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TAINE, Hippolyte

De l'intelligence

Paris, Librairie Hachette, 1870

L’UN DES MAGNUM OPUS DE HIPPOLYTE TAINE.

SUPERBE EXEMPLAIRE, CELUI DU MARQUIS MELCHIOR DE VOGÜÉ, GRAND AMI DE TAINE

ÉDITION ORIGINALE
2 volumes in-8 (220 x 140mm)
RELIURES DE L’ÉPOQUE. Dos et coins de maroquin vert, dos ornés et dorés avec chiffre “MV” dans les entre-nerfs, grand chiffre “MV” doré et couronné aux contreplats, têtes dorées, témoins

Quelques infimes rousseurs

Le marquis Melchior de Vogüé (1829-1916) est un diplomate, homme de lettres, membre de l’Académie française et archéologue qui fut longtemps proche d’Hippolyte Taine. Remarqué jeune par Alexis de Tocqueville, il entra dans la diplomatie avant le Second Empire et y suivit une belle carrière - ambassadeur entre autres auprès de la Sublime Porte - et s’écartant quelques fois lorsque le régime ne suivait pas ses opinions personnelles. Il est l’auteur d’un nombre considérable de livres sur le Moyen-Orient et sur la Palestine.

En 1888, Taine écrivait à Vogüé : “ce final du siècle en France est lamentable”. Et dans ses Souvenirs, Melchior de Vogüé rapporte qu’en mourant Hippolyte Taine aurait prononcé quelques mots en grecs anciens.

Par cet ouvrage publié en 1870 et qu’il termina en décembre 1869, Taine renouvela complètement le mot d’intelligence qui fit, en quelque sorte, son apparition dans la langue commune évinçant les vieilles catégories de la philosophie. Dès sa préface de 1869, il écrit : “si je ne me trompe, on entend aujourd’hui par intelligence, ce qu’on entendait autrefois par entendement et intellect, à savoir la faculté de connaître ; du moins, j’ai pris le mot dans ce sens”

“En réalité, pour Taine, « l'esprit agissant est un polypier d'images mutuellement dépendantes », dont l'unité, comme celle du corps, « n’est qu’une harmonie et un effet ». L'image n’est que « la sensation elle-même, mais consécutive ou renaissante ». « Le fantôme interne » tend à s'affirmer de manière hallucinatoire. « Deux procédés sont employés par la nature pour produire les opérations que nous appelons connaissances : l’un qui consiste à créer en nous des illusions ; l'autre qui consiste à les rectifier… Ainsi, l'hallucination, qui semble une monstruosité, est la trame même de notre vie mentale ». Le plus souvent, « elle est réprimée et demeure rudimentaire » : c'est le cas de nos opérations intellectuelles. La nature crée en nous « des illusions et des rectifications d'illusion, des hallucinations et des répressions d'hallucinations ». Cette théorie est mécaniste : Taine parle de l'intelligence comme d’un « édifice », une « machine », un « métier ». Il professe le parallélisme psycho-physique : « la nature a deux faces » ; la grandeur des hémisphères et le développement de leur couche corticale accroissent l'étendue de l'intelligence.” (J.-L. Dumas, “Taine et Renan”)