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KESSEL, Joseph

Marchés d'esclaves

Paris, Éditions de France, 1933

EXEMPLAIRE SUR GRAND PAPIER AVEC UN BEL ENVOI DE JOSEPH KESSEL À SON AMI JACQUES ALEXANDRE FAURE.

GRAND ROMAN SUR L’ESCLAVAGE DANS LES ANNÉES 1920

ÉDITION ORIGINALE

In-8 (206 x 130mm)

TIRAGE : 

un des 60 exemplaires sur pur fil Lafuma, deuxième papier, celui-ci numéroté 21

ENVOI : 

ENVOI autographe signé :

À Jacques Alexandre [Faure]
En souvenir d’une amitié
à laquelle je tiens beaucoup
Joseph Kessel
Octobre 1933


RELIURE DE L’ÉPOQUE SIGNÉE DE SAULNIER. Dos de maroquin noir à coins, tête dorée, non rogné, couverture et dos conservés

PROVENANCE : 

par descendance du destinataire de l’envoi, Jacques Alexandre Faure (ex-libris, avec le symbole d’une clé et dans la clé le loup des marquis de Lubersac, du nom de jeune fille de sa femme, Jacqueline de Lubersac


Jacques Alexandre Faure, ingénieur civil des Mines, appartenait à une famille ayant fait fortune dans l’activité minière, à la fois dans le sud de la France, mais surtout en Algérie et en Tunisie, par les mines de Fadj-el-Adoum. Ses liens avec Kessel nous semblent solides alors que rien ne les renseigne immédiatement. Mais la vie de Joseph Kessel (1898-1974) est encore emplie de zones d’ombre.

Il avait rencontré en 1929 l’un des plus grands aventuriers français dans la corne de l’Afrique : Henry de Monfreid (1879-1974). Ses notes journalières sur le commerce d’esclaves dans la mer Rouge qui existait encore durant l’entre-deux-guerres, et ses observations ethnologiques et maritimes fascinèrent l’auteur de L’Armée des ombres. Toutes sortes de contrebande fourmillent dans ce récit, allant des esclaves aux armes, sans parler du haschich et mieux, de la morphine conçue dans les laboratoires allemands.

La série d’articles que Joseph Kessel fait paraître dans Le Matin en mai-juin 1930 sur la survivance de l’esclavage entre la corne de l’Afrique et l’Arabie constitue l’une des plus grandes réussites du reportage de l’entre-deux-guerres. Jeune journaliste et écrivain déjà prometteur, Kessel arrive à convaincre le journal, qui connaît une baisse constante de son tirage depuis la fin de la Grande Guerre, de financer son projet d’enquête. Une semaine avant le début de sa publication, le quotidien en fait déjà la publicité en une (20 mai 1930).

Trois états indépendants orchestrent toujours l’esclavage : en Afrique, l’Éthiopie, en Asie le Yémen et le Hedjaz. L’objectif de Kessel est le suivant : “il fallait se rendre en Abyssinie, étudier là sans nous trahir le recrutement et les modalités de l’esclavage. Suivre la marche des trafiquants à travers le désert, la brousse et la mer ; enfin visiter le Yémen et le Hedjaz pour y voir l’aboutissement de ce commerce hasardeux.”

Pour cela, il s’adjoint les services du lieutenant de vaisseau Lablache-Combier et du médecin militaire Émile Peyré, donnant naissance au reportage en équipe qui deviendra bientôt la norme. Mais surtout, il rencontre Henry de Monfreid dont il dresse un portrait qui permet de mesurer la fascination qu’exerce sur lui ce personnage, prototype même de l’aventurier.

[… ]

Les reporters font la connaissance de Saïd, le trafiquant d’esclaves, qui leur révèle les deux moyens de se procurer sa “marchandise” : par paiement de l’impôt d’un village trop pauvre qui rétribue ensuite les marchands en monnaie humaine. Ou bien en chassant directement les villageois afin de les capturer.

Après un périple semé d’embûches, Kessel retrouve la caravane d’esclaves de Saïd et embarque dans le bateau de Monfreid pour une traversée mouvementée de la Mer Rouge afin de se rendre au Yémen, point d’arrivée de leur périple.

Kessel conclut son reportage en invoquant le devoir d’ingérence des puissances coloniales afin de mettre un terme à ce trafic. La volonté des chefs politiques de ces régions, malgré les résistances culturelles, est également jugée essentielle.

La publication de ce reportage aura permis au Matin d’augmenter son tirage de 150 000 exemplaires. Il est édité en volume en 1933 sous le titre Marchés d’esclaves.

WEBOGRAPHIE : 

L. Arzel, “Kessel sur la trace des marchands d'esclaves”, Le Blog Gallica, en ligne : https://gallica.bnf.fr/blog/17122015/kessel-sur-la-trace-des-marchands-desclaves ?mode=desktop