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PROUST, Marcel

Pastiches et Mélanges

Paris, NRF, 1919

ENVOI À JACQUES TRUELLE

ÉDITION ORIGINALE

In-12 (187 x 124mm)
ENVOI :
À Jacques Truelle,
ces transpositions de nos conversations
sur les grands écrivains et sur les gens du monde.
En tendre amitié,
Marcel Proust

RELIURE DE L'ÉPOQUE. Dos en veau orné, plats de papier marbré, tranche supérieure dorée, couverture et dos conservés
PROVENANCE : Jacques Truelle (envoi)

Charnières restaurées

Jacques Truelle est un jeune homme de bonne famille, engagé volontaire qui a perdu une jambe à la guerre. Il rencontre Marcel Proust en mars 1917 alors qu'il prépare une carrière de diplomate à l’École libre des sciences politiques (où Proust étudia également). Instruit de son "amitié pour Swann", Proust l'invita à dîner chez Ciro’s. Une amitié amoureuse commença. La quinzaine de lettres qui subistent témoignent d’une intimité immédiate entre l’écrivain usé de 46 ans et le jeune infirme de 26 ans. Cette amitié comprend également le couple de Paul Morand et de la Princesse Soutzo avec lequel Proust entretient une relation triangulaire. Si Proust est manifestement le mentor en littérature de Jacques Truelle (celui-ci lui soumit au moins une nouvelle), Paul Morand, jeune diplomate de 29 ans, est probablement celui qui guida ses pas vers la carrière. Truelle, devenu attaché à l’ambassade de Rome en mai 1918, compte suivre la trace des écrivains-diplomates du Quai d’Orsay.

Truelle est également parfaitement à l’aise dans le "Monde". La correspondance de Proust et le Journal de Morand le montrent fréquentant assidûment les intimes de l’écrivain – notamment les Bibesco, ainsi qu'une pléiade de jeunes femmes à la mode. Cependant, au-delà des mondanités, Proust et Truelle furent d’évidence liés par une estime et une affection sincères. "C’est, écrit Proust, un cœur admirable (comme son esprit). Bien qu’amputé à la guerre, il n’a cessé, n’ayant plus aucun intérêt à la paix, de soutenir les thèses les plus violemment pacifistes devant des gens que cela devait le plus scandaliser" (lettre à Lionel Hauser, 23 octobre 1918). À Truelle lui-même, il écrit : "nous avons tellement le même point de vue sur la vie, c’est presque quelque-chose d’admirable" (lettre de la fin juin 1919).

BIBLIOGRAPHIE : 

Catherine Nicault, La Trajectoire tourmentée du diplomate Jacques Truelle, Paris, 2008, pp. 349 et suiv. -- Jean-Yves Tadié, Marcel Proust, Paris, Gallimard, 1996, p. 661 -- Dictionnaire Marcel Proust, Paris, 2004, p. 142