenons par une lettre ultérieure de Proust (infra Lettre 9). Proust juge le conseil de Beaunier judicieux et le suit.
(lettre 2) Le 16 avril 1911, Marcel Proust écrit une lettre à André Beaunier en remerciement d’un livre que le journaliste lui a adressé, Visages d’hier et d’aujourd’hui, et dans lequel il salue la qualité des traductions de Marcel Proust (voir Kolb X, 135, coll. Bibl. Jacques Doucet).
En 1912, André Beaunier publie Chateaubriand. Textes choisis et commentés, ouvrage en deux volumes. Proust en reçoit un exemplaire et le lit avidement, comme en témoigne une lettre de remerciement qu’il adresse à Madame Beaunier : « Quelle bonne fin de semaine où j’ai une lettre de vous et le magnifique Chateaubriand de votre mari […] je n’ai pas pu […] m’arrêter de dévorer les deux volumes » (10 nov. 1912, voir Kolb XI, n° 149, coll. privée).
L’année 1913 voit la publication de Du côté de chez Swann. Proust souhaite ardemment un article d’André Beaunier ; celui-ci ne l’écrira pas car il souhaite que tous les volumes (soit trois envisagés à l’époque) soient publiés avant d’entreprendre une critique du roman de Proust. Cette « attente » sera la raison de la bouille entre Proust et Beaunier. Philip Kolb affirme que Proust et Beaunier n’ont jamais été aussi proches l’un de l’autre qu’à la veille de la publication de Swann. Il consacre plusieurs pages à leur relation dans la préface de son volume de Correspondance, année 1913 :
« Cependant ce qui compte avant tout pour Proust, c’est que son livre soit lu par le plus grand nombre possible de personnes capables de le comprendre […] Un de ceux sur lesquels il compte le plus est André Beaunier. Depuis longtemps Proust cultive son amitié, lui demande des conseils pour son œuvre […] Proust explique à Beaunier l’architecture voilée de son œuvre, en prenant comme exemple le personnage de Vinteuil, vieillard qui dit des choses ridicules, et dont personne ne soupçonne le génie, mais dont la sonate joue un grand rôle dans la vie de Swann » (Kolb XII, p. XXVIII et suiv.)
(lettre 3) Marcel Proust à André Beaunier, 28 juin 1912 (Kolb XIII, n° 208). Proust veut offrir à Beaunier un fauteuil exposé chez la comtesse Greffuhle (modèle de la duchesse de Guermantes).
(lettre 4) Marcel Proust à André Beaunier, mi-octobre 1912 : notre lettre (Kolb XII, n° 125) à propos de « l’architecture » de l’œuvre.
(lettre 4 bis) Réponse d’André Beaunier à Proust, 23 octobre 1912, notre seconde lettre, jointe à cet exemplaire (inédite).
(lettre 5) Marcel Proust à André Beaunier, peu avant le 10 novembre 1912 (Kolb XIII, n° 209) : « je tiens tant à votre estime intellectuelle ». Beaunier ne veut pas du fauteuil mais peut-être d’un bureau.
(lettre 6) Marcel Proust à André Beaunier, 20 décembre 1912 (Kolb XIII, n° 211) : « vos voyages et vos livres sont une consolation pour ma solitude ». Proust est tout le temps malade.
(lettre 7) Marcel Proust à André Beaunier, fin octobre 1913 (Kolb XII, n° 126, coll. privée. Retranscrite par Kolb d’après une photocopie) :
« je vous ai infiniment de reconnaissance pour le bon conseil que vous m’avez donné et que je vais suivre immédiatement. Je mettrai ce que vous me dîtes, exactement ».
Lettre de Bernard Grasset à Marcel Proust (Kolb, XIII, n° 239, Archives Grasset) : « les remarques de M. Beaunier sont parfaitement justes ». Proust relit les épreuves de Du côté de chez Swann.
