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Trois contes. Un Cœur simple. La Légende de Saint-Julien l’Hospitalier. Hérodias
LE RECUEIL DE TROIS DES PLUS BEAUX TEXTES DE GUSTAVE FLAUBERT.
REDÉCOUVERTE D’UN EXEMPLAIRE SUR CHINE DES TROIS CONTES : CELUI DE JACQUES-ÉMILE BLANCHE DONT IL PORTE L’EX-LIBRIS, RELIÉ À L’ÉPOQUE TRÈS PROBABLEMENT POUR LE DOCTEUR ÉMILE BLANCHE, LE PÈRE DU PEINTRE.
AVEC UNE LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE DE GUSTAVE FLAUBERT, INÉDITE, ET SANS DOUTE ADRESSÉE AU DOCTEUR ÉMILE BLANCHE.
TRÈS RARE EN RELIURE DE L’ÉPOQUE AVEC UNE PROVENANCE IMPORTANTE
ÉDITION ORIGINALE
In-8 (180 x 115 mm)
COLLATION : 3 ff. n. ch., p. [3] à 248, 1 f. n. ch. de table, 1 f. blanc
TIRAGE : un des 12 EXEMPLAIRES DE TÊTE sur papier de Chine, celui-ci numéroté 5
PIÈCE JOINTE : 1 lettre autographe signée de Gustave Flaubert, (1 p. in-12, encre bleue, insérée à l’époque de la reliure) :
“Mon cher ami,
Serez-vous aimable de
rester à l’hôtel de ville
demain jusqu’à 5 heures.
Si je ne vous y trouve pas
je me présenterai chez
vous [biffé : rue de la Pépinière] bd Malesherbes
vers 6 heures.
tout à vous.
Gve Flaubert.
Jeudi 3 h.”
RELIURE DE L’ÉPOQUE. Demi-maroquin rouge à grain long à coins, dos à nerfs, titraison dorée, tête dorée, témoins conservés
PROVENANCE : docteur Émile Blanche (1820-1893) -- le peintre Jacques-Émile Blanche (1861-1942 ; ex-libris ; puis par descendance). D’après notre souvenir, la reliure de cet exemplaire est très proche de celle de l’exemplaire des Filles du feu avec envoi de Gérard de Nerval qui provenait également de Jacques-Émile Blanche (Renaud Gillet, Londres, 1998, n° 31 -- Pierre Bergé, I, 11 décembre 2015, n° 80)
“Pour moi, le plus grand livre de littérature qui n’ait jamais été écrit, ce sont les Trois contes de Flaubert” (Michel Tournier).
Cet exemplaire a été soumis à l’examen amical de M. Yvan Leclerc :
Il est tout à fait possible que cette lettre soit adressée à Émile Blanche (1820-1893). Flaubert le connaissait : il le cite dans une lettre à sa nièce Caroline datée du 28 février 1867 (https://flaubert.univ-rouen.fr/correspondance/correspondance/28-f%C3%A9vrier-1867-de-gustave-flaubert-%C3%A0-caroline-commanville/). Il n'y a pas de lettre au ou du docteur Blanche dans la Correspondance aujourd’hui connue de Flaubert. Il est tout à fait vraisemblable, par rapport à l'écriture de Flaubert, que cette lettre date de l’année 1878. Il est à Paris à différentes époques cette année-là. On peut difficilement être plus précis (...) Il pourrait s'agir également d'une personne travaillant à l'Hôtel de Ville de Paris, puisque Flaubert lui demande d'y rester, mais la lettre se trouvant dans le fonds Jacques-Émile Blanche, il est plus logique de penser qu'elle s'est transmise dans la famille.
Nos recherches par le domicile cité dans la lettre n’ont apporté aucune évidence supplémentaire. On sait simplement que le peintre Jacques-Émile Blanche (1861-1942) connaissait Caroline Franklin-Grout, la nièce de Flaubert, dont il réalisa un portrait en 1923.
