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Dva Rasskaza [deux contes : La Maison de Matriona et Incident à la gare de Kotchétovka]
LE DEUXIÈME LIVRE DU GRAND DISSIDENT RUSSE. BROCHÉ, TEL QUE PARU. L'UN DE SES MEILLEURS TEXTES : LA MAISON DE MATRIONA
ÉDITION ORIGINALE
In-8 (240 x 163mm).
Texte en russe
COLLATION : 2-55 : 56 pages
BROCHÉ. Couverture jaune d'édition
PROVENANCE : N. Lazareva
En 1953, Staline meurt et Soljenitsyne, âgé de trente cinq ans, est libéré du goulag. Il y a passé huit années, pour avoir critiqué, dans sa correspondance privée, les compétences militaires du "génialissime maréchal", à savoir, les purges dans l'Armée Rouge décapitée de ses officiers, l'alliance avec Hitler, et la désorganisation de cette armée sans chef face à l'armée allemande. À sa sortie du goulag, Soljenitsyne est réhabilité par le tribunal suprême d'URSS, qui le nomme, à sa demande, professeur dans une école de campagne, près de Riazan, au sud de Moscou. Il prend pension chez une femme, Matriona Zakharova, dans le village voisin de Miltsevo.
Après le zek d'Une journée d'Ivan Denissovitch, Soljenitsyne fait à nouveau le portrait des oubliés de la Russie stalinienne qui tentent de survivre tout au long du jour, de l'aube à la nuit. Le personnage central de La Maison de Matriona est donc cette femme, Matriona, qui affronte courageusement "la vie épaisse de souci". Le narrateur et elle vivent sous le même toit le temps d'une saison. Soljenitsyne prend soin des détails constituant leur existence. Le soir, la pièce commune appartient au professeur qui prépare ses cours à la bougie, seulement dérangé par le bruit des cafards qui courent sous le papier peint du mur. Matriona, humble et discrète, se tient à la cuisine.
Cette maison, scène centrale du récit, sera finalement en partie démantelée et volée par le beau-frère de Matriona, sorte de Raspoutine. Lors du transport des planches, au passage des voies ferrées, Matriona est écrasée par un train. Soljenitsyne rend hommage à cette femme simple et pure :
"Elle ne s'éreintait pas pour acheter des choses et ensuite les garder plus précieusement que sa propre vie. Elle ne courait pas après les atours. Après les vêtements qui ornent les laids et les malfaisants. Et nous qui vivions à ses côtés n'avions pas compris qu'elle était ce Juste dont parle le proverbe et sans lequel il n'est village qui tienne. Ni ville. Ni notre terre entière" (dernier paragraphe de la nouvelle).
La seconde nouvelle, Incident à la gare de Kotchétovka, se passe pendant la Seconde guerre mondiale. Le lieutenant et chef de gare Zotov vient en aide à un soldat russe qui a perdu son unité. Zotov, surpris que le soldat ignore que la ville de Tsaritsyn se nomme à présent Stalingrad, soupçonne qu'il est un espion au service de l'Allemagne. Il le fait arrêter mais regrette plus tard sa décision, réalisant que le soldat ne reverrait probablement plus jamais sa famille.
Ces nouvelles avaient paru d'abord en édition pré-originale dans la revue Novy Mir. Flegon Press avait publié auparavant une édition pirate d'Une Journée d'Ivan Denisovich.