(lettre 8) Marcel Proust à André Beaunier, 8 déc. 1913 (Kolb XII, n° 184, coll. Alfred Dupont) : à propos d’ « une sublime sonate qui joue un grand rôle dans la vie de Swann ». Proust remercie également Beaunier qui prévoit d’écrire un article sur Du côté de chez Swann dans la Revue des Deux Mondes. Celui-ci ne verra en fait pas le jour car Beaunier voudra attendre (nous l’avons dit plus haut) que le roman soit publié en entier (trois volumes sont alors prévus) pour écrire son article. Or, Beaunier mourra avant la parution posthume du dernier volume et se vexera d’une remarque de Proust (voir lettre suivante).
(lettre 9) Marcel Proust à André Beaunier, 9 ou 10 décembre 1913 (Kolb XII, n° 189, coll. Université de l’Illinois) :
« ne m’agitez pas non plus en me disant, comme vous faîtes, « dépêchez-vous » et en voulant que j’aie plus de hâte à finir mon ouvrage que vous n’en avez à finir un article (que je ne vous demandais nullement). Pensez que je suis très malade, que je reste des mois sine linea […] Si jamais je peux l’écrire, si dans quatre ou cinq ans je peux l’achever, si à ce moment-là vous voulez en parler croyez bien qu’en disant les défauts que vous lui trouvez, vous ne me fâcherez nullement, au contraire […] J’ai refait tout le début de mon premier volume (tout ce que vous aviez lu en cahiers) pour tenir compte d’une critique de vous. Je me sens disposé à faire de même pour les autres volumes (vous voyez que je ne paraîtrai pas avant dix ans) ».
Début de l’éloignement d’André Beaunier, ce dont souffre Marcel Proust (voir lettre suivante).
(lettre 10) Marcel Proust à André Beaunier, 10 décembre 1913 ou peu après (Kolb XII, n° 190, coll. Université de l’Illinois). Proust clarifie ses maladresses de langage (« mes mots furent stupides ») et celles de son destinataire : « Vous m’avez dit, ce qui était pour rendre fou un malade dont c’est précisément la maladie : « Dépêchez-vous », j’ai voulu dire : « Ne nous gênons [pas], ne nous pressons ni l’un ni l’autre ». Et je reconnais que je l’ai fort mal dit ». Proust mentionne « tant de lettres que nous avons échangées depuis des années » : beaucoup de lettres de leur correspondance n’ont donc pas (encore) été retrouvées. Il confie croire qu’il n’aura pas la force de publier en entier son ouvrage : « je crois que je ne publierai que les deux premiers volumes ». La fin de la lettre est superbe et cruelle :
« Mais je suis malheureux aujourd’hui. Et je ne trouva pas cela juste parce que je sais bien que ce jour-là, je fus très amical. Pourtant mes mots furent stupides et je vois bien qu’on pouvait leur donner le sens qui était si loin de mon esprit. Il me semble pourtant que (si c’était moi qui avais reçu la lettre) je ne le leur aurais pas donné. En tout cas nous n’y pouvons plus rien. Je ne peux pas vous en vouloir de la peine que je vous ai expressément demandé de me faire et malgré cela je ne peux pas vous aimer autant qu’avant ».
(lettre 11) Marcel Proust à André Beaunier, avril 1914 (Kolb XIII, n° 60, coll. part.) : Proust reçoit un ouvrage de Beaunier avec une dédicace dont il s’attriste de la « froideur ».
(lettre 12) Envoi de Marcel Proust à André Beaunier sur A l’ombre des jeunes filles en fleurs (fin 1918, inédit). Notre exemplaire. Seul envoi aujourd’hui connu de Marcel Proust à André Beaunier sur un volume d’A la recherche du temps perdu.
(lettre 13) Envoi Marcel Proust à André Beaunier, fin juin 1919 (Kolb XVIII, n° 143, coll. part.) sur Pastiches et Mélanges. Cet envoi signifie bien que Proust continua, malgré leur éloignement, à adresser ses livres à André Beaunier – dont les volumes d’A la recherche du temps perdu.
Antoine Compagnon, Proust du côté juif, Paris, 2022, p. 98 -- Dictionnaire Proust, Paris, Honoré Champion, 2004, p. 125






