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MALAPARTE, Curt-Eric Sückert, dit Curzio

La Pelle. Storia e racconto

Rome - Milan, Aria d’Italia, 1949

TRÈS RARE CONJONCTION SUR LES DEUX PREMIÈRES ÉDITIONS DE LA PELLE (EN FRANÇAIS ET EN ITALIEN), CHACUN DES EXEMPLAIRES PORTANT UN ENVOI AU MÊME DESTINATAIRE : ANGÈLE MANTEAU, FIGURE DU MONDE ÉDITORIAL BELGE.

MALAPARTE AVAIT PRÉVU POUR SON SECOND GRAND ROMAN UN LANCEMENT EUROPÉEN SIMULTANÉ EN DE MULTIPLES LANGUES

[joint :]
(2) : La Peau. Roman. Traduit de l’italien par René Novella. Paris, Denoël, 30 août 1949

ÉDITION ORIGINALE ITALIENNE et PREMIÈRE ÉDITION DE LA TRADUCTION FRANÇAISE

2 volumes in-8 (202 x 130 mm) et (185 x 120 mm)
COLLATION : 416-(2) pp et (4)-504-(3) pp.
DEUX ENVOIS AUTOGRAPHES SIGNÉS DE L’AUTEUR, EN FRANÇAIS :
(1) : à Madame Ghazelle Manteau, cette cruelle et affectueuse défense du peuple italien, très cordialement Curzio Malaparte, Milano, 21 décembre 1949
(2) : À Madame A. Manteau, le très reconnaissant Curzio Malaparte, Paris, ce 5 octobre 1949 (sur l’édition en langue française)

L’exemplaire italien, dépourvu de jaquette, a le dos insolé ; petites usures au dos et papier jauni pour l’exemplaire français

Fait rare dans l’histoire de l’édition et dans celle de la notion d’édition originale, la “première édition” de La Pelle, l’un des plus grands romans du XXe siècle, fut publiée en langue française. Loin d’être une édition pirate, elle était parfaitement reconnue par l’auteur puisque Curzio Malaparte avait en effet prévu, pour son célèbre roman napolitain, un lancement planifié à l’échelle européenne, en plusieurs langues, à l’inverse de Kaputt qui avait paru sous le manteau. La version française du texte a donc été publiée quelques mois avant l’italienne. Il existe cinquante exemplaires imprimés sur pur fil Johannot.

L’achevé d’imprimer de la première édition française date du 30 août 1949. L’envoi à Angèle Marteau est porté par l’auteur le 5 octobre 1949 sur le faux-titre du volume.

L’envoi au même destinataire, sur l’édition originale en italien, date du 21 décembre 1949. Curzio Malaparte qualifie son terrible récit visionnaire et baroque de “cruelle et affectueuse défense du peuple italien”. L’achevé d’imprimer date du 6 décembre 1949.

On comprend alors qu’il est particulièrement précieux (voire impossible) de réunir ces deux volumes avec chacun un envoi au même destinataire.

Angèle Manteau (1911-2008), éditrice belge de Malaparte, est une figure importante du monde des lettres dans la Belgique de la seconde moitié du XXe siècle. Selon l'Académie royale flamande des Sciences et des Arts, qui l'a récompensée en 2003, elle est “la principale éditrice littéraire flamande du XXe siècle” et sa maison d'édition a “incontestablement marqué l’histoire de la littérature flamande”.

À la fin des années 1920, elle étudie quelque temps la chimie à l'université libre de Bruxelles. Au cours de ces années d'études, elle loue une chambre chez un couple néerlandais, Jan Greshoff - journaliste, critique et poète - et Aty Brunt, où elle apprend le néerlandais et découvre la littérature néerlandaise. Elle travaille quelques années pour l'éditeur Alexander Stols, puis fonde en 1932 l'Algemene Importhandel A. Manteau. Six ans plus tard, grâce à l'aide financière de l'éditeur néerlandais Robbert Leopold, elle lance sa propre maison d'édition : A. Manteau NV. De 1938 à 1970, la maison Manteau édite entre autres les écrivains flamands suivants : Johan Daisne, Louis Paul Boon, Hubert Lampo, Piet van Aken, Hugo Claus, Jos Vandeloo, Ward Ruyslinck, Jef Geeraerts, Paul Snoek, Karel van de Woestijne, Herman Teirlinck, August Vermeylen. Elle publie aussi Tolkien, Françoise Sagan et Malaparte. Fin 1970, elle quitte la maison d'édition, qui depuis 1965 était intégrée au groupe néerlandais Van Goor, et travaille pour Elsevier à Amsterdam. Les éditions Manteau poursuivent cependant leurs activités. En 1986, Angèle Manteau devient membre de l'ordre d'Orange-Nassau ; la même année, le roi Baudouin lui accorde le titre de baronne. En 1998, l'ex-éditrice fait transférer une partie de ses archives littéraires personnelles à la Bibliothèque royale de La Haye. Une autre partie est ensuite déposée à l'AMVC-Letterenhuis d'Anvers, où les archives des éditions Manteau sont conservées.