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CHATEAUBRIAND, François-René de

Minute autographe d'une lettre autographe adressée à la duchesse d'Angoulême

Paris, 1833, juin, le 5 ou très peu après

RARE ET ÉTONNANT BROUILLON AUTOGRAPHE D’UNE CÉLÈBRE LETTRE À LA DUCHESSE D’ANGOULÊME, À PLEINE PAGE SUR UN PAPIER DE TRÈS GRAND FORMAT.

“QUAND J’AURAI VU HENRI V À CHEVAL À LA TÊTE DES GRANDS DANS LA COUR DES TUILERIES, ALORS JE M’EN IRAI CONTENT À DIEU”

1 p. in-folio (340 x 230mm), encre noire avec une dernière ligne au verso

“Madame,

j’ai attendu une occasion sûre pour avoir l’honneur de vous écrire et vous remercier de votre bon accueil pendant mon trop court séjour à Prague. Dites, je vous en prie Madame, aux illustres enfants combien j'ai été touché du souvenir qu'ils m'ont fait donner sur la terre de France. Le petit cachet ne me quitte plus. Je le porte comme un talisman. Mais ce talisman, je ne l’invoque pas pour moi mais pour eux. Quand Mademoiselle sera une grande reine sur quelque trône de l'Europe, quand j'aurai vu Henri V à cheval à la tête des Grands dans la cour des Tuileries, alors je m'en irai content à Dieu”

PROVENANCE : vente (Dijon, 30 novembre 2015, lot 4, € 3.900) -- Hubert Guerrand-Hermès (Paris, 15 décembre 2023, n° 445, €3.556)

Marie-Thérèse de France, veuve du duc d'Angoulême (fils de Charles X), un temps belle-sœur de la duchesse de Berry, veillait alors à l'éducation des enfants de cette dernière, le duc de Bordeaux et la Princesse Louise. Sur le chemin du retour de Prague, une fois revenu en terre française, à Metz, Chateaubriand se vit remettre par Baptiste, valet de la duchesse de Berry, un bijou que lui offraient les enfants royaux. C'était un cachet portant des motifs gravés sur trois faces : une ancre, la devise “Oui, toujours” et la date de leur entrevue.