Ourika
AGRÉABLE EXEMPLAIRE, RELIÉ À L’ÉPOQUE.
UN DES GRANDS ROMANS DE LA LITTÉRATURE FRANÇAISE : CELUI DE L’ESCLAVAGE ET DE L’AMOUR.
PREMIER ROMAN EUROPÉEN DONT L’HÉROÏNE PRINCIPALE EST UNE FEMME NOIRE.
“CE ROMAN POSSÈDE UN MÉRITE INCONTESTABLE, CELUI D’ÊTRE COURT” (STENDHAL).
TRÈS PROBABLEMENT L’EXEMPLAIRE DE HONORINE SUCHET, ÉPOUSE DU MARÉCHAL SUCHET
Deuxième édition et PREMIÈRE ÉDITION mise dans le commerce. L’édition originale, rarissime, a été tirée à 25 ou 40 exemplaires
In-12 (163 x 97 mm)
COLLATION : 172 pp.
ANNOTATION autographe de Honorine Suchet ( ?) sur le faux-titre : “Le roman est de Madme La Duchesse de Duras”, avec au-dessus, et de la même main, la mention légèrement coupée : “Madme Suchet”). Pour des comparaisons d’écriture, cf. : https://www.gazette-drouot.com/lots/20857386-la-marechale-suchet-duchesse---
RELIURE DE L’ÉPOQUE. Dos long de veau violine, orné et doré, plats de papier marbré, tranches mouchetées
PROVENANCE : très probablement Honorine Suchet, née Anthoine de Saint-Joseph, épouse du maréchal Louis-Gabriel Suchet (1790-1884 ; ex-libris manuscrit) -- Chartres : 5 février 2022
Claire de Kersaint (1777-1828) est une précurseur du féminisme et de l’antiracisme. Fille du vice-amiral Armand-Guy-Simon, comte de Kersaint, député girondin guillotiné en décembre 1793, elle épouse à Londres en émigration, en 1797, Amédée-Bretagne-Malo de Durfort (1771-1838), dernier duc de Duras et à ce titre l’un des quatre Premier gentilhomme de la Chambre du Roi. Elle se lie d’une amitié profonde avec Chateaubriand, comme avec Germaine de Staël et Humboldt. Sous la Restauration, son salon, situé dans l’un des pavillons du Louvre, est l’un des plus célèbres de la capitale désormais pacifiée. Même ce jacobin de Stendhal admirait Mme de Duras. À sa mort, Beyle, qui était plutôt avare de compliments littéraires, la qualifiera de “femme d’un talent considérable”.
Ourika s’inspira de faits réels. Le chevalier de Boufflers (1738-1815), l’un des beaux esprits du XVIIIe siècle et gouverneur du Sénégal, aurait soustrait une jeune fille noire de l’esclavage l’embarquement pour les Caraïbes. Pris d’affection, il confie cette jeune fille au maréchal de Beauvau et à sa femme, née Rohan Chabot. En sorte qu’Ourika fut élevée à l’hôtel de Beauvau, aujourd’hui ministère de l’Intérieur en charge de l’Immigration. Ourika, peinte par Vigée-Lebrun, participe à la vie familiale des Princes de Beauvau et s’éprend d’un jeune homme. C’est le sujet du roman de la duchesse de Duras, l’amour impossible entre une jeune fille et, sans doute, Charles de Noailles, qui ne la voit que comme une sœur. La société s’oppose à l’amour. Ourika s’enferme dans un couvent, comme la Princesse de Clèves dont elle est si proche. Le roman connut un succès considérable et ouvrit un âge nouveau dans l’histoire littéraire : celui de la fiction romantique.
Au siècle dernier, Ourika inspira John Folwes pour The French Lieutenant’s Woman. Dans la traduction qu’il publia à Austin en 1977, John Fowles qualifie Ourika de “first serious attempt by a white novelist to enter a black mind and acknowledges its profound influence on the The French Lieutenant’s Woman” (Librairie Bernard Quaritch, 1994).
M. Clouzot, Guide du bibliophile français, p. 113 -- G. Vicaire, Manuel de l’amateur de livres du XIXe siècle, III, col. 535 -- L. Scheler, “Un Best-seller sous Louis XVIII, Ourika, par Mme de Duras", in Le Bulletin du Bibliophile, Paris, 1988


