HOMÈRE

Homeri Ilias... Cui originem et exitum belli trojani addidimus, Coluthi Helenae raptum, et Tryphiodori Ilii excidium

Genève, M. Berjon, 1621

L’ILIADE EN GREC ET EN LATIN : UN HOMÈRE DE L’HUMANISME PROTESTANT.

BELLE RELIURE DE L’ÉPOQUE EN DAIM

Texte en grec avec traduction latine en vis-à-vis de François Portus, titre dans un encadrement gravé sur bois, bandeaux, initiales et fleurons gravés sur bois

Deux parties en un fort volume in-16 (113 x 73mm). Le premier titre dans un encadrement gravé sur bois
COLLATION : a-z8 A-Z82a-n8 (2 derniers ff. bl.) a-e8
RELIURE DE L’ÉPOQUE. Peau de daim retournée, dos à nerfs

Petite restauration à la coiffe supérieure, quelques taches, petit manque de papier page 247 (peut-être un paper flaw), déchirures sans manque page 307

Cette édition bilingue fut imprimée dans les derniers temps de la Réforme, selon un modèle qu’établirent les principaux humanistes et imprimeurs de Genève : à la fois pratique par son format et savant par sa traduction latine en vis-à-vis du texte grec d’origine. Le Crétois François Portus (1511-1581), traducteur de cette édition, avait trouvé refuge à Genève en 1562 où il était devenu professeur de grec. Il participa pleinement au bouillonnement intellectuel de la cité de Calvin en collaborant à différentes éditions d’auteurs grecs, au premier rang desquels Homère.

L’imprimeur Jean Crespin eut le premier l’idée de réaliser des éditions maniables et à usage éducatif de poètes grecs. Il imprima l’Iliade en 1559, dans un format in-16 “facile à consulter chez soi, en rue et même à la campagne”. Son édition propose une traduction en latin trouvée dans les manuscrits de Guillaume Budé et un index alphabétique. La réédition de son Iliade en 1570 est préfacée par François Portus qui sera dix ans plus tard le “nouveau” traducteur de Homère - celui-là même de cette édition de 1621. La première traduction de l’Iliade par François Portus parut en 1580. Son fils Émile (1550-1612), lui aussi helléniste, accompagna les rééditions de cet Iliade en 1609 et 1621 (celle-ci). L’imprimeur Mathieu Berjon (1570-1641) descend lui aussi d’une importante famille d’humanistes réformés puisque son grand-père, Jacques Berjon, imprimait, depuis Genève, des ouvrages pour les éditeurs lyonnais dont Antoine Gryphe, nom associé à celui d’Étienne Dolet. L’autre grand imprimeur réformé de Genève, Robert Estienne, proposa également des éditions de Homère : d’abord des fragments dans l’anthologie des Poetae graeci heroici en 1566, puis une édition à part entière en 1588.

Ce petit exemplaire de Homère, au format de la main, condense à lui seul l’humanisme des Réformés de Genève. Cette édition manque à Harvard, Yale

BIBLIOGRAPHIE : 

Noémie Hepp, Homère en France au XVIIe siècle, Paris, 1968 -- Olivier Reverdin, “Figures de l’hellénisme à Genève”, in Homère chez Calvin, Genève, 2000

WEBOGRAPHIE : Jean-François Gilmont, Les Imprimeurs genevois du XVIe siècle et l’humanisme : https://books.openedition.org/enc/550?lang=fr

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