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Émile, ou de l’éducation
RARE ET SUPERBE EXEMPLAIRE RELIÉ EN MAROQUIN ROUGE À L’ÉPOQUE.
EXEMPLAIRE BERNARD MALLE
L’UN DES LIVRES LES PLUS IMPORTANTS DU XVIIIE SIÈCLE
ÉDITION ORIGINALE. Conforme en tous points à la collation donnée par J.-A. E. Mc Eachern
4 volumes in-8 (195 x 125mm). Titre imprimé en rouge en noir, vignette imprimée sur la page de titre
COLLATION : 1 f.n.ch. de titre, VIII pp., 1 f.n.ch. (explication des figures et fautes d'impression tomes I-II), 466 pp., 3 ff.n.ch. (dont 2 ff. de privilège, et 1 f. d'errata pour les fautes à corriger tomes III-IV), 2 planches gravées d'après Eisen pour le volume I ; 2 ff.n.ch. (faux-titre et titre), 407 pp., 1 planche gravée d'après Eisen pour le volume II ; 2 ff.n.ch. (faux-titre et titre), 384 pp. [pp. 358-361 omises], 1 planche gravée d'après Eisen pour le volume III ; 2 ff.n.ch. (faux-titre et titre), 455 pp., 1 planche gravée d'après Eisen pour le volume IV.
ILLUSTRATION : cinq eaux-fortes d’Eisen gravées par Longueil, Le Grand et Pasquier
RELIURES DE L'ÉPOQUE. Maroquin rouge, triple filet doré en encadrement sur les plats, dos à nerfs ornés d’un riche décor doré, tranches dorées
PROVENANCE : Bernard Malle (cachet)
L’édition originale d’Émile ne fit l'objet que d'un petit tirage, dont Rousseau se plaignit à l'éditeur dans une lettre du 19 octobre 1761 : “Vous avez tort d'en tirer si peu de ce format, qui sûrement est le plus convenable à l'ouvrage et sera, selon moi, le plus recherché”. Elle parut juste avant l’édition in-12, qui porte l’adresse d’Amsterdam (Mc Eachern, 1B).
Les envois sur les exemplaires d’Émile n’existent pas car Rousseau dut s’exiler au moment de la parution de l’ouvrage. Celui-ci avait été condamné par le Parlement de Paris en juin 1762, un mois après sa publication. Rousseau se réfugia à Môtiers, en Suisse, jusqu'en 1766. C’est probablement depuis cette retraite qu’il adressa une liste manuscrite à son éditeur portant le nom de la trentaine de personnes auxquelles il désirait envoyer un ou plusieurs exemplaires de son livre (Paris, 9 décembre 2014, n° 78). En 1766, Rousseau poursuivit son exil en Angleterre, chez un ami de David Hume, Richard Davenport, homme d'esprit, tolérant et très fortuné. Rousseau séjourna chez son hôte, à Wootton Hall, jusqu’en mai 1767 et lui offrit son propre exemplaire d’Émile sur lequel Davenport inscrivit son propre ex-libris manuscrit (Cabinet de Pierre Berès, 20 juin 2006, n° 68).
Hormis celui avec l’ex-libris de Davenport, il n’existe pas d’exemplaire d’Émile avec provenance. Les plus beaux exemplaires connus sont donc ceux de l’édition originale, reliés à l’époque, en maroquin. Le fichier de Pierre Berès n’en mentionne aucun. Deux firent cependant partie de prestigieuses collections : celui de Jacques Guérin, aux armes de la marquise de Pompadour (Paris, 7 juin 1990, n° 51) et celui d’Otto Schäfer (Londres, 7-8 décembre 1995, n° 544). L’exemplaire des collections Cortlandt Bishop puis Ortiz-Patino et Jean A. Bonna, est le troisième exemplaire connu, relié en maroquin, à l’époque. Avec cet exemplaire de l’ancienne collection de Bernard Malle, on peut donc aujourd’hui compter quatre exemplaires en maroquin de ce grand texte du XVIIIe siècle.
J.-A. E. McEachern, Bibliography of the Writings of Jean-Jacques Rousseau, 2, Oxford, 1989, pp. 73-81, n° 1A (qui signale au passage qu’il n’y a jamais de faux-titre au premier volume, comme c’est bien le cas ici) -- Cohen-de Ricci, Guide de l’amateur de livres à gravures du XVIIIe siècle, 903 -- Dictionnaire de Jean-Jacques Rousseau, Paris, 2006, p. 283 : “la première édition du livre fut publiée par Duchesne en mai 1762 dans un format in-8 et dans un format in-12. Le premier fut d’abord diffusé et il est considéré comme l’édition originale”