L'œuvre de Flaubert fait apparaître deux groupes : les livres dont la rédaction fut une souffrance, un combat contre lui-même et son penchant naturel au lyrisme, et ceux dont la rédaction semble avoir été une détente. Dans la première catégorie figurent Madame Bovary, L'Éducation sentimentale, et Bouvard et Pécuchet. Dans la seconde, Salammbô, La Tentation de Saint-Antoine, et les Trois contes. Ceux du premier groupe sont le fruit d'un travail acharné et concentré sur quelques années, ceux du second sont souvent des projets mûris de longue date, pensés dès l'adolescence. Leur récit est placé dans un temps et un espace lointains qui laissent place à l'imaginaire, et à l'évasion. Ainsi, ce recueil des Trois contes, rédigé entre 1875 et 1877, soit vingt ans après Madame Bovary, s'inscrit dans une interruption de son dernier grand projet, Bouvard et Pécuchet. C’est sans doute dans lesTrois contes que se manifeste aux yeux du lecteur une forme incontestable de bonheur d’écrire ressentie par l’écrivain.
Census des Trois contes sur chine :
Sur les douze exemplaires sur chine des Trois contes, Auguste Lambiotte regrettait, dans son article de 1959, de n’en avoir identifié que sept. Nous en dénombrons aujourd’hui neuf sur douze. Si les exemplaires en reliure du temps sont plus nombreux que Maurice Chalvet ne l’affirmait dans une note glissée dans le volume de la collection Tissot-Dupont, ceux à la fois dotés d’une reliure du temps et d’une provenance significative et contemporaine de Flaubert, sont extrêmement rares, et pour l’instant réduits au nombre de deux : Huysmans et Blanche. Jusqu’ici, puisque trois exemplaires sur chine demeurent inconnus, seuls les exemplaires sur hollande ou sur papier ordinaire présentent des envois.
1. Exemplaire numéroté 11. Lambiotte 1. Reliure de Pougetoux, demi maroquin brun, couverture, tête dorée. Anciennes collections Jules Le Petit (1917, n° 1142)
2. Le n° 3. Lambiotte 2. Relié par Marius Michel, des anciennes collections de Mme Heartt (1931, n° 189), Lucien-Graux (1956, n° 114), Jaime Ortiz-Patiño (New York, 21 avril 1998, N) 104, $33.000) et provenant du fonds de la librairie Pierre Berès (Paris, 16 décembre 2005, n° 375, € 29.670)
3. Le n° 8. Lambiotte 3 : vente Descamps-Scrive, reliure de Marius Michel vert foncé, couverture
4. Le n° 12. Lambiotte 4. Vente du 7/12/1929, n° 565. Demi chagrin marron, sans couverture, tranches jaspées. Vente Marc Merle (1945, n° 236)
5. Le n° 1. Lambiotte 5. Pleine reliure de l’époque signée de Pouillet, cuir de Russie fauve
6. Le n° 4. Lambiotte 6. Exemplaire de Huysmans, avec sa signature, plus une suite de gravures ajoutée. Reliure postérieure de David, recomposition très dorée d’un décor rétrospectif. Anciennes collections Paul Voûte, Laurent Meeûs et Bernard Loliée (Paris, 10 octobre 2018, n° 87, €18.956). Aujourd’hui dans le commerce parisien
7. Le n° 6. Lambiotte 7. Relié par Noulhac en 1919 avec une lettre autographe signée de Flaubert, ancienne collection Charles Hayoit (Paris, 30 novembre 2005, n° 54, €38.400)
8. Le n° 11. En maroquin janséniste vert relié à l’époque par Étiemble, un relieur de Rouen, de l’ancienne collection Tissot-Dupont (Paris, 18 octobre 2016, n° 189, €32.583)
9. Le n° 5, redécouvert ici. L’exemplaire de Jacques-Émile Blanche, avec une lettre autographe de Flaubert