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CHATEAUBRIAND, François-René de

Atala, ou les amours de deux sauvages dans le désert

Paris, Migneret, An IX [1801]

NAISSANCE DU ROMANTISME EN FRANCE

ÉDITION ORIGINALE ou deuxième édition (les deux premières éditions sont identiques)

In-12 (130 x 78mm)
COLLATION : XXIV pp. (avec erreur de pagination, signalée par dans le catalogue Chateaubriand 1996, n° 3), 210 pp.

[RELIÉ À LA SUITE :] André MORELLET, Observations critiques sur le roman intitulé : Atala. Paris, Denné, An IX [1801]. 72 pp.
RELIURE DE L’ÉPOQUE. Basane marbrée, dos long orné, tranches marbrées
PROVENANCE : “Mde Cottin” (ex-libris manuscrit du XIXe siècle) -- Bernard Malle (cachet)

Manque de papier au dernier feuillet, sans atteinte au texte

Chateaubriand a vingt-trois ans, en 1791, quand il entreprend son voyage en Amérique. Il rapporte de ses cinq mois passés dans le Nouveau Monde des pages noircies de notes, écrites “dans le désert, et sous les huttes des Sauvages”. Elles formeront la matière de ses trois romans d’Amérique, Atala, René et Les Natchez.

À son retour d’Amérique, Chateaubriand s’installe à Londres pour sept années, de 1793 à 1800. Son Essai sur les révolutions (1797) reçoit un accueil plus que confidentiel. Il vit dans la précarité. En 1801, il publie Atala. Le succès dépasse ses attentes : “c’est de la publication d’Atala que date le bruit que j’ai fait dans le monde” (MOT).

Atala est le récit d’une passion incestueuse brisée par l’interdit religieux. Atala, jeune Indienne convertie au christianisme, s’est suicidée parce qu’elle ne voulait pas rompre son vœu de chasteté promis à sa mère. Son amour pour Chactas – dont elle apprend qu’ils ont le même père adoptif, Lopez – a précipité le drame : pour ne pas désobéir à l’autorité maternelle, elle a préféré la mort [...] À sa parution, en 1801, Atala eut un succès prodigieux. On jouissait, à la lecture, de la façon dont Chateaubriand avait serré les nœuds : la religion comme une figure du destin, jouant à la fois de l’autorité et de la compassion, de l’obéissance et de la transgression” (Michel Crépu)

Dans la préface d’Atala, Chateaubriand résumait en une phrase son récit :

“C’est une sorte de poème, moitié descriptif, moitié dramatique : tout consiste dans la peinture de deux amants qui marchent et causent dans la solitude, et dans le tableau des troubles de l’amour” (préface).

Atala fut imprimé douze fois entre 1801 et la version définitive illustrée, en 1805 (voir Infra). Pas moins de cinq éditions parurent entre avril 1801 et avril 1802. Les deux premières étant identiques, il est impossible de les distinguer.

BIBLIOGRAPHIE : 

: Carteret, I, p. 160 "très rare et recherché " -- Vicaire, II, 279 -- Clouzot, 62 : "très rare" -- L. Coulet, B. Forgeot, A. Nicolas, Chateaubriand. Livres et manuscrits... de la collection Maurice Chalvet, Paris, 1996, n° 3