L’Antitradition futuriste
LE PROPRE EXEMPLAIRE D’APOLLINAIRE PORTANT SON CACHET. ÉTAT DE NEUF
ÉDITION ORIGINALE
Deux feuillets in-4 (292 x 232mm) soit 4 pages imprimées
Les débuts du futurisme en France datent de la publication, par Filippo Tommaso Marinetti, du Manifeste du Futurisme à la une du Figaro, le 20 février 1909. Un apport essentiel au renouvellement des formes venait de naître dans tous les domaines de l’art, que l’on songe seulement, pour la poésie, au Manifeste technique (1912) dans lequel Marinetti théorise le passage du vers libre aux mots en liberté, la suppression de la ponctuation et le recours aux onomatopées. La position d’Apollinaire vis-à-vis des futuristes n’est pas sans ambiguïté. S’il adhère au fourmillement d’idées que leur mouvement, par le bais de leurs nombreuses publications en revues suscitent, s’il accueille avec enthousiasme le monde moderne, la vitesse et les machines, il ne peut cautionner certaines de leurs positions excessives, notamment celle d’abolir la tradition.
Le manifeste de L’Antitradition futuriste avait été conçu lors d’un dîner des principaux poètes futuristes à l’occasion de l’exposition du peintre et sculpteur Boccioni, à la Galerie de La Boétie (20 juin-16 juillet 1913). Il fut demandé à Apollinaire, présent au repas, de rédiger ce nouveau manifeste destiné à faire connaître les idées du groupe milanais à une plus large audience. Plusieurs lettres furent échangées alors entre Apollinaire et Marinetti. L’Antitradition futuriste parut sous forme de tract à Milan en juillet 1913, et en langue française. Le texte parut ensuite dans Gil Blas, avec un texte de présentation d’André Salmon, “La fin du futurisme”, tordant le cou au mouvement italien : “le futurisme a vécu ! C’est M. Guillaume Apollinaire [...] qui lui a porté le coup fatal en signant le manifeste qu’on va lire. Il fallait trouver ceci : être plus futuriste que Marinetti ! M. Guillaume Apollinaire y a réussi, pour notre joie”. Déjà, se posait la question de savoir quelle était la réelle position d’Apollinaire vis-à-vis d’un mouvement qui le fascinait par sa recherche d’un nouveau lyrisme, mais qu’il rejetait pour son outrance et sa surenchère. Le recueil Alcools qui venait tout juste de paraître mêlait justement la tradition et la modernité.v
Dictionnaire Apollinaire, pp. 53 et 397
