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MARIVAUX, Pierre Carlet de

La Vie de Marianne ou les Avantures de Madame la comtesse de ***

Paris, Pierre Prault, 1731-1742

L’UN DES PREMIERS ROMANS MODERNES.

RARE ÉDITION ORIGINALE DE MARIVAUX, L’UN DES AUTEURS DU XVIIIE SIÈCLE LE PLUS DIFFICILE À COLLECTIONNER.

TEXTE MAJEUR PRÉSENTÉ LORS DE L’EXPOSITION EN FRANÇAIS DANS LE TEXTE, À LA BNF EN 1990 (N° 143)

Entre son théâtre paru par fragments réunis dans une collective factice dont on ne rencontre jamais de grands exemplaires et La Vie de Marianne si rare complète et uniformément reliée, Marivaux est l’un des écrivains les plus compliqués à faire dignement entrer dans une grande collection littéraire.

D’autant que les textes de Marivaux sont tous déjà très rares en édition originale. La Vie de Marianne n’échappe pas à la règle : “il est très difficile de réunir ces douze parties en première édition” (Tchemerzine). Le seul exemplaire proposé à la vente depuis plus de trente ans n’avait que cinq volumes sur douze en édition originale. La collection Jean Bonna conservait un exemplaire tristement relié par Alain Devauchelle (Cat. XVIIIe siècle, n° 97). L’exemplaire conservé à la Bibliothèque nationale de France ne comprend pas la douzième partie : “ajoutée à certaines éditions, [elle] est de Madame Riccoboni” (Tchemerzine).

Le roman de Marivaux ouvre sur le motif classique du manuscrit trouvé que l’on publie après l’insistance d’amis. Ces mémoires fictives sont celles d’“une femme qui raconte sa vie, nous ne savons qui elle était ; c’est la vie de Marianne, c’est ainsi qu’elle se nomme elle-même au commencement de son histoire, elle prend ensuite le titre de comtesse, elle parle à une de ses amies dont le nom est en blanc, et puis c’est tout” (p. 3). Le topos du manuscrit trouvé apparaît avec une désinvolture certaine puisque le nom de Marivaux est écrit sur la page de titre (à l’inverse des Lettres portugaises (1669), par exemple, qui restèrent longtemps anonymes).

Par ce faux subterfuge, Marivaux se défend à peine d’écrire un roman. En effet, La Vie de Marianne est un roman particulier qui se détourne des conventions habituelles du roman. En fait, Marivaux montre “une femme qui pense”, à “l’esprit sérieux et philosophe”, “opérant ainsi une double infraction générique : Marianne offre ce qu’on n’attend pas d’une femme, et Marivaux ce qu’on n’attend pas d’un roman, l’activité d’une pensée et non le compte-rendu d’aventures” (S. Pujol).

BIBLIOGRAPHIE : 

En Français dans le texte, (exposition et catalogue de la BnF), n° 143 -- A. Tchemerzine, Bibliographie des éditions originales et rares d'auteurs français, IV, p. 409, b) -- Stéphane Pujol, “La règle du je. Figures et fonctions du commentaire dans le roman marivaudien”, in La partie et le tout. La composition du roman de l’âge baroque au tournant des Lumières, Louvain-Paris, 2011