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CHATEAUBRIAND, François-René de

Lettre autographe à la duchesse de Duras

Vérone, 28 novembre 1822.

CETTE LETTRE APPARTIENT À L’ENSEMBLE CHATEAUBRIAND-DURAS.

CHATEAUBRIAND DIPLOMATE AU CONGRÈS DE VÉRONE.

"TOUS LES BANQUIERS SONT MES AMIS ET JE NE SUIS PAS PLUS RICHE QU'UN RAT".

“VOUS FAITES BIEN DE FAIRE DES ROMANS ; FAITES-EN MILLE. C’EST AUTANT DE PRIS SUR LA RÉALITÉ”

2 pages 1/2 in-4

“Depuis le départ de Mathieu tout a changé de face pour moi. Le Prince Metternich s'est expliqué et nous avons de longues conférences. Un travail que j'ai fait en réponse à une note du Duc de Wellington sur les Colonies espagnoles et un autre plus étendu sur la traite des Nègres, a réussi et a fait entendre d'autres sons et d'autres idées que ceux auxquels on était habitué. Je travaille. Je ne puis vous écrire qu'un mot, et c'est un courrier d'Ouvrard qui vous le porte. Mathieu, en courant, m'a adressé de Milan Ouvrard qui repart demain1. Tous les banquiers sont mes amis, et je ne suis pas plus riche qu'un rat.

Vous faites bien de faire des romans ; faites-en mille. C'est autant de pris sur la réalité.

Quelles bonnes élections ! 2 Pozzo est parti, défiez-vous-en.

Le Duc de Wellington part vendredi 29 ou samedi 30. Le Congrès se meurt, nous attendons la réponse du Conseil après l'arrivée de Mathieu : Mathieu douze jours en route, portant le destin de l'Europe dans sa poche ! J'écris une énorme lettre à Villèle et de la dernière importance. Rothschild qui est ici, part aussi aujourd'hui ou demain”

1. Mathieu de Montmorency avait en effet recommandé Ouvrard à Chateaubriand
2. Les députés de la seconde série avait été renouvelés par les élections des 13 et 20 novembre qui virent le succès des royalistes

Cette lettre mentionne aussi les noms de Rothschild et d'Ouvrard. Elle montre Chateaubriand au travail, dans son activité diplomatique lors du Congrès de Vérone. C'est dans ce même ouvrage que Chateaubriand appelle Rothschild, avec un certain respect : "le maître des rois". On reconnaîtra l'art de la formule dans la comparaison digne d'une fable de l'écrivain pauvre comme un rat et de ses amis banquiers.

BIBLIOGRAPHIE : 

Correspondance générale, IV, 1909 -- pas dans Diethelm