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DESCARTES, René

Les Principes de la Philosophie. Ecrits en Latin... et traduits en François par un de ses Amis

Paris, Chez Théodore Girard, 1668

EXEMPLAIRE DE FÉLICITÉ DE LAMENNAIS, AVEC SON EX-LIBRIS MANUSCRIT

In-4
Grande vignette gravée sur la page de titre, bandeaux et initiales gravés. Diagrammes gravés. Au verso de la page de titre, avertissement publicitaire attestant le succès commercial de Descartes : Livres de Monsieur Descartes qui se vendent à Paris, chez Nicolas le Gras & Théodore Girard
COLLATION : a-d ã ê î A-Z 2A-Z 3A-O4
ILLUSTRATION : 20 planches gravées à pleine page et comprises dans la collation
RELIURE SIGNEE DE JOLY. Maroquin janséniste brun, tranches dorées
PROVENANCE : ex-libris manuscrit de Félicité de La Mennais sur la garde conservée d'une reliure antérieure à celle de Joly -- comte Szaniecki (ex-libris ; vente, Paris, 11 avril 1975)

Restauration angulaire au feuillet Q4. Charnière du plat inférieur faible

Félicité de Lamennais (1782-1854) est aujourd'hui une figure presqu'oubliée du XIXe siècle français. On connaît son rôle aux côtés de Lacordaire et Montalembert dans l'émergence d'un catholicisme social. On oublie que ce prêtre, plusieur fois condamné par Rome, fut élu député en 1848, qu'il avait collaboré au Conservateur de son compatriote de Saint-Malo, Chateaubriand, de 1818 à 1820. Lamennais siégea à l'extrême gauche, mourut dans la misère en 1854 en refusant les sacrements. Il fallut Rerum novarum et 1893 pour que quarante ans plus tard Léon XIII et l'Eglise reconnaissent enfin que l'oeuvre de Lamennais fondait le nouveau rapport de la démocratie au christianisme. On néglige souvent de le resituer dans l'histoire littéraire du romantisme qui fut émerveillé par sa puissante langue.

Le rapport de Lamennais à Descartes et au cartésianisme est marqué d'une ambiguïté profonde. D'une part, comme l'auteur du Discours de la méthode, il fonde son Essai sur l'indifférence en matière de religion sur une tabula rasa des croyances et opinions : Lamennais reprend tout à zéro, écarte le jansénisme des Lumières, congédie le gallicanisme etc. D'un autre côté, dans le second tome de l'Essai, Lamennais voit en Descartes la source de l'individualisme libéral qu'il honnit et considère comme, par nature, anti-démocratique et anti-chrétien. Nul doute cependant que Lamennais a lu Descartes avec attention, comme l'atteste l'ex-libris manuscrit de ce précieux exemplaire.

BIBLIOGRAPHIE : 

A.-J. Guibert, Descartes. Bibliographie des oeuvres publiées au XVIIe siècle, Paris, CNRS, 1976, n° 13