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TRAKL, Georg

Gedichte

Leipzig, Kurt Wolff Verlag, 1917

ÉTONNANT EXEMPLAIRE D’ERNST FREUD, DERNIER FILS DE SIGMUND FREUD, DE LA PREMIÈRE ÉDITION COLLECTIVE DES POÈMES DE GEORG TRAKL, SOLEIL NOIR DE LA POÉSIE EXPRESSIONNISTE

PREMIÈRE ÉDITION COLLECTIVE
In-8 (216 x 132mm)
RELIURE D’ÉDITEUR (de l’époque). Couverture noire avec étiquette verte sur le premier plat
PROVENANCE : Ernst Freud (signature ex-libris sur le premier feuillet)

Ernst Freud (1892-1970) est le quatrième fils de Sigmund Freud et le père du peintre Lucian Freud (1922-2011). Il s’établit à Berlin comme architecte en 1920 avant de quitter l’Allemagne en 1933 pour émigrer à Londres, à Saint John Wood. Il y travaille pour différents clients et construit le cabinet de Mélanie Klein avant de devenir citoyen britannique en 1939. Après l’arrivée à Londres de ses parents et de sa soeur Anna en 1938, toute la famille déménage pour une maison de Hampstead qu’Ernst remodèle et qui deviendra l’actuel Musée Freud de Londres. On ignore tout de la trajectoire de cet exemplaire ; Ernst Freud dut l’acquérir avant de partir pour Vienne.

Georg Trakl est l’un des plus grands représentants de la poésie expressionniste de langue allemande. Né en 1887 à Salzbourg dans une famille aisée, Georg Trakl mènera une vie qui sera tout le contraire d'une carrière bourgeoise : échec au lycée, drogue, alcool, inceste avec sa sœur Margarete, hantise de la folie et traumatisme de la guerre qui le poussera, après une première tentative de suicide, à mourir d’une overdose de cocaïne à l'hôpital militaire psychiatrique de Cracovie, en novembre 1914, à l’âge de vingt-sept ans. Une centaine de poèmes furent publiés de son vivant, d'abord dans la revue Der Brenner, puis sous forme de recueils dans la célèbre série Der jüngste Tag (Le Jour du Jugement dernier) des éditions Kurt Wolff, maison protectrice de la génération expressionniste. Ses aînés en poésie sont ses deux « frères » mythiques, Hölderlin et Novalis. A cette filiation germanique s'ajoutent Baudelaire, Verlaine et Rimbaud : « C'est l'heure où les yeux du voyant s'emplissent de l'ordre des étoiles ». « Qui pouvait-il bien être ? » demandera Rainer Maria Rilke juste après la mort de Georg Trakl. « Je suis à moitié né, je suis complètement mort », disait ce dernier. Trakl se définissait comme un Kaspar Hauser, homme sans identité, étranger total.

BIBLIOGRAPHIE : J. K. Davies et G. Fichtner, Freud’s library. A comprehensive catalogue, Londres, The Freud Museum, 2006

Brochage fragile