
Acheter
Estimation d'un livre ou d'un manuscrit
Lettre autographe à la duchesse de Duras
CES LETTRES APPARTIENNENT À L’ENSEMBLE CHATEAUBRIAND-DURAS.
LE FACE-A-FACE DE NAPOLÉON ET DE CHATEAUBRIAND : L'ACADÉMIE REFUSE MAIS CHATEAUBRIAND SE PORTE DÉJÀ CANDIDAT : "IL FAUT OBÉIR" À "MA PROMESSE"
1 page in-8, avec suscription : “À Madame Amédée” et dans un coin du texte, au recto : “Ceci est à porter chez votre postier”
“Conclusions au nombre de cinq. Les deux dernières sont :
1° ouvrage plein de beautés du premier ordre
2° ouvrage pour lequel la classe demande une distinction particulière à S. M.
Des débats et des cris affreux. Me voilà forcé par le triomphe dans mon dernier retranchement.
On m'a déjà envoyé compliment pour me faire souvenir de ma promesse. Il faut obéir”
Ce billet griffonné à la hâte dans une loge de concierge a été rédigé le jour même ou du moins le lendemain de la séance du 13 février 1810, au cours de laquelle la seconde classe de l'Institut adopta définitivement le texte de l'avis que le Ministre de l'Intérieur lui avait demandé de rendre sur le Génie du christianisme.
Le pronom indéfini "on" désigne le ministre de la Police, Savary duc de Rovigo, qui poussait Chateaubriand à se faire élire à l'Institut. Savary n'appréciait pas les idées de la seconde classe, jugées par lui trop philosophiques. Comme l'écrit Pierre Riberette dans la Correspondance générale : "il ne fut pas nécessaire d'en venir aux menaces pour emporter son consentement" (p. 294). Les grands embarras d'argent de Chateaubriand le contraignaient à écouter les promesses du régime, d'autant qu'elles étaient émises par Savary. Malgré sa compromission dans l'assassinat du duc d'Enghien, il avait su se faire aimer par un Faubourg-Saint-Germain qu'il recevait à tour de bras dans le bel hôtel du ministère de la Police situé quai Voltaire. Sa maîtresse, la belle comtesse du Cayla, y tenait d'ailleurs table ouverte.
Correspondance générale, II, 475