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CHATEAUBRIAND, François-René de

Lettre autographe à la duchesse de Duras

Paris, ce 28 septembre 1826.

CES LETTRES APPARTIENNENT À L’ENSEMBLE CHATEAUBRIAND-DURAS.

OURIKA FAITE CHAIR (1).

LE BAPTÊME DE L'ORPHELIN D'ABYSSINIE, L'ENFANT NOIR NOMMÉ MORGAN, ADOPTÉ SPIRITUELLEMENT PAR CHATEAUBRIAND

3 pages in-8

“Voulez-vous servir de marraine à Morgan ? Je serai le parrain. Si vous ne pouvez l'être en personne, voulez-vous donner votre procuration à Mde de Rauzan ? Si vous acceptez l'une ou l'autre proposition, voulez-vous fixer l'époque du Baptême ? Ce sera quand vous voudrez, quand vous serez revenue à Paris, si vous revenez, dans un mois, deux mois etc. Il faut seulement que je sache quand il y aura baptême pour en prévenir l'archevêque. La Cérémonie aura lieu dans la chapelle particulière. Vous sentez qu'il ne s'agit d'aucun frais et que le pauvre Morgan n'a besoin que d'être chrétien. Je ne puis lui donner de trésor que pour l'autre monde.

Voici le mois d’octobre, je vais vous voir. Je vous porterai la lettre de René. Le second volume de l'Essai [sur les Révolutions] paraît lundi. Comment êtes-vous ? L’automne qui ordinairement me ressuscite m’a fait mal cette année. J’ai mes maux d’entrailles et mon rhumatisme.

Lady Jersey m'a écrit. Je suis allé la voir. Elle ne voit pas M. Canning. Celui-ci ne m'a pas donné signe de vie et je me suis tenu de mon côté chez moi, mais je ne sais pourquoi il m'est tombé une foule de ministériels”

L'épisode de Morgan est rapporté dans un long passage du Congrès de Vérone :

"Nous avions un négrillon qui leur passait entre les jambes [des visiteurs], les tiraillait et les interrompait dans leurs discours. Il nous avait été envoyé d'Égypte par notre hôte et ami, M. Drovetti. Il était fils de prince ; il s'appelait Morgan (la perle), nom de tendresse que lui avait donné sa mère, égorgée par les soldats du Pacha. Cet enfant était à peu près de l'âge de M. le duc de Bordeaux ; celui-ci admettait à ses jeux l'orphelin esclave privé de son trône d'ébène. Morgan n'a pas vécu ; il est mort à Rome, où nous l'avions mis à la Propagande, dans l'espoir d'en faire un archevêque d'Éthiopie... Morgan, la perle de sa mère, est allé parer dans le ciel cette pauvre mère. Ce petit roi noir, à l'instar du petit roi blanc, son camarade, avait été jeté par la dérision du sort à la garde de notre faiblesse." (Paris, 1838, chapitre LV, pp. 409-410).

Au moment de cette lettre, la réédition de l'Essai sur les révolutions exigeait de Chateaubriand de grands travaux de correction et de remise en forme.

BIBLIOGRAPHIE : 

M.-B. Diethelm 218