Pensées, essais et maximes ... suivies de lettres à ses amis et précédés d'une notice sur sa vie
RARE EXEMPLAIRE DE SAINTE-BEUVE DES PENSÉES DE JOSEPH JOUBERT, L’UN DES DEUX “ANGES GARDIENS” DE CHATEAUBRIAND SELON LA FORMULE DU CÉLÈBRE CRITIQUE.
SAINTE-BEUVE EST L’UN DES RARES PROCHES DE CHATEAUBRIAND À AVOIR VU LE GRAND MANUSCRIT DES MÉMOIRES D’OUTRE-TOMBE AVANT SA DESTRUCTION PAR L’AUTEUR.
FAMEUX EXEMPLAIRE DE GUSTAVE MOURAVIT ET MAURICE CHALVET.
ÉDITION EN PARTIE ORIGINALE publiée par Paul Raynal, et première édition mise dans le commerce après celle, très succincte, donnée par Chateaubriand en 1838. Elle contient 216 nouvelles pensées et 85 lettres inédites
2 tomes relié en un volume in-8 (205 x 135mm)
ANNOTATIONS AUTOGRAPHES DE SAINTE-BEUVE : nombreuses marques au crayon noir dans la préface. Comme il l’écrit dans sa Causerie, Sainte-Beuve a peu goûté les premières pensées, trop religieuses à son goût. À partir du titre XIII débutent ses commentaires, voir t. I, p. 249, 251. Mais le t. II, plus littéraire, présente davantage de marques de lecture, mentions et notes au crayon : p. 42 à 100, puis p. 150 ssq. sur Pascal, Bossuet, Fénelon et Lamennais, etc. La lettre de Joubert à Pauline de Beaumont sur Atala (6 mars 1801, p. 273) est annotée au crayon, comme celle du 2 septembre 1801 aussi consacrée à Chateaubriand (p. 284-286)
PIÈCE JOINTE : aux pp. 186-187 se trouve joint le brouillon au crayon d’une lettre autographe signée par Sainte-Beuve de son monogramme, à propos de sa lecture d’une thèse sur Platon, Plotin et Aristote, 2 pp. in-8. À ceci s’ajoute un brouillon encore antérieur de cette même lettre, au crayon, amplement raturé, écrit au crayon et signé de son monogramme par Sainte-Beuve, 2 pp. in-4, également sur Platon, Plotin et Aristote. Quelques pages auparavant Joubert traitait de ces philosophes
RELIURES VERS 1880. Dos à nerfs et coins de maroquin rouge, tête dorée
PROVENANCE : Charles Augustin Sainte-Beuve (1804-1869 ; Catalogue des livres rares et curieux de la bibliothèque de M. Sainte-Beuve, Paris, Potier, 1870, n° 77 : “quelques notes au crayon de M. Sainte-Beuve”) -- Gustave Mouravit (1840-1920 ; cachet humide sur les pages de titre et longue note manuscrite signée de sa belle écriture, comme à son habitude sur la page de garde) -- Maurice Chalvet (ex-libris et quelques notes)
NOTE de Gustave Mouravit : “cet exemplaire très précieux a appartenu à Sainte-Beuve. De sa main sont les soulignures, traits annotatifs, notes au crayon, dont plusieurs remarquables. Les deux signets restés dans le volume, dont l’un porte un fragment de sa signature autographe au crayon, ont été mis par Sainte-Beuve, au cours de ses lectures ; je les ai laissés où je les ai trouvés. Au t. 2, p. 186-187, il y a un cheveu de cette rude et roussâtre chevelure qui embellissait peu le fameux critique ; c’est une mince relique... mais enfin je l’ai laissé au lieu où il lui a plu choir...” Et, miracolo !, ce cheveu rouge est bien là
Joseph Joubert, né en 1754, suivit les cours d'un collège religieux de Toulouse, où il enseigna lui-même par la suite, jusqu'en 1776. En 1778, il se rend à Paris, rencontre d'Alembert et Diderot. Il demeure surtout célèbre pour sa longue amitié avec Chateaubriand, vivant entre Paris auprès de ses amis et sa retraite campagnarde de Villeneuve-sur-Yonne. De son vivant, Joubert ne publia jamais rien, mais il écrivit de nombreuses lettres, ainsi que des notes et des journaux où il reportait ses réflexions sur la nature de l'homme, la littérature, et sur d'autres sujets, dans un style poignant, volontiers aphoristique. À sa mort, sa veuve confia ces notes à Chateaubriand, et en 1838 celui-ci en fit publier un choix modeste sous le titre Recueil des pensées de M. Joubert. Des éditions plus complètes allaient suivre, dont celle-ci, la première, ainsi que celles de la correspondance. Les œuvres de Joubert ont été traduites en de nombreuses langues, et en anglais par Paul Auster.
Sainte-Beuve a traité des Pensées de Joubert dès le premier tome de ses Causeries du lundi par un magnifique et long article. Il y rapproche Joubert de son maître Diderot, évoque l’influence sur Joubert de Pauline de Beaumont et de Mme de Vintimille, née Lalive de Jully, comme celle de Joubert et de Fontanes, les deux “anges gardiens”, sur le jeune Chateaubriand. Sainte-Beuve rend aussi un hommage appuyé à Paul Raynal, l’éditeur de cette publication de 1842, pour avoir su enchâsser ces “pierres précieuses” que sont les Pensées (Causeries, 3 éd., t. I, 1857, pp. 159-178).
Outre le présent exemplaire, Sainte-Beuve possédait trois autres éditions des Pensées, dont celle due à Chateaubriand et publiée en 1838. Cet exemplaire portait “un envoi autographe de Chateaubriand et des notes manuscrites de M. Sainte-Beuve”. On aimerait qu’un lecteur attentionné de cette fiche nous donne une preuve d’existence de cette petite merveille.
Clouzot, Guide du bibliophile français, 161





