Mélanges extraits des manuscrits de Mme Necker
BON EXEMPLAIRE RELIÉ PAR HERING DES ŒUVRES DE SUZANNE CURCHOD, MÈRE DE MADAME DE STAËL.
LE GRAND AMOUR D’EDWARD GIBBON ET L’UNE DES FEMMES IMPORTANTES DU XVIIIE SIÈCLE FRANÇAIS
PREMIÈRE ÉDITION
3 volumes in-8 (210 x 122mm)
COLLATION : (vol. 1) : viii, XX, 383 pp. ; (vol. 2) : vi, 403 pp. ; (vol. 3) : VI, 1 f. n. ch. d’errata, 432 pp.
RELIURES PARISIENNES DE L’ÉPOQUE SIGNÉES DE HERING & MULLER. Veau blond, décor doré et estampé à froid, encadrement de filets et d’une grosse roulette à motif floral, fleurons aux angles de goût néoclassique, dos longs ornés et dorés, tranches dorées
La lecture de ces volumes est bien utile à qui veut comprendre Madame de Staël et le Groupe de Coppet. Tous les personnages du célèbre salon de Mme Necker sont ici présents. Les relieurs Hering et Müller sont parisiens et non anglais comme l’a établi Judit Goldstein Marks.
“Fille unique de Louis-Antoine Curchod, pasteur suisse de confession calviniste, et de Magdelaine d’Albert de Nasse, Française dont la famille a émigré de Montélimar à Lausanne pour échapper aux persécutions menées contre les protestants, Suzanne Curchod naît dans la commune vaudoise de Crassier. Elle y est baptisée le 2 juin 1737. De son père, elle reçoit une éducation rigoureuse incluant sciences, musique et belles-lettres. Son savoir et sa beauté sont reconnus jusqu’à la ville d’adoption de sa mère, où elle fréquente et préside de jeunes cercles littéraires. Elle y fait la connaissance de son premier soupirant, Edward Gibbon (1757). Bientôt confrontée à la perte de ses parents, Suzanne voit sa vie changer radicalement en l’espace de quelques années. Démunie, elle hésite entre se marier et trouver une place comme dame de compagnie. Le hasard des rencontres décide pour elle : en juin 1764, elle accompagne à Paris Anne Germaine de Vermenoux, une jeune veuve française connue à Genève. Auprès de sa protectrice, elle fait l’apprentissage exigeant (et onéreux) des mœurs parisiennes. C’est par ailleurs dans sa maison qu’elle est présentée à Jacques Necker, alors occupé à courtiser sa bienfaitrice. Le financier genevois épouse finalement la jeune Vaudoise en 1764.
À la demande de son mari, elle renonce à ses velléités littéraires et inaugure rapidement son célèbre salon où seront reçus, entre autres personnalités, Buffon, Diderot, Morellet, d’Alembert, Thomas, Grimm et Marmontel. Le 22 avril 1766 naît Anne-Louise-Germaine Necker, future baronne de Staël. Les relations tendues entre mère et fille deviendront, chez l’une et l’autre, sujet d’écriture. Suzanne assume elle-même l’éducation de sa fille et partage son temps entre ses activités sociales, caritatives et intellectuelles. Elle fonde notamment l’Hospice de charité (futur hôpital Necker) en 1778. Après la démission de Necker du poste de ministre des finances (3 septembre 1790), le couple se réfugie définitivement en Suisse, au château de Coppet acquis en 1784. De constitution fragile, Suzanne Necker voit sa santé se détériorer. Atteinte d’hydropisie, elle s’éteint au château de Beaulieu (Lausanne) le 15 mai 1794, non sans avoir préalablement rédigé d’étonnantes instructions sur la construction de son tombeau et sur les soins à apporter à sa dépouille. Parallèlement à ses activités d’hôtesse et à ses œuvres de bienfaisance, Suzanne Necker s’est consacrée en privé à une pratique assidue de la lecture et de l’écriture. Elle a entretenu d’importantes correspondances et accumulé un nombre considérable de journaux intimes, dont elle a détruit la plus grande part. Elle avait pris très tôt l’habitude de noter ses pensées et, par la suite, d’opérer un tri afin d’en retranscrire l’essentiel dans de grands cahiers, heureusement conservés.
Elle a également laissé une traduction (Thomas Gray), quelques essais, portraits et textes d’utilité publique (Hospice de charité, 1780 ; Des Inhumations précipitées, 1790). Ces deux courts ouvrages sont les seuls qu’elle se soit autorisée à faire paraître sous son nom de son vivant. La publication posthume des Réflexions sur le divorce (1794) et des écrits intimes (fragments de pensées, d’essais et de lettres) rassemblés dans les Mélanges (1798) et les Nouveaux mélanges (1801) relève entièrement de l’initiative de Jacques Necker, responsable de l’édition dans les trois cas” (Dictionnaire des femmes de l’ancienne France).
J. G. Marks, “Bookbinding practices of the Hering family”, 1794-1844, http://vll-minos.bl.uk/eblj/1980articles/pdf/article4.pdf ; http://siefar.org/dictionnaire/fr/Suzanne_Curchod
