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Les Natchez [Manuscrit autographe]
RARE MANUSCRIT AUTOGRAPHE DE QUATRE PAGES D’UN DES PREMIERS RÉCITS DE CHATEAUBRIAND.
RENÉ EN AMÉRIQUE
4 pages autographes (220 x 172mm). Encre brune, une quarantaine de ratures
“Fébriano, transporté de joie, dérobant au commandant un sourire ironique, se hâte d'aller porter aux Natchez la décision de Chépar. Le père Souël, parti pour la mission des Yazous, n'était plus au fort Rosalie pour plaider la cause de la justice, et d'Artaguette reçut l'ordre de se préparer aux combats et non aux discours.
A l’arrivée de Fébriano le conseil des Sachems s’assemble sous l’autorité de Chactas. On écoute en silence les paroles et les menaces du messager français.
Ainsi, dit Chactas, vous profitez de l'absence de nos guerriers pour refuser le renouvellement des traités : cela est−il digne du courage de la noble nation dont vous vous dites ici l'interprète ? Qu'il soit fait selon la volonté du Grand−Esprit ! Nous désirons vivre en paix, mais nous saurons mourir pour la patrie négliger ce que pouvaient concilier la modération et la paix sur un geste. Chactas veut aller lui-même présenter le calumet de paix au fort Rosalie. Les sachems comptaient sur l’autorité de ses années et de sa langue mais ils y comptaient vainement. Les habitants de la colonie poussaient le commandant à la violence et l’accusaient de faiblesse. Febriano l'obsédait par le récit de divers complots : dans un camp français on désire toujours la guerre, et le soldat est plus sensible à la gloire qu'à la justice. Tout précipitait les partis à une première action. Chépar refusa seulement de recevoir le calumet de paix et de traiter avec les sauvages […] et à l'instigation de Febriano, il retint Chactas à fort Rosalie. Plus ce vieillard est renommé, dit le commandant, plus il est utile de priver les rebelles dans un pareil moment de leur meilleur guide. J'estime confie Chactas, que le roi voulait autrefois prendre à son service dans un rang dans notre armée : on ne lui fera aucun mal ici ; il sera traité avec toutes sortes d'égards, mais il n'ira pas donner à des factieux le moyen d'échapper à un châtiment mérité :
Amis français, s’écria Chactas […] au milieu du conseil, vous étiez destinés à violer deux fois dans ma personne le droit des ambassades quand je fus arrêté au Canada. On pouvait au moins dire que ma main maniait la hache mais que craignez vous aujourd’hui d’un vieillard aveugle qui ne pourrait pas diriger ses coups frappés par son bras languissant. « Ce ne sont pas tes […]”
RELIURE SOUPLE SIGNÉE DE LECA. Maroquin grenat, dos à la bradel
PROVENANCE : Maurice Chalvet -- Bernard Malle
Ces pages correspondent à un fragment du livre IX des Natchez. Les ratures et les repentirs révèlent une écriture en cour, qui se cherche, offrant quelques variations avec la version imprimée. On remarque d’ailleurs que les ratures ont déchargé sur les feuillets en vis à vis : le manuscrit fut composé d’un seul jet.
Chateaubriand rapporte, dans ce fragment, en le romançant, un fait historique. En 1713, le refus de Cadillac, gouverneur français, de fumer le calumet de la paix avec les Natchez, fut considéré comme un geste d’hostilité alors que la tribu indienne vivait jusqu’alors en paix avec les Français. En 1716 est construit fort Rosalie. La révolte des Natchez, quelques années plus tard, entraînera leur destruction.
La Bibliothèque de l’Hôtel de Ville de Paris conserve quelques pages autographes des Natchez (cote 26477).