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Estimation d'un livre ou d'un manuscrit
L'Écuyer Dauberon, ou l'Oratoire du Bonsecours
PRÉCIEUX EXEMPLAIRE PORTANT UN ENVOI D’UNE AUTRICE À CHATEAUBRIAND
ÉDITION ORIGINALE
COLLATION : [4] ff., 404 pp.
ILLUSTRATION : quatre gravures hors texte, deux d'après Tony Johannot (bois et acier) et deux d’après Jean Gigoux (aquatinte)
ENVOI sur la page de titre :
à Monsieur le comte (sic) de Chateaubriand,
témoignage d'une profonde admiration,
Mélanie Waldor
RELIURE du début du XXe siècle. Dos long et coins de maroquin rouge à grain long, tête dorée, couverture conservée
Mélanie Waldor (1796-1871), jeune poétesse originaire de Nantes, tenait un salon littéraire à Paris. Elle était la fille de Mathieu Villenave (1762-1846), ami de Madame de Staël et l'un des premiers collectionneurs d'autographes. Selon André Maurois (Les Trois Dumas), Mélanie Waldor était frêle, jolie avec des yeux caressants et des mines pudiques qui affolaient Dumas. Sa nouvelle conquête devint, vers 1828, la souveraine de son appartement, au 24, rue de l'Université, où l'on rencontrait quelques fidèles comme Delphine Gay, Honoré de Balzac, Victor Hugo, Alfred de Vigny... C'est Mélanie Waldor qui introduisit Dumas auprès du cercle des romantiques habitués du salon de Charles Nodier à l’Arsenal. En 1831, Dumas avait porté leur passion sur la scène sous la forme d'Antony : son premier triomphe. Le Musée Magnin à Dijon conserve un portrait d'elle par Jules Boilly.
En 1832, elle publia ce premier livre, L'Écuyer Dauberon. Elle l'adresse à Chateaubriand qui, retiré des affaires publiques, entrait alors dans une nouvelle carrière littéraire. Mélanie Waldor se trompe sur le titre de François-René. Car il existait bien un comte de Chateaubriand à la même date, neveu du grand homme et colonel de chasseurs à cheval, mais cette "profonde admiration" ne peut à l'évidence s'adresser qu'à l'écrivain. Il la cite dans l'avant-dernier livre des Mémoires d'outre-tombe rédigé en 1837 et 1838 lorsqu'il déroule cette galerie de portraits du monde littéraire à venir. Aux côtés d'Hortense Allard, de George Sand et de Marceline Desbordes-Valmore, il voit poindre dans cette littérature féminine une "nouvelle école qui a jeté ses pensées dans un autre moule".
Les envois à Chateaubriand sont rares ; Maurice Chalvet n'avait pu en réunir que quatre.
G. Vicaire, Manuel de l'amateur de livres du XIXe siècle, VII, col. 